06.11.2007

LE VRAI PROBLEME DE LA PERIPHERIE...

Marcel Bolle De Bal, professeur émérite de l’ULB, conseiller communal de Linkebeek de 1965 à 1973 et de 1989 à 2000, a écrit naguère un ouvrage au titre ô combien prémonitoire et d’une cruelle actualité : « Surréaliste et paradoxale Belgique. Mémoires politiques d’un sociologue engagé, immigré chez soi et malgré soi » (Paris, l’Harmattan, 2003). Il y décrit les avatars, tribulations et difficultés d’une commune à facilités qui depuis 42 ans réclame inlassablement un statut bilingue, voire son rattachement à la région bruxelloise … sans avoir jamais pu obtenir la satisfaction de cette légitime revendication. Dans ce livre, il profite de sa double expérience de sociologue et d’acteur politique pour élargir son propos, analyser les contradictions et atouts de cette nation écartelée en infra-nationalités (régions et communautés) et supra-nationalité (l’Europe en gestation) pour finalement nous exposer ses raisons de croire en la survie de ce pays-carrefour de civilisations. Nous lui avons demandé son avis sur la situation politique actuelle. -C’est bien volontiers que je réponds à votre sollicitation. A cette fin, je ne puis mieux faire, me semble-i-il, que de reprendre, en les développant quelque peu, les idées essentielles que j’ai esquissées dans un courrier de lecteur adressé au Soir, à la Libre Belgique et au Vif-l’Express. Voici ce que j’exprimais dans ce bref texte :Le vrai problème de la périphérie et de BHV - Il est de bon ton, aujourd'hui, de nous faire croire que le problème essentiel, pour ne pas dire unique, des habitants francophones de la périphérie et de BHV est celui de leurs droits électoraux (le président du CD&V sur les ondes de la RTBF ... et même certains négociateurs francophones ?). La réalité est bien plus complexe : ce qui est en cause est la pesante tutelle flamande et ses abus de pouvoir, le grignotage des facilités, nos droits judiciaires, les tracasseries administratives, l'enclavement de Bruxelles. La scission d'accord, mais pas sans qu'une solution soit trouvée pour ces problèmes cruciaux (pourquoi pas la création d'un arrondissement intercommunautaire, bi-communautaire et bi-culturel dépendant de l'Etat fédéral, comme solution de compromis?). -Ces trois médias ont rapidement publié ce courrier (il convient de les en remercier), lequel m’a valu plusieurs marques d’approbation et de soutien … mais, assez curieusement tous trois ont gommé la première parenthèse ! Je ne veux point y voir machiavélique malice politique … mais n’est-ce point étrange quand même cette convergence médiatique ? Aujourd’hui – 7 novembre 2007 – mon appel au secours est plus justifié que jamais : le refus de nommer quatre bourgmestres démocratiquement élus est la douloureuse illustration de ces abus de pouvoir que je dénonçais. Leur « crime » ? Avoir, comme cela se pratique sans problème depuis près d’un demi-siècle, adressé des convocations électorales dans la langue des électeurs ! La source de cette tracasserie – en passe de mettre à mal la gestion de ces communes, en fait privées d’un échevin – n’est autre que la tristement célèbre circulaire Peeters, jamais entérinée par les autorités juridiques ... Dans ces conditions, exigeons de nos « négociateurs » - présents et à venir – qu’ils imposent ces nominations sans contrepartie et qu’ils imaginent les moyens d’empêcher une tutelle flamande anti-francophone d’ainsi entraver la bonne gestion de communes où vivent de fortes majorités francophones. Plus généralement : puissent nos amis wallons ne pas sacrifier Bruxelles et sa périphérie pour de fallacieux compromis avec une Flandre complexée, avide de revanche sur les ex-riches Wallons ! Bruxelles n’est rien sans la Wallonie et la Wallonie n’est rien sans Bruxelles … dans l’Europe de demain !