02.09.2010
LE FEDERALISME BELGE
Source : Analyse de Jean-Pierre Stroobants, publiée dans Wallonie//Bruxelles, W+B, juin 2010 - Extraits.
[…] L'une des caractéristiques du système institutionnel belge est, en effet, qu'il permet, depuis les réformes de 1993, aux Régions et aux Communautés de jouer un rôle important au plan international. Elles ont le droit de régler, pour les compétences qu'elles gèrent, la coopération internationale - y compris la conclusion de traités. Depuis que l'Etat belge a abandonné son caractère unitaire, il a donc confié aux trois Communautés (française, flamande et germanophone) et aux trois Régions (Wallonie, Flandre, Bruxelles) des compétences dites exclusives - qu'elles sont les seules à pouvoir exercer.
L'Etat fédéral assume des "compétences résiduelles" - à savoir celles qui ne sont pas attribuées aux Communautés et aux Régions : des matières essentielles comme la sécurité sociale, l'emploi, la justice, l'union économique et monétaire, l'immigration ou la politique étrangère. Il bénéficie aussi de compétences résultant d'exceptions aux compétences communautaires et régionales. Par exemple, les chemins de fer, l'organisation des communes, l'énergie nucléaire…
Les Communautés sont, elles, compétentes dans plusieurs grands domaines : l'enseignement, la recherche fondamentale, la culture, l'audiovisuel, l'emploi des langues, les matières dites "personnalisables" (secteur social, une partie de la santé, aide à la jeunesse, handicapés….).
Les Régions gèrent, pour l'essentiel, l'économie, les fonds structurels, l'aménagement du territoire, les communes et provinces, les travaux publics et les transports, l'environnement, l'agriculture, etc.
Enfin, un certain nombre de domaines font l'objet de l'exercice de compétences conjointes entre l'Etat fédéral, les Régions et les Communautés.
[...] Il faut relever que l'Etat fédéral belge a tenu à introduire une déclaration additionnelle dans le Traité européen. Elle évoque le pouvoir des Communautés et des Régions comme "participant" de la puissance nationale, ce qui confirme bien leurs pouvoirs. Autre exemple : si la Belgique doit ratifier un traité "mixte" (touchant aux compétences de ses différents niveaux de pouvoir), c'est l'assemblée de chacun d'entre eux qui devra se prononcer et chaque gouvernement qui aura à le sanctionner.
Malgré certaines restrictions, les entités fédérées belges sont donc presque devenues des sujets de droit international à part entière et cela même si, stricto sensu, le droit international public ne reconnaît cette qualité qu'à des Etats. Et même si certains de ces Etats, souvent en raison de leur situation propre, manifestent encore des réticences face au statut renforcé des entités fédérées, ils sont bien forcés d'admettre l'originalité et la réalité de la configuration du pouvoir en Belgique.
[…] L'avenir ? Plus d'un responsable européen posera sans doute la question à ses interlocuteurs belges, l'hypothèse d'un dialogue devant déboucher sur de nouvelles réformes institutionnelles restant posée. Chacun constate que les compromis successifs entre les deux grandes Communautés nationales du "modèle belge" n'ont pas toujours réussi à garantir entièrement la stabilité de l'Etat, mais, en même temps, que le fédéralisme est la seule solution réaliste et pragmatique pour ce pays au cœur de l'Union européenne.
15:31
Écrit par Raymond Watrice
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FEDERALISME OU CONFEDERALISME : QUELLE BELGIQUE EN GESTATION ?
Qu'est-ce que Elio Di Rupo, président du PS, fédéraliste-unitariste, et Bart De Wever, président de la N.VA, nationaliste-séparatiste, nous concoctent-ils ? Un fédéralisme qui ne peut être que de coopération, sinon ce n'est qu'un leurre, ou un confédéralisme de transition dans la poursuite des avancées flamandes vers la réalisation de la Flamenpolitik", arrêtée en 1917 avec la collaboration de l'occupant allemand : une division de la Belgique en deux Etats, l'un, une Flandre indépendante, unilingue, avec Bruxelles comme capitale, et l'autre, une Wallonie satellite, aux services administratifs bilingues, centrée sur Namur ( dans l'esprit de l'occupant allemand : en attendant une intégration de la Belgique dans l'Empire allemand) ?
La tendance penche vers l'étape intermédiaire du confédéralisme.
Depuis que Yves Leterme ait déclaré que "le fédéral a atteint ses limites" et ait laissé entendre qu'il fallait se tourner vers le confédéralisme, le gratin du monde politique tant flamandophone que francophone glisse ce mot dans ses conversations. Du confédéralisme à toutes les sauces…. Elio Di Rupo, préformateur, ne dit pas autre chose en déclarant que "le centre de gravité est déplacé de l'Etat fédéral aux Régions".
Du côté flamand, Herman Van Rompuy, CD&V, à l'époque président de la Chambre des Représentants a fait mention dans une déclaration à la RTBF : "Mon parti, le CD&V, est pour le confédéralisme". Le SP.A et l'Open VLD se sont prononcés "pour"; Groen penche vers le confédéralisme, sans vouloir le dire dans son alliance fraternelle avec Ecolo ; les autres partis flamands, nationalistes, N-VA, Vlaams Belang, Lijst Dedecker, admettent un confédéralisme de durée transitoire, comme antichambre au séparatisme.
Du côté francophone, il y a belle lurette que José Happart, PS ancien président du Parlement wallon, appelle le confédéralisme de tous ses vœux. Philippe Moureaux, PS, sénateur-bourgmestre, président de la Fédération socialiste de Bruxelles, Didier Reynders, MR/PRL, président du MR, et Gérard Deprez MR/MCC, président du MCC, ont publiquement affirmé qu'il fallait "oser le confédéralisme". Olivier Maingain, MR/FDF, député-bourgmestre MR, président du FDF est partisan d'un fédéralisme de coopération ; Joëlle Milquet, CDH, députée, président du CDH, et Jean-Michel Javaux, Ecolo, député-bourgmestre, coprésident de Ecolo, ne se prononcent pas clairement pour l'un ou l'autre système tout en ne se disant pas opposé fermement au confédéralisme avancé par l'ensemble de la classe politique flamande. Un souci les traverse : maintenir une solidarité nationale".
Qu'est-ce que le confédéralisme ? Au sens du droit international, "le confédéralisme est une association d'Etats indépendants". C'est la gestion en commun de certaines matières par des Etats souverains avec l'alternance de la présidence. Ce concept conditionne donc un éclatement - violent ou doux - de l'Etat Belgique en deux, trois ou quatre Etats, suivi d'une union des "moignons" dans une Confédération. On observera que, dans le monde, aucune confédération ne fonctionne ; celles qui se sont constituées se sont toutes dissoutes après quelques années seulement de fonctionnement et se sont transformées en fédération.
Pour les Flamands, "confédéralisme" signifie un transfert massif de compétences du fédéral aux Régions, l'antichambre au séparatisme.
Pour les Francophones, "confédéralisme" par défaut signifie la préservation de la solidarité nationale dans l'unité du pays.
Et le fédéralisme ? Les spécialistes en la matière disent qu'un fédéralisme à deux ou à trois ne peut être vivable! Il y aura toujours un dominant et un dominé.
Fédéralisme ou confédéralisme ? Un enjeu aux dés pipés !
15:19
Écrit par Raymond Watrice
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26.08.2010
REGIONALISTES (DE TOUT LE PAYS !) UNISSEZ-VOUS !
Régionalistes (de tout le pays !) unissez-vous !
Article de Claude Thayse, maitre de conférences ULB, publié sur son blogue-notes
Comme prévu, le dialogue communautaire a commencé. Sur base communautaire et non régionale. Exactement ce que voulaient les Flamands.
A l’heure actuelle, il est impossible de deviner ce qui va sortir des négociations. Mais ce ne seront de toute façon que des solutions insatisfaisantes et temporaires. Les sources de conflits ne pouvant y être traitées à fond. Il faut mettre sur pied de toute urgence une association temporaire de partis – idéalement issus des quatre entités, mais on peut commencer avec moins - qui décident de centrer leurs programme de réformes institutionnelles sur base d’une organisation au départ des régions. Sortant ainsi des blocages récurrents. Les « vrais problèmes » finalement puisqu’ils empêchent de prendre réellement en charge les préoccupations prioritaires des citoyens.
Autour de la table pour nous représenter, si je compte bien : 5 « francophones » sur 7 peu suspects de prendre en compte les spécificités régionales (avec un léger bénéfice du doute pour Picqué et Ludgen). Il ne manque que le MR qui aurait renforcé le camp communautariste. Et ce sont ces gens avec les pouvoirs exorbitants que leur donne le système politique de « présidentocratie » (*) qui vont décider pour tout le monde de la nouvelle architecture institutionnelle d’un pays qui n’en finit pas de mourir.
On connaît les revendications sentimentales et historiques des partis flamands sur Bruxelles. Mais ce sont là des gens patients et pragmatiques. Je suis curieux de voir leur évolution au cours de ces négociations. Après tout, ils avaient déjà fait preuve d’ouverture lors des négociations précédentes. Sans oublier que la configuration actuelle sur base des communautés leur convient très bien puisqu’elle leur donne de fait un pouvoir de contrôle sur ce qui est un des principaux enjeux pour eux : Bruxelles.
C’est là toute la perversité du système de partage entre communautés rivales de fait. Elles n’arrêtent pas de s’accuser des blocages et dysfonctionnements du fédéralisme. Le mantra du « front francophone » ayant conforté les vœux des nationalistes de Flandre d’imposer un jeu à deux.
S’il a été – pour nous Wallons – un incontestable progrès et a permis de stopper le déclin économique imposé par l’Etat unitaire, le fédéralisme est incomplet puisqu’il nous manque, entre autres à cause de l’existence des Communautés, la maîtrise de compétences essentielles et complémentaires en matière d’éducation et de culture. Sans compter ce qui reste au niveau fédéral où les choix sont basés sur des rapports de force qui nous sont défavorables.
En l’état, ce fédéralisme qui montre ainsi ses limites a de moins en moins de chance de pouvoir bien fonctionner à l’avenir puisqu’il y est impossible de définir des systèmes de solidarité mutuellement acceptables. Le système est largement ingouvernable et le restera tant qu’il restera des zones de chevauchement de compétences de type linguistico-communautaires.
Intéressante à ce sujet, la déclaration du ministre-président du gouvernement de la Communauté germanophone, Karl-Heinz Lambertz au magazine allemand Focus où en cas de scission de la Belgique, il envisage trois hypothèses : le retour à l’Allemagne, le rattachement au Luxembourg ou la création d’un État indépendant.
Il est hautement significatif de constater que « la minorité la mieux protégée du monde » montre – par la voix de son premier dirigeant - que malgré la situation extrêmement favorable dont elle jouit, elle se prépare et surtout prépare ses 60.000 citoyens aux choix d’avenir possibles.
Certes, rien n’étant innocent, il s’agit peut-être là d’un appel du pied aux négociateurs pour qu’ils n’oublient pas cette entité…
Il n’empêche. Cette déclaration donne raison aux propos tenus dans les années trente par les responsables du Mouvement wallon qui parlaient déjà d’organisation du pays sur base – à l’époque – de trois régions. La Wallonie, la Flandre et la Région bilingue de Bruxelles.
C’est cette position – aménagée - que j’ai défendue auprès de mes amis du Rassemblement wallon (alors W+) quand j’ai parlé de réorganiser ce pays – dans un premier temps – sur base de quatre régions (en fait des Etats confédérés) libres et égales en Droits. Libres de s’associer deux à deux entre elles ou encore de s’adosser à l’un ou l’autre pays voisin de leur choix. Des associations « à géométrie variable » en quelque sorte. Sur base d’accords négociés et équilibrés où chacun trouverait son compte.
L'interview récente de Jean-Pierre Chevènement dans le « Paris Match » montre que l’option de l’adossement négocié est tout à fait envisageable.
J’y vois d’énormes avantages. Y compris - et surtout - pour les Bruxellois qui vivent une forme originale d’expérience de cohabitation multiculturelle et multicommunautaire. Ils pourraient ainsi continuer à développer cette nouvelle forme de citoyenneté, respectant les langues en présence tout en édifiant un projet commun porteur d’avenir pour tous les habitants. Il est patent que beaucoup de Bruxellois néerlandophones se sentent d’abord bruxellois avant d’être Flamands. Il en va de même pour les Bruxellois francophones dont peu se sentent Wallons. Les autres communautés – ni flamandes ni d’expression française – fort représentées s’identifiant à la culture bruxelloise en plus de leur culture originale. (Le succès de foule de la « Zineke parade » en est un des signes les plus visibles.)
Cette réorganisation sur base de quatre entités laisserait la porte ouverte à différentes possibilités en fonction de la volonté exprimée par les populations. Garder une Belgique sous une forme confédérale ou, à l’inverse, permettre une transition en douceur vers la réunion de l’une ou l’autre des entités avec un pays voisin. Ménageant même pour l’une ou l’autre entité qui serait tentée la possibilité du choix de l’indépendance.
Hélas, la structure exclusivement linguistique des partis traditionnels constitue un frein considérable. Tant que ceux-ci ne se détermineront pas sur une base essentiellement régionale, on ne pourra pas mettre sur pied un projet politique cohérent.
Les tensions communautaires sont les « vrais problèmes » - finalement - puisqu’elles empêchent de prendre réellement en charge les préoccupations prioritaires des citoyens.
(*) « Les Français ont inventé la démocratie représentative, les Belges ont inventé la démocratie non-représentative». (d’après Huntington)
14:44
Écrit par Raymond Watrice
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12.06.2010
LE PLAN B : UNE FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES? UNE FUMISTERIE ?,SECRET DEFENSE ?
LE PLAN B : UNE FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES ? UNE FUMISTERIE ? SECRET DEFENSE ? " Nous prendrons nos responsabilités si la Belgique se sépare " s'est exclamé Elio Di Rupo. Un Plan B ? Remous dans le monde politique. + +Joëlle Milquet, présidente du CDH, enchaine : "Notre Plan A, c'est un fédéralisme rénové… On réussira ce plan A… Mais si un partenaire (Ndlr : la Flandre) veut s'en aller, mais qu'il s'en aille… mais ce sera sans Bruxelles". + +Didier Reynders, président de la Fédération MR, se démarque : "Je ne comprends pas l'attitude des présidents du PS et CDH qui s'inscrivent dans la logique des nationalistes flamands de Bart De Wever en parlant d'un Plan B pour la Belgique en invoquant la fin de la Belgique… C'est une perspective qui n'est voulue ni par les Francophones de Wallonie et de Bruxelles ni par les germanophones". + +Rudy Demotte, PS, ministre-président de la Région wallonne, en accord avec son président Di Rupo, affirme : "La Wallonie n'acceptera jamais qu'on menace l'existence des Bruxellois flamands ou francophones". + +Olivier Maingain, président du FDF, dans la ligne de la Fédération MR, est net : "Sortir de la logique d'Etat fédéral, c'est se mettre en position de faiblesse… Le confédéralisme, c'est le plus grand danger pour Bruxelles… Nous pourrions assurer la continuité de l'Etat belge (Ndlr : création de la Fédération Wallonie-Bruxelles), mais nous n'assumerons ni le poids, ni la responsabilité, ni le désavantage de l'initiative du séparatisme… Les Francophones doivent se ressaisir sur une ligne de conduite claire : ni confédéralisme, ni séparatisme". + +Marcel Cheron, Ecolo, consensuel : " Ce n'est pas notre choix, ce Plan B, mais si la Flandre veut s'en aller, il faut qu'on fasse le choix de maintenir ensemble la Wallonie et Bruxelles, avec une solidarité interrégionale d'Arlon à Bruxelles". + + Le Plan B avancé par Elio Di Rupo, président du PS, serait-il "Secret défense" ou ne serait-il que fumisterie, l'expression de l'aboulie des partis politiques francophones ? En tout cas, à la question posée par la journaliste du JT de la Une sur l'existence d'un Plan B, Elio Di Rupo s'est lancé dans un salmigondis invraisemblable de paroles sans jamais dire oui, ni non, ni prononcé le mot Plan B, ni s'y référer ! Et il remet le couvercle sur le mot Plan B, au JT de Matin Première du mercredi 9 juin 2010 en éludant la question d'un auditeur : "Les francophones ont-ils un Plan B ?" Il répond : "Si un jour on doit arriver au stade de la séparation, alors, bien entendu, faites confiance aux formations politiques ; elles sont capables de répondre à une telle situation. Nous avons toutes les capacités, les talents, la force de travail, la productivité, l'intelligence et une jeunesse qui ne demande qu'à démontrer ses capacités… Nous n'allons pas parler de choses qui pourraient se produire dans 3 ou 5 ans ! + +La grande presse quotidienne s'interroge. "Et si, pour une fois, on n'était pas des nains ? N'y a-t-il pas, dans ce momentum, une formidable opportunité à saisir ? Et si c'était l'occasion qu'il ne faut pas rater ? se demande Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du quotidien Le Soir, dans son édito du jeudi 10 juin 2010. + + Vincent Laborderie, doctorant en sciences politiques de l'UCL, demande que l'on achève la refonte de l'Etat : "Il n'y a aucune raison d'évoquer le scénario d'un éclatement du pays. L'indépendance de la Flandre n'est pas à l'ordre du jour : les partis du Nord du pays ne sont d'ailleurs pas prêts pour franchir le pas… Il serait autrement plus périlleux d'organiser la scission du pays que de réaliser une réforme de l'Etat qui mette en place des structures plus efficaces. A cet égard, la Belgique est encore loin d'être le pays le plus décentralisé de tous les pays fédéraux". + +Le Gewif, Centre d'Etude pour la Wallonie intégrée à la France, est catégorique ; il ne faut pas se leurrer : "Un Etat Wallonie-Bruxelles n'est pas viable" faute de moyens. Mais alors, que devrait faire l'Etat Wallonie-Bruxelles ou la Fédération Wallonie-Bruxelles pour faire suite à l'indépendance de la Flandre ? La seule réponse à la question, selon Gewif, c'est se tourner vers la France. Mais, la France voudra-t-elle de la mini-Belgique ? Nous n'en sommes pas encore là. "Restons, comme dit Olivier Maingain, dans la logique d'un Etat fédéral respectant chacun de ses composants". Le tout est de savoir ce qu'est un Etat fédéral : ses attributions, ses pouvoirs, sa représentation ? Mais qu'est-ce qui nous attend ? + +Marianne Thyssens, présidente du CD&V, un tant soit peu ambiguë : "Pour Bruxelles, nous voulons renforcer le lien avec la Flandre. Nous voulons investir à Bruxelles mais aussi à améliorer la gestion. Bruxelles est une Région, mais pas une Région à part entière". + +Elio Di Rupo, président du PS, est tout aussi ambigu : "Bruxelles est capitale de la Flandre, capitale de la Communauté française de Belgique, capitale de la Belgique, capitale de l'Europe. Nous voulons que Bruxelles soit une Région à part entière… Nous avons été là à toutes les grandes réformes". + +Notre conclusion. + +Rien de bon tout cela ! Enfin, ça se négocie. Nous avons toutefois de grandes craintes pour l'avenir de Bruxelles française, de la Wallonie wallo-française. + +Il n'y a cependant pas lieu d'avoir peur d'une partition du pays. Selon un tout récent sondage effectué par un grand quotidien français, 68 % de Français accueilleraient à bras ouverts les Wallons et les Bruxellois ! Une nouvelle patrie ?
15:52
Écrit par Raymond Watrice
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05.04.2010
FEDERALISME DE COOPERATION...
…Un nouveau fédéralisme est né : le fédéralisme de coopération enfanté par Yves Leterme, CD&Vlaams, Premier ministre. <><>Si nous ouvrons notre petit dictionnaire Larousse, celui-ci nous enseigne que 1) le mot « fédéralisme » signifie un « mode de regroupement de collectivités tendant à accroitre leur solidarité tout en préservant leur particularisme ; 2) le mot « coopération » signifie, dans son acception économique, une « méthode d’action par laquelle des personnes ayant des intérêts communs constituent une entreprise où les droits de chacun à la gestion sont égaux et où le profit est réparti entre les seuls associés au prorata de leur activité ». <><>Deux mots se détachent : solidarité, égalité. Retournons dans notre dictionnaire de notre enfance ; il nous précise que le mot « solidarité » suscite un « sentiment qui pousse les hommes à s’accorder une aide mutuelle », et que le mot « égalité » établit ce « rapport entre individus, citoyens égaux en droits et soumis aux mêmes obligations ».<><>Une symbiose, une « union étroite entre des personnes et des choses ». <><>Une symbiose entre les présidents des éléments constitutifs institutionnels : Yves Leterme, CD&Vlaams (Fédéral), Ingrid Lieten, SP.A, (Flandre), Kart-Heinz Lambertz, socialiste (Communauté germanophone), Rudy Demotte, PS, (Wallonie), Charles Picqué, PS (Bruxelles).<><>Première rencontre euphorisante. Premier sourire béat. Première résolution inébranlable. La naissance d’un grand projet « BE2020 », le nom de baptême du fédéralisme de coopération. <><>Devant les fonts baptismaux, un engagement formel, un engagement divin. « Je n’avais jamais espéré une réaction aussi positive de mes collègues. Je suis content, jubile Yves Leterme… 50 à 60 dossiers socio-économiques ont été identifiés ; une dizaine pourra être sur la table dès avril, mai… On travaille dans le cadre actuel de répartition de compétences et dans le cadre budgétaire aussi… Le fédéralisme de coopération est essentiel et le sera encore après la réforme de l’Etat. Nous essayons de trouver des solutions par une meilleure coopération … ». « Des dossiers sur lesquels nous sommes d’accord de travailler ensemble, surenchérit Rudy Demotte… C’est une modification dans l’approche institutionnelle ; tant qu’on n’a pas de réforme de l’Etat, c’est la meilleure manière de progresser… ». Benoitement, Charles Picqué observe : « Le Premier ministre utilise la présidence belge de l’Union pour pousser la coopération. Il n’a pas tort, car si la présidence belge prouve que le pays ne fonctionne plus, tant il y a une cacophonie sur les points de vue à exprimer, ce sera nuisible à tous… ». Ingrid Lieten, pragmatique, voit les convergences : « Sur certains thèmes comme la lutte contre la pauvreté, les politiques d’innovation ou les leviers de relance de la croissance, les entités fédérales sont souvent sur la même longueur d’ondes. On peut parfaitement, dans le respect des compétences de chacun, collaborer dans le cadre de la Stratégie UE2020 ». <><>Un rêve. Tout est beau ; tout le monde est gentil. Le monde des Bisounours ! Pendant combien de temps ? <><>La Flandre arrogante, la Flandre impérialiste, la Flandre autoritaire balise. Son ministre-président Kris Peeters, CD&Vlaams, accepte de « s’engager dans cette voie à condition qu’elle génère des améliorations concrètes ». Bart De Wever, président de la N-VA, plombe les bonnes résolutions : « Le gouvernement tente, par cette grand-messe inutile, de masquer son impuissance à réaliser la moindre avancée institutionnelle ». Philippe Muytens lui donne la main : « Nous nous voyons déjà au comité de concertation. Et le fédéral connaît nos revendications. Ce n’est pas dans ce grand pow wow que l’on avancera ». <><>Tout est déjà dit. La Flandre des partis, la Flandre institutionnelle veut peser sur la politique belge. La Flandre veut une reconnaissance pleine et entière. Un approfondissement de la réforme institutionnelle de 1993. Une Flandre dominante dans une Belgique aux compétences fédérales minimales. <><>Jean-Luc Dehaene, CD&Vlaams, démineur désigné par le Roi, donnera sa réponse dans quelques semaines : BHV sera-t-il ou ne sera-t-il pas scindé ? La Belgique de 1830 aura-t-elle vécu ? Bruxelles aura-t-elle des compétences institutionnelles ou sera-t-elle dotée d’un statut sui generis ? Les Régions seront-elles égales en droits ? Autrement dit : le concept « coopération » s’imposera-t-il ? <><>Au bout du chemin : Fédéralisme ? Confédéralisme ? Séparatisme ? Indépendantisme ? Résignation ? Soumission ? <><>Ne nous illusionnons pas… Les Flamands dorment avec les lois linguistiques ; elles façonnent leurs rêves d’hégémonie conçus dans la Flamenpolitik d’une autre époque.
15:39
Écrit par Raymond Watrice
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09.03.2010
R.W.F. VIVEMENT NOTRE INTEGRATION A LA FRANCE...
Titre de l’éditorial de Paul-Henry Gendebien, président du R.W.F., publié dans Trait d’Union, bulletin d’information du Rassemblement Wallonie France. + +CONSTAT de Paul-Henry Gendebien : « Le fédéralisme n’a pas préservé l’Etat belge, il l’a simplement prolongé. Mais, aujourd’hui, le cycle s’achève : c’est un échec définitif et irréversible ». + + + SOLUTION de Paul-Henry Gendebien : « La seule formule qui permette d’éviter le désordre et de nous rendre une sécurité économique et sociale, c’est la réunion avec la France. Il faut restituer la Wallonie à la France et la France à la Wallonie. Et de même pour Bruxelles. Dans l’immédiat, ici et maintenant, il faut combattre sans relâche un état fédéral absolument incapable d’établir un équilibre entre ses composantes ». + + +CONCLUSION de Paul-Henry Gendebien : « Notre combat exige la clarté… Nous sommes totalement Wallons et Français, tout reliquat de belgitude doit être éliminé… + +C’est seulement par l’intégration à la France que nous retrouverons l’efficacité politico-administrative, le redressement économique, une fiscalité plus juste pour les petits revenus, une sécurité sociale garantie à long terme, le paiement de nos pensions assuré, etc. + +C’est seulement par l’intégration sans réserve à la France que nous serons délivrés des malheurs d’un non-Etat, des excès du régime des partis, des réflexes de mendicité… En bref, que nous redeviendrons une vraie société politique… + +L’objectif c’est que la Wallonie et Bruxelles deviennent deux grandes Régions de France, à part entière, avec pour nos concitoyens le plein exercice des droits et des devoirs de chaque citoyen de la République… + +Enfin, avec la France nous exprimerons tout notre attachement et notre amour pour notre langue commune, pour la culture et pour les valeurs que cette langue porte avec elle et qu’elle répand dans le temps et dans l’espace. + +Aux Wallons et aux Bruxellois, nous disons avec fierté et espoir : Ne nous résignons jamais ! La France est à côté de nous. Le moment venu, elle s’engagera comme elle le fit aux heures décisives. + +L’Histoire s’accomplira mais nous devons l’aider à s’accomplir. Faire partie de la République française, cela se mérite. + +Au bout du chemin, nous partagerons avec elle un même destin, un Etat reconstruit, un vrai pays à aimer. »
14:58
Écrit par Raymond Watrice
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02.06.2009
REPONSE DE JOELLE MILQUET, PRESIDENTE DU CDH, A NOTRE APPEL DU 15 MAI 2009
... Au cdH, nous croyons fondamentalement en l’avenir de la Belgique, État fédéral composé de Communautés et de Régions respectueuses l’une de l’autre. Toute nouvelle solution institutionnelle doit constituer un gage de respect des droits des citoyens et renforcer le fonctionnement de nos différents niveaux de pouvoir, en ce compris l’État fédéral. + + + Le fédéralisme coopératif constitue en effet le meilleur mode de gestion politique de la Belgique. Il permet de combiner l’autonomie des différentes Communautés et Régions et un fonctionnement efficace de l’État fédéral. + + + Le cdH continuera, comme il l’a toujours fait, à se montrer ouvert en vue de négocier une nouvelle réforme de l’Etat équilibrée qui ne mettrait pas à mal la solidarité interpersonnelle et les droits des francophones autour et dans Bruxelles. Toute nouvelle réforme institutionnelle ne peut en effet se faire au mépris des cinq principes suivants : + + + la préservation de la solidarité interpersonnelle et notamment de la sécurité sociale ; === l’absence de concurrence fiscale importante entre les Régions ; = = le financement adéquat des compétences transférées ; = = une révision équilibrée de la loi de financement et, notamment, plus respectueuse du rôle de capitale de Bruxelles ; = = le respect des droits des Francophones autour et dans Bruxelles. + + + Cette attitude d’ouverture a toujours guidé le cdH dans les négociations institutionnelles. Déjà au temps de l’exploration par Herman van Rompuy, le cdH et moi-même avions participé à l’élaboration d’un texte pouvant recueillir l’adhésion de tous. Mais, c’est la NVA qui a bloqué. En outre, le cdH s’est montré ouvert pour discuter d’une éventuelle régionalisation de la politique de l’emploi bien que cette compétence lui revienne. + + +Nous continuerons en revanche à nous opposer à toute solution discriminatoire pour les Francophones. La seule réforme de l’État envisageable est une réforme équilibrée et bénéfique pour tous les citoyens. Nous continuerons, comme nous l’avons toujours fait, à défendre fermement cette vision du fédéralisme et les intérêts des Francophones. Nous avons en effet pu démontrer en période difficile que nous étions capables de dire non, même seul, aux demandes inacceptables de la NVA. Vous pouvez compter sur notre fermeté !+ + + Joëlle MILQUET
17:17
Écrit par Raymond Watrice
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20.05.2009
LE GOUT DU COMMENTAIRE EN PARTAGE...
OBJET : Lettre ouverte aux présidents et à des ministres francophones portant sur le devenir des francophones dans la Belgique de demain. + + + André TIRMARCHE et Agathe NASTORI, par courriel - En notre qualité de têtes de liste bruxelloises du RWF-RBF (Rassemblement Wallonie France – Bruxelles France), nous ne pouvons bien sûr qu’abonder dans le sens du cri d’alarme lancé par Monsieur Serge Moureaux dans « Perspectives francophones » de juin-juillet 2005 : « Plutôt le séparatisme que le confédéralisme » !+ + + A moins de 20 jours des élections régionales du 7 juin 2009, les propos de M. Moureaux, prononcés il y a déjà 4 ans, sont d’une importance fondamentale et d’une justesse cruciale.+ + + Mais son appel sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr. + + + Il est évident aujourd’hui que le fédéralisme a sombré sous les coups de butoir du nationalisme flamand : les quatre partis habituels francophones persistent pourtant dans leur exécrable passivité pour se préparer à une énième série de concessions au détriment de la francophonie, dans l’unique but de conserver les avantages qu’ils retirent personnellement de leurs mandats, au nom d’un fallacieux « compromis à la belge » qui finira par offrir Bruxelles toute entière aux appétits flamands. Ils devraient plutôt informer leurs électeurs des échéances inéluctables – la fin de la Belgique avec la scission de BHV majorité flamande contre minorité francophone à la Chambre fin 2009 - et proposer une alternative crédible – et non un Wallobrux, petite Belgique ruinée qui perpétuerait les défauts de l’ancienne en étant toujours exposée aux appétits flamands. + + + C’est ce moment qu’attend la Flandre pour prendre son indépendance. Personne n’en est dupe. Mais cela n’empêche nullement nos mandataires francophones de se distinguer par leur immobilisme, voire leur aplatventrisme. + + + Aujourd’hui, la situation est devenue tellement insupportable qu’il ne reste plus qu’une seule solution honorable pour la minorité francophone : claquer la porte de l’état belgo-flamand et rejoindre un état digne de ce nom, qui partage nos valeurs de libertés. Cet état, c’est la France, avec laquelle nous avons en outre des liens culturels et historiques. La Belgique n’est pas une nation, mais une construction artificielle des grandes puissances du XIXème siècle : rejoindre la France c’est rejoindre nos racines romanes. Dans le conflit communautaire qui nous préoccupe, une réunion avec la France renverserait le rapport de forces avec la Flandre, et nous assurerait un cadre institutionnel stable et sûr une fois pour toutes. + + + André Tirmarche, Agathe Nastasi,1er candidat effectif du RWF-RBF 2ème candidate effective du RWF-RBF
09:25
Écrit par Raymond Watrice
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03.11.2008
FORUM : FEDERALISME OU CONFEDERALISME : AVIS DE LECTEURS...
FORUM + +Plus de Belgique du tout et cinq entités souveraines de l'Europe Economique à savoir: + +(par ordre d'importance): = =Une République de Flandre indépendante. = =Une République de Wallonie indépendante. = =Une ville de Bruxelles Libre et Européenne au statut de région capitale Européenne. = =Une Région allemande de Wallonie, avec un statut de région souveraine d'Europe. = =Un condominium des Fourons avec une gestion bilingue absolue et un droit renforcé des minorités. + + A noter que dans cette perspective, il est souhaitable que les droits sociaux et médicaux des anciens Belges soient préservés( ONP-INAMI-ONPTS-ONAFTS etc), c'est pourquoi des accord multilatéraux devront être adoptés et organisés afin de prévoir un maintien des droits précédemment acquits, par une gestion commune des droits et des bénéfices sociaux correspondants aux cotisations des intéressés, pour la suite, le financement étant assuré par les paiements par chaque entité au prorata des populations et des revenus de celle-ci par un système basé sur la solidarité et la répartition proportionnelle des richesses générées. + + Pour d'autres matières, je penses que la situation actuelle semble se dessiner pour des alliances entres Bruxelles, Wallonie et Région allemande, qui si elle se concrétise pourrait alors amener cette nouvelle zone comme la plus porteuse de l'ancienne belgique avec un PIB de loin supérieur à la Flandre, et peser d'un poids politique bien supérieur aussi avec la place forte de Bruxelles capitale européenne. + + Dans cette guerre que veut la Flandre, elle risque d'y perdre bien plus que d'y gagner, car avec un gros 10% de néerlandophones recensés sur bruxelles(en baisse chaque année), comment peut elle encore croire qu'elle va garder Bruxelles comme capitale flamande? C'est surréaliste et le moment venu personne ailleurs qu'en Flandre ne pourra rester sur cette idée... + + Voilà ce que je penses et souhaite pour l'avenir de cette Belgique qui pour moi n'a jamais été un "pays" au sens ethnologique et anthropologique du terme, mais tout au plus un "Etat" artificiel fabriqué par le puissances européennes du début du 19ème siècle et qui ne doit sa richesse qu'à une exploitation scandaleuse de l'ex congo belge par Léopold II, Vandervelde n'avait-il pas surnommé le cinquantenaire "L'arche des mains coupées" mais de cela personne encore en Belgique n'ose vraiment en parler. + + Pierre DUTRON Président du RPW
15:50
Écrit par Raymond Watrice
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FORUM : FEDERALISME OU CONFEDERALISME ...
Guy DUTRON par courriel : + + Mon analyse de la Belgique, c'est qu'elle est, depuis l'origine c'est qu'elle est un pays artificiel. + + Que toute son histoire : le XIX éme siècle de la grandeur wallonne, la guerre de 14, l'entre-deux guerre et l'émergence du nationalisme flamand, la guerre de 39-45, la question royale, les mentalités respectives et le rôle de l'église ....Je n'en finirais plus !! + +Tout, à mon avis, a contribué à éloigner l'un de l'autre walons et flamands.La vie politique belge avec ses travers, sa corruption, etc. ont également joué un rôle. + +Je pense donc, après analyse de toutes ce données, que la solution efficace n'est ni un fédéralisme ni un confédéralisme mais une séparation avec une Flandre Indépendante et une Fédération Wallonie Bruxelles indépendante. + +Les deux entités sont également viables dans une Europe Fédérale des Régions encore à construire. + +De toute manière, après les NON français, néerlandais et Irlandais, l'Europe est en panne. Il faudra bien un jour se résoudre à "faire quelque chose" !! + +C'est pour cette région que nous avons publié, avec mon frère Pierre, président du Rassemblement Populaire Wallon un "Manifeste pour une Europe Fédérale des Régions" que vous pourrez lireen cliquant sur le lien ci-dessous qui vous permettra d'accéder au blog de notre collectif Gauche Alternative Sambre-Avesnois: + +MANIFESTE EUROPÉEN POUR L’EUROPE FÉDÉRALE DES RÉGIONS L’EUROPE DE LA DECROISSANCE !
15:36
Écrit par Raymond Watrice
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