09.09.2008

LE COUT DE L'ECLATEMENT DU PAYS ?...

Message de Claude THAYSE - Son blogue-notes ++Mardi 9 septembre 2008 ++ Le coût de l’éclatement du pays… Mais pas celui de son maintien ! Je n'ai pas encore lu le nouveau livre de Rudy Aernoudt, n'en ayant lu que ce qu'en dit la presse. ++ Sur base des articles, j'ai quand même plusieurs réflexions à faire. ++ 1. Quelle crédibilité peut vraiment avoir cet homme dont même les Flamands ne veulent plus ? (Mais je suis d'accord pour dire qu'il s'agit là d'une opinion subjective) ++ 2. Son analyse reste dans les limites étriquées de l'ancien Etat belge. Il n'envisage que les pistes d'indépendance pure et dure. Or, les rattachistes savent qu'il y en a d'autres beaucoup plus intéressantes. Depuis la fusion pure et simple dans l'Etat français jusqu'aux différentes formes d'associations comme celle d'une collectivité territoriale avec un statut ad hoc ou encore toute l'ingéniérie institutionnelle que permet l'article 86 de la Constitution de la République… XX 3. Son second scénario, aux antipodes du premier, de maintien et de reconstruction d’un Etat fédéral performant, au moins aussi compétitif, économiquement, que ses voisins immédiats pêche par sa faiblesse quand il dit que 100.000 des 200.000 chômeurs wallons devraient, en tout cas, à terme, accepter d’occuper les 150.000 emplois vacants en Flandre. On sait bien que les emplois vacants en Flandre demandent les mêmes qualifications que les emplois à pourvoir pour lesquels on ne trouve pas de chômeurs compétents en Wallonie. Je me demande comment le simple fait de traverser la frontière les rendrait subitement qualifiés ? ++ 4. Aernoudt part de l’hypothèse que la scission du pays mettra automatiquement fin aux transferts Nord-Sud. Peut-être certains transferts visibles, en matière de sécurité sociale, par exemple. Mais il néglige totalement les transferts occultes (la clé de répartition régionale 70/40 par exemple qui enrichit la Flandre au détriment de la Wallonie, sans oublier les détournements du passé dont j'ai parlé dans un billet précédent). Soyons sérieux, par ailleurs, les flux économiques ne s'arrêtent pas non plus à la frontière linguistique. ++ 5. J'insiste peut-être, mais j'aimerais lire un jour une analyse sérieuse et non orientée du coût (du bilan) de la Belgique (et de son maintien !) pour la Wallonie… Je suis de ceux qui estiment (et ne suis pas le seul) que la régionalisation a permis de sauver pas mal de chose, même si elle était imparfaite et qu'elle est maintenant dépassée.++ 6. Utiliser des chiffres qui ne sont que des agrégats et des extrapolations ne sert faire peur aux citoyens (je ne suis pas certain qu'on en parle en Flandre) et n'apporte rien au débat. C'est en fin de compte la politique et la pression de l'opinion publique qui décidera des choix. Si on ne tenait compte que d'arguments financiers, jamais la Tchécoslovaquie n'aurait éclaté et jamais l'Allemagne ne se serait réunifiée. Heureusement, face aux frileux, c'est encore la politique qui décide...parfois ! ++ 7. A l’analyse des données socio-économique de la Belgique, le séparatisme flamand est certainement moins dangereux pour la Wallonie qu’un Etat confédéral dans lequel la Flandre maintient sa domination et continue à profiter de l’essentiel des ressources de la Belgique. La question nationale prime tout. Il n'est aucune prospérité économique possible, aucun niveau de vie acceptable dans l'asservissement culturel et politique. Puissent les Wallons qui se sentent (à tort, bien évidemment) anticipativement protégés par la future frontière d'état français (les 49 % au dernier sondage en sont le reflet) et qui acceptent de subir la domination flamande, pourvu qu'ils aient leur niveau de vie plus ou moins garanti et que cette domination soit "douce" (c'est-à-dire sans violences physiques), en prendre conscience. ++ Voilà, c'est une réaction une réaction rapide, mais j'y reviendrai. ++ Claude Thayse, mâitre de conférences.

13.05.2008

L'ENJEU DE LA DOMINATION LINGUISTIQUE...

Question de domination ? Question de protection ? ===Du côté anglo-saxon, c'est l'application d'un slogan "un monde, un marché, une monnaie, une langue". Churchill ne peignait-il pas la toile du futur en proclamant : "Les empires de demain seront les empires du "mind" (de l'esprit, de la langue) ? ++Le domaine linguistique est aussi un marché. La langue est la clé d'ouverture du cadenas de la chaîne économique qui conditionne la vie sociale et culturelle. C'est pourquoi pour la communauté anglo-saxonne l'enjeu est colossal : réussir l'anglo-américanisation de l'Europe et de l'Afrique est s'assurer l'ouverture sur le monde.Ce n'est pas sans intérêt que la Grande-Bretagne, membre de l'Europe, refuse actuellement une adhésion à la Convention européenne et l'adoption de l'euro. Elle attend perfidement son heure, minute par minute. Le temps est pour elle. Les déclarations à la tribune de l'Europe se font quasi uniquement en anglais. Les nouveaux membres, tous, s'expriment en anglais. Même les diplomates français ! Dans moins d'une décennie, la communauté anglo-saxonne aura conquis linguistiquement, culturellement, socialement et économiquement l'Europe, du Portugal à la Russie, et l'Afrique dans la foulée, nonobstant l'avancée de l'islam en Europe. ++Dans cette perspective géopolitique, le français en Belgique est mourant. Miné par une campagne publicitaire insidieuse sur les avantages du bilinguisme néerlandais-français et des classes d'immersion linguistique en flamand dès la premier âge scolaire. Pendant la période de néerlandisation de Bruxelles et de la Wallonie, la Flandre éradique le français dans les dernières poches francophones encore existantes sur son sol provisoirement délimité par la frontière linguistique de 1963. La domination linguistique est la soumission ou la vassalité culturelle.Aux francophones d'être lucides, d'affirmer une forte solidarité entre toutes les tendances politiques et philosophiques dans la promotion de la langue et de la culture françaises. Assurer son identité française : l'affirmation fondamentale de la francophonie belge. ++Aux francophones de se comporter et de s'affirmer d'abord et avant tout Francophones. Il convient de se rappeler la sagesse populaire : Plus on est proche du feu, plus il faut se garder des brûlures. Et le feu est la latente immersion linguistique en flamand incitant la Wallonie à se replier sur elle-même pour mieux la braiser. ++Des voix cependant s'élèvent pour sauver le français du brasier anglo-saxon. Ces voix ne viennent pas seulement de France. Elles viennent de communautés conscientes de la grandeur, de la pureté, de la clarté du français. Entendre et écouter Jürgen Schröder, député européen allemand : "Le français est l'unique idiome susceptible d'être accepté comme la seconde langue européenne à côté de la langue nationale". L'appel à une diversification culturelle européenne salvatrice. L'expression des langues européennes à la tribune de l'Europe reposant sur la langue française. C'est toute la capacité d'influence politique et économique des pays francophones dans l'Union européenne qui est en jeu. C'est l'engagement lancé par Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, président de la Francophonie internationale : "Pour défendre le français, il faut encourager le plurilinguisme et inviter les fonctionnaires, les diplomates, les experts d'user d'abord de leur langue nationale ou, à défaut, le français".Faisons-nous ce que disent les Sages ?