07.05.2008

L'HISTOIRE DU MOUVEMENT WALLON...

Histoire et Mouvement wallon+++Il faut bien l’admettre, l’histoire du Mouvement wallon est peu connue. Peu connue parce que peu enseignée ; peu connue parce que peu étudiée.==Longtemps influencée par l’oeuvre d’Henri Pirenne, l’école historique belge tend à gommer les particularismes. Il s’agit d’exalter l’âme belge qui serait préexistante à 1830. Dès lors, les premiers ouvrages écrits sur le Mouvement wallon n’émanent pas du monde académique mais bien de militants plus ou moins bien documentés.Durant l’entre-deux-guerres, l’élan patriotique forgé dans le creuset des tranchées de l’Yser renforce la conception unitariste de l’histoire de Belgique. Certains historiens amateurs s’emploient à contrer cette tendance mais leurs travaux restent quasiment sans écho. En 1938, des militants actifs à Liège, Bruxelles ou Charleroi fondent la Société historique pour la Défense et l’Illustration de la Wallonie qui se donne pour but d’étudier le passé des régions romanes du pays.Après la Seconde Guerre mondiale, les conceptions développées par Pirenne restent dominantes au sein de la communauté scientifique, malgré l’émergence d’une nouvelle génération de chercheurs.=== Fernand Schreurs, Secrétaire général du Congrès national wallon, publie des articles sur l’histoire du Mouvement wallon. A partir des années 1960, l’Institut Jules Destrée se lance dans une politique éditoriale qui aborde différentes facettes de l’histoire wallonne mais, à l’exception notable du professeur Félix Rousseau, le monde académique boude les collections développées par l’Institut. ===Il faut attendre la fin de l’état unitaire pour voir apparaître les premières grandes synthèses. En 1973, l’Histoire de la Wallonie, dirigée par Léopold Genicot sort de presse. Six ans plus tard, l’Université Libre de Bruxelles décide de créer un cours d’histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon. La chaire est occupée par Hervé Hasquin, par ailleurs directeur scientifique de l’ouvrage La Wallonie. Le pays et les hommes. A Liège, à la même époque, le professeur Robert Demoulin dirige un séminaire d’histoire contemporaine autour du Congrès wallon de 1905.A partir des années 1980, la recherche s’intéresse davantage aux militants wallons et à leur action. En 2000, un vide important est comblé grâce à l’Encyclopédie du Mouvement wallon, publiée plus d’un quart de siècle après son homologue flamande. ===Ces dernières années, on constate que les étudiants des universités francophones se détournent d’une thématique qui offre pourtant de nombreuses pistes de recherche et de réflexion. Bien sûr, il n’est pas question ici de nier l’intérêt et l’importance de sujets relatifs à l’histoire de l’intégration européenne, des pays d’outre-mer ou des flux migratoires. La désaffection récente vis-à-vis de l’étude du mouvement wallon constitue-t-elle une tendance loure ? S’agit-il d’un simple reflux avant un regain d’intérêt ? En cette période de débats institutionnels et de questionnement identitaire, la question mérite d’être posée…+++Fabrice Meurant-Pailhe, attachéFonds d’Histoire du Mouvement wallon