09.06.2010

AUX POLITIQUES : LEUR PARLER AMBIGU

Parlez clair, bon dieu ! Soyez iréniques ! Mais exprimez-vous lucidement sur les problèmes qui touchent sensiblement la vie quotidienne. + +Que nous disent Laurette Onkelinx et Charles Picqué, PS, à propos de l'avenir de la Région de Bruxelles, de l'avenir de plus d'un million d'habitants ? "Refinancer Bruxelles, c'est un engagement, une exigence, une exclusive… C'est un impératif sinon Bruxelles ne saura pas assumer l'obligation scolaire d'ici cinq ans… Le PS a créé Bruxelles, le PS va renforcer Bruxelles. Ce n'est pas une promesse, c'est un engagement..." + +Dans l'engagement pris en commun par ces deux personnalités fortes du PS, soulignons le constat de Charles Picqué : "Pour le moment, on assiste un peu à la course au meilleur francophone. Mais moi, je trouve qu'il faut y substituer le choix du meilleur négociateur francophone ! Celui qui sait concilier fermeté et capacité de dialogue ! + + Nous sommes parfaitement d'accord avec ces propos ; nous applaudissons. Mais voilà, sur le terrain, c'est autre chose. Dans la plupart des coups contre Bruxelles, le PS est présent. Il donne tout à la Flandre : en 1962, la suppression du recensement linguistique ; en 1968, la limitation de Bruxelles à 19 communes ; en 1988, le transfert du pouvoir communal aux Régions contre un financement maigrichon sans la fiscalité sur le produit du travail presté à Bruxelles. Un appauvrissement calculé par la Flandre ; l'engrenage de la réintégration des communes "à facilités linguistiques" en Flandre unilingue… + +Maintenant, dans leur déclaration commune, Laurette Onkelinx et Charles Picqué ne pipent mot de l'agrandissement de Bruxelles, du respect de la démocratie dans la périphérie bruxelloise, du recensement de la population, de l'ajustement de la fiscalité. Rien ! + + Et la déclaration fracassante de Charles Picqué : "Si on en arrive au scénario de l'éclatement du pays, les Bruxellois seront maitres de leur destin ! Ils s'associeront avec qui ils décideront de s'associer. Punt aan de lijn." + + Maitre de quoi ? Ils n'ont plus de destin. Ils n'ont rien en main, enclavés dans un environnement hostile. Ils n'existent plus ! Ils sont intégrés de force en Flandre. Isolés, sans cordon ombilical avec la Wallonie, ils ne peuvent survivre. + + Le CDH, par la voix de Joëlle Milquet, présidente du CDH, évoque un élargissement de Bruxelles : "Il faut un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie… Il est important que Bruxelles ait une frontière bordée avec la Wallonie dans un pays fédéral…". Il faut… Quel lien ? Quel territoire homogène ? Ce n'est pas un sentier à travers la Forêt de Soigne qui sauvera les Bruxelles, qui les désenclavera. Il y avait bien dans un lointain passé une liaison entre Bruxelles et Nivelles à travers la warande uccloise ! Le temps des déplacements à pied et en charrette est révolu ! + + Ecolo ne pipe mot. Et pour cause : il s'est rallié à la thèse flamande au nom du sacro-saint principe d'union nationale. Il surfe sur tout ! + +La branche libérale du MR, le PRL, plonge dans le flou absolu ; un de ses bonzes du Brabant wallon, Charles Michel, est favorable à "une grande réforme de l'Etat, pour autant que l'on vit 15 ans de paix communautaire". Un bijou d'ineptie ! + +Des mots ! Du vent ! Une politique francophone en pleine délitescence