05.09.2008

FRANCOPHONES : LA FLANDRE, PROSTERNEZ-VOUS 8 ...

Pas de quoi à se réjouir : le plan de désembourbement de la crise institutionnelle, présenté par Kris Peeters, CD&V, ministre-président de la Région flamande, est tout simplement une resucée du plan flamand de 1999 dont l'amertume est un tantinet adoucie par l'invitation à deux Bruxellois, l'un francophone, l'autre néerlandophone, à s'asseoir à bout de table dans la salle de réunion. ++ Pas de béatitude. La Flandre a balisé la rencontre Nord-Sud : "L'accord de gouvernement flamand précise que la Belgique est composée de deux entités fédérées, avec une approche spécifique pour Bruxelles et la Communauté germanophone". Elle en reste là ! D'un geste impérial, condescendant, elle invite les Bruxellois, bouche cousue, à s'asseoir à la table de réunion. "C'est une proposition de dialogue qui est faite aux francophones", précise Geert Bourgeois, NV-A, ministre du gouvernement flamand, tout en soulignant que les Bruxellois font partie de la communauté néerlandophone ou de la communauté francophone selon qu'ils sont d'expression flamande ou d'expression française. Des fantoches. L'humiliation. ++ Un sursaut de fierté des Bruxellois ? Charles Picqué, PS, ministre-président de la Région de Bruxelles : "… Il va de soi que si je dois participer aux négociations, je ne le ferai pas avec l'étiquette de représentant de la Communauté française. Ce sera au nom de la Région bruxelloise ou rien…". Cette prise de position de dignité de Charles Picqué est appuyée par Vanhengel, Open VLD, Vice-ministre-président du gouvernement bruxellois : "… Comme cela se passe dans tous les comité de concertation entre gouvernement fédéral et entités fédérées, Bruxelles doit être représentées par les n°s 1 et 2 de son gouvernement, représentant un rôle linguistique différent…". ++ Benoît Cérexhe, CDH, ministre bruxellois de l'Emploi, oppose, lui aussi, une fin de non-recevoir : "… Il (le plan de désembourbement de Kris Peeters, ndlr) présente de nombreux écueils, à commencer par le fait qu'il entérine la position flamande à Bruxelles le statut de partenaire à part égale dans le dialogue interinstitutionnel et sacralise l'idée selon laquelle la Région de Bruxelles est à placer sous la tutelle des deux communautés…". ++ Lamentable la prise de bec, hier soir, à Wolubilis entre Didier Reynders (MR) et Elio Di Rupo (PS). Indigne la rivalité entre les deux ténors francophones, dans les circonstances actuelles de crise institutionnelle, où l’avenir de la langue et de la culture françaises est en grave péril. La Flandre surfe avec engrangement de profits sur cette mésentente déplorable. ++ Notre identité francophone pleure. Notre dignité est blessée.