07.12.2007

GUY VERHOFSTADT Ier A... VERHOFSTADT III ?...

Il s’est, du reste, posé en Premier ministrable dans sa déclaration d’intronisation de « conseiller particulier » du Roi Albert II. Tenue vestimentaire impeccable, ton grave, style pur : « l’heure est grave », « la crise s’éternise au-delà du raisonnable », « le pays est confronté à des défis socio-économiques importants qui ne peuvent attendre », « notre pays a besoin d’une réforme des institutions », « c’est ensemble et dans le dialogue que nous pourrons trouver des solutions »…Pas d’arrogance, pas d’exclusives, pas de mots revanchards, mais des mots du cœur, des mots de confiance, des mots de foi, des mots d’espérance… Ensemble. Les ingrédients du parfait homme d’Etat, du parfait gentleman. Le séducteur, l’enchanteur.Guy Verhofstadt se fixe deux objectifs :Premier objectif : Une réforme des institutions. « Notre pays a besoin d’une importante réforme des institutions… dans les meilleurs délais »Deuxième objectif : Règlement des dossiers urgents. « Il importe de régler certains dossiers urgents qui dépassent le cadre des affaires courantes. Je veux vérifier comment et dans quel contrat nous pourrons nous y atteler ».Cette double mission, si bien emballée, ne contient-elle pas dans un emballage doré le plan flamand de réforme de l’Etat de A à Z approuvé, en 1999, par tous les partis flamands ? Dans l’affirmative, les Franciens, sous l’empire de Guy l’Enchanteur, présenteront à la Flandre, en toute soumission, un coq déplumé et vidé de ses entrailles, prêt pour une immersion en apnée dans le bouillon flamand. Les Bruxellois, tête basse, remettront les clefs de la Ville à Gracieuse Flandre.Cette double mission ne contient-elle pas, dans son emballage doré, les éléments de gouvernance par « pouvoirs spéciaux » ? Dans l’affirmative, les Franciens se réveilleront, un beau matin de nuit étoilée, sous régime flamand majoritaire. Ils chanteront en chœur, en flamand, guidé par la baguette du Maître : C’est ensemble et dans le dialogue que nous trouvons des solutions. Merci Maman,… ». Ensemble.Car, que couvrent les paroles de Patrick Dewael, Open VLD, vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur ? « Le Parlement peut parfaitement se prononcer au cas par cas sur certains dossiers majeurs. Il ne doit pas avoir peur de son ombre ; il peut parfaitement décider de transformer une proposition de loi en projet de loi (Ndlr : p.ex. la scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde, sans élargissement de Bruxelles) ». La page est tournée… La Belgique est België. Paraphrasant André Cools, ancien Président du PS : la dernière chance pour un accord équilibré entre les deux communautés est passée… La communauté française est morte.Raymond WATRICE