03.10.2009

ELARGISSEMENT DE BRUXELLES : POSITION DU FDF

BRUXELLES N’EST PAS UNE ILE : POSITION DU FDF SUR LES LIMITES ADMINISTRATIVES DE LA REGION BRUXELLOISE<><>1. L’avenir de Bruxelles passe par son élargissement… <><>Le 14 janvier 2005, dans le cadre du débat sur l’avenir de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles –Hal-Vilvorde, les présidents des partis démocratiques francophones avaient, dans un communiqué de presse commun, affirmé le principe selon lequel l’élargissement de la Région bruxelloise constituait une voie juridique certaine pour résoudre la problématique communautaire dans notre pays.<><>Cette revendication réitérée depuis, et initiée par le FDF à l’époque, est plus que jamais d’actualité et correspond tout d’abord à un objectif démocratique. Il s’agit de permettre la contestation de la fixation arbitraire des limites territoriales entre régions lors des lois de 1962 et 1963, qui a entraîné des effets néfastes pour les populations francophones établies en périphérie bruxelloise, essentiellement dans les 35 communes de Hal-Vilvorde, qui ont été les plus touchées, par le fait plus particulièrement d’une politique de plus en plus systématique d’intolérance linguistique menée par les Gouvernements flamands successifs depuis l’avènement du fédéralisme, et en tout cas depuis 1996, date du premier plan de gouvernement flamand.<><>Un tel élargissement créerait de surcroît un lien géographique direct entre Bruxelles et la Wallonie, ce qui est primordial pour mettre en œuvre sans équivoque une véritable Fédération Wallonie-Bruxelles, face au projet clairement confédéraliste de la Flandre. <><>L’élargissement de la région bruxelloise correspond aussi à une exigence socio-économique.Ainsi que l’a souligné à l’époque le rapport de l’Université Catholique de Louvain adressé à la Région bruxelloise intitulé « Critères pour la détermination des frontières de Bruxelles » datant du 15 juilllet 1999, l’agglomération bruxelloise s’étendrait sur le territoire de 31 communes (411 km2 et 1 200 000 habitants) soit les 19 communes bruxelloises auxquelles s’ajoutent Beersel, Crainhem, Dilbeek, Grimbergen, Leeuw-Saint-Pierre, Zaventem, Drogenbos, Waterloo, Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel, Wezembeek-Oppem. <><>Le véritable enjeu de développement dans les décennies à venir d’une grande métropole européenne et internationale comme Bruxelles, à savoir celui de la prospérité économique, de la qualité de vie, et de la mobilité, doit pouvoir dépasser le principe de l’immuabilité des frontières administratives. Le FDF estime que seule la volonté démocratique de ses habitants de mettre en œuvre une consultation populaire primera. <><>Une plus récente étude menée par les Facultés Universitaires Saint-Louis, en juin 2004, a confirmé également le bien-fondé de cette thèse de l’élargissement de Bruxelles. Celle-ci conclut sur base de quatre critères retenus (densité de population ; densité d’emplois, taux de migrations alternantes sortantes, taux de migrations alternantes entrantes bruxelloises conduisent à un bassin économique bruxellois composé de 33 communes (les 19 communes bruxelloises, les six communes à facilités, Dilbeek, Leeuw-Saint-Pierre, Zaventem, Machelen, Beersel, Grimbergen, Braine l’Alleud, Waterloo) soit 474,1 km2 et 1 290 520 habitants. <><>Plus récemment, l’Atlas de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale 2006, édité par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles, rappelle judicieusement que « d’un point de vue géographique, Bruxelles s’étend largement hors de ses frontières administratives. Les activités urbaines et par conséquent aussi la morphologie urbaine dépassent les frontières communales », preuve s’il en est que des organismes publics bruxellois reconnaissent la pertinence de cette approche.<><>Il y a quelques semaines, la plate-forme des trois organisations régionales patronales du pays (VOKA, BECI, UWE) ainsi que la FEB évoquait la mise sur pied concrète par le monde des entreprises de la métropole économique « Brussels Metropolitan Region », dans le cadre de la Business Route 2018 for Metropolitan Brussels, en dressant le constat suivant : <><>« Il y a quelques années déjà, des géographes ont cartographié la métropole bruxelloise en termes socio-économiques <><>La dernière mise à jour géographique reprend 62 communes<><>La métropole se compose d’un centre ville entouré de banlieues, où sont établies les zones résidentielles et les entreprises <><>Cette zone s’étend sur la majeure partie de l’arrondissement de Hal-Vilvorde et sur une grande partie du Brabant Wallon (…) » <><>L’élargissement de Bruxelles, évident selon toutes les études socio-économiques universitaires récentes, étendue à tout le moins aux six communes à facilités, permettrait assurément un refinancement adéquat des politiques régionales bruxelloises, à l’heure où le Gouvernement bruxellois continue à quémander un refinancement à l’Etat fédéral, et donc indirectement se met en position de demandeur face à une Flandre qui se mue tout doucement en Etat.<><>2. L’avenir de Bruxelles passe par une réforme de ses institutions <><>Bruxelles n’est pas une Région à part entière : on l’a déjà dit et répété. <><>Parce que, d’une part, elle ne dispose de l’autonomie constitutive, cette capacité juridique à organiser et définir la composition et le mode de fonctionnement de son Parlement et de son Gouvernement, comme c’est le cas pour les autres Régions et Communautés du pays, à l’exception de la Communauté germanophone. <><>Parce que, par ailleurs, elle demeure prisonnière à la fois d’une loi de financement mal adaptée et qui la contraint à l’asphyxie financière et à la fois d’un statut institutionnel privilégiant de manière exorbitante la minorité flamande, qui ne représente pourtant qu’à peine 15% de la population de la Région. <><>On peut citer ainsi la parité linguistique au Gouvernement bruxellois, la règle de la double majorité pour la présentation des Ministres au sein de ce Gouvernement, la représentation garantie néerlandophone au Parlement bruxellois (17 sièges sur 89), l’échevin flamand garanti dans les communes, ou encore la règle du bilinguisme du personnel des services locaux bruxellois, règle parfaitement inadaptée à la réalité actuelle en région bruxelloise…. <><>Dès lors, une réforme en profondeur des institutions bruxelloises s’impose non pas pour diminuer les droits de la population néerlandophone de Bruxelles mais pour rétablir au sein de celles-ci un juste équilibre permettant de reconnaître Bruxelles comme une région véritablement autonome et non comme une Région dépendante des deux autres Régions, et plus particulièrement de la Flandre. <><>Michel Colson ==Président du CPAS de Watermael-Boitsfort et de « Vivre chez Soi » ==Président de la section CPAS de l’Association de la Ville et des Communes bruxelloises ==Député régional ==Secrétaire Général du FDF

27.08.2009

LE BUDGET DE LA REGION DE BRUXELLES

La législature 2004-2009 <><>Le gouvernement bruxellois, PS-CDH-ECOLO, issu des élections régionales de juin 2004, a présenté le budget 2005, le premier de la législature 2004-2009, en boni, léger certes : 1,6 million d’euros. Une première depuis la création de la Région bruxelloise en 1989. <><>Que s’est-il donc passé ? « Tous les membres du Gouvernement ont accepté de remettre à plat leur budget pour en extraire le maximum de moyens dont avait convenu qu’ils devaient être mise au service de l’action commune », précise Guy Vanhengel, Open VLD, ministre du Budget. Plain cap sur l’emploi, l’économie, le logement et la mobilité. Et de peaufiner un « Contrat pour l’Economie et l’Emploi », destiné à être le fil conducteur de la politique du Gouvernement bruxellois jusqu’à la fin de la législature. <><>Selon Charles Picqué, PS, ministre-président, « le Contrat d’Avenir n’est pas destiné à réinventer une politique ; il s’agit de mettre à table tous les acteurs sociaux et économiques de la Région ». <><>L’opposition MR est sceptique. Didier Gosuin, député-bourgmestre FDF, et Jacques Simonet, député-bourgmestre MR, décrivent le budget comme une simple adaptation aux normes imposées par l’Union européenne. <><>Les budgets des années suivantes sont de la même veine, marqués par le sous-financement récurrent de la Région <><>La législature 2009-2014 <><>La continuité de l’Olivier : PS-CDH-ECOLO, présidé par Charles Picqué, PS. A la jauge de l’opinion publique. « On est arrivé à ce moment de vérité où on voit les limites et le caractère injuste du mode de fonctionnement de la Région bruxelloise...Il va falloir concilier la rigueur et l’innovation... J’insiste : remettre le problème du financement de Bruxelles tard, le renvoyer à la négociation du « paquet global », c’est faire courir un risque grave à la Région bruxelloise » déclare Charles Picqué, ministre-président reconduit, dans un entretien avec David Coppi et Francis Dubois, journalistes du quotidien Le Soir. <><>Comment la législature se passera-t-elle ? L’ajustement du budget 2009 et le bouclage du budget 2010, premier budget de la législature, sont les tests posés à la solidarité de l'équipe gouvernementale, au sein de laquelle les rapports de force indiquent une présence renforcée du CD&Vlaams et une influence marquante de Ecolo.

19.08.2009

BRUXELLES... AN 979

Naissance de Bruxelles + + +Il y a quelque 1030 ans, des groupes de commerçants venus de France firent halte sur un îlot de la Senne ; ils y installèrent un comptoir. Les paysans flamands vinrent de leurs lointaines campagnes y proposer leurs produits et s’agglomérèrent aux abords de l’îlot St Géry. Bruxelles était née. Dépendante du diocèse de Cambrai (France) et rattachée au monastère de Nivelles, un chemin à travers la warande uccloise et la Forêt de Soignes la reliait à Nivelles. Au fil des siècles, Bruxelles passa sous la coupe des Comtes de Louvain et de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles ; un idiome à consonance germanique s’y imposa. Cela dura jusqu’au 19e siècle, époque à partir de laquelle le français repris le dessus, un retour aux sources. + + D’aucuns ont affirmé que les preuves de l’origine française de Bruxelles se trouvent dans les environs de la cathédrale St Michel où est édifié le bâtiment de la Communauté flamande. Des documents attestant les origines françaises de la Ville de Bruxelles se trouveraient dans les archives de la Ville. Il est toutefois surprenant que des chercheurs historiens ne se penchent pas sur les origines controversées de la Ville de Bruxelles. + + + Création de la Région de Bruxelles + + +La Région de Bruxelles fut enfantée dans la douleur. Wallons et Flamands s’opposèrent d’abord à sa création, plus particulièrement du côté flamand. Les instances politiques passèrent dès lors par un stade intermédiaire : la mise en place en juillet 1971 d’un organisme unique pour les 19 communes : l’Agglomération bruxelloise sous la présidence du Professeur André Lagasse. Ses compétences portèrent sur l’aménagement du territoire, les transports, la sécurité, la propreté publique, la santé, l’économique... Elle durera jusqu’au 12 janvier 1989, date à laquelle fut créée la Région de Bruxelles-Capitale au prix d’un douloureux compromis : limitation du territoire aux 19 communes, non-autonomie institutionnelle, possibilité au Fédéral de lever le droit de suspendre les ordonnances bruxelloises qui porteraient atteinte au caractère de capitale du pays. Le tout dans un cadre de sous-financement et de « veto » du groupe linguistique flamand. + + + Son fonctionnement + + + Dès la naissance de la Région de Bruxelles, son fonctionnement a été contrarié par la Flandre sous les prétextes les plus divers... Une politique délibérée de pourrissement menée par la Flandre pour intégrer Bruxelles dans son territoire. + + Une des faiblesses de Bruxelles souligne Joëlle Milquet, présidente du CDH, Vice-Première ministre, « c’est que l’on trouve rarement du personnel politique flamand qui soit réellement bruxellois. Ils sont Flamands et ils viennent avec les thèses de la Flandre ». + + Et les Flamands ont le toupet d’affirmer, de seriner que Bruxelles est mal gouvernée, que tout ce qu’elle fait est un échec ; ils critiquent tout ce qu’elle fait. Ils se disent d’abord Flamands et militent pour une intégration totale de Bruxelles en Flandre. + +Pascal Smet, SP.A, socialiste flamand, ministre bruxellois de la mobilité : « Le tourisme, c’est un désastre. Bruxelles n’est pas capable de se donner une image... L’année de la mode à Bruxelles est un échec total... Il faut refinancer ; il faut mettre de l’ordre à l’intérieur... De meilleurs répartitions de compétences... ». + +Guy Vanhengel, Open VLD, libéral flamand, ministre bruxellois des Finances : « On devrait pouvoir améliorer notre système, tant au niveau de l’organisation interne que de nos relations avec les autres entités... » + + Brigitte Grouwels, CD&V, sociale-chrétienne flamande, secrétaire d’Etat bruxelloise : « Dans la Constitution, Bruxelles est une Région, mais pas comme les deux autres. C’est une capitale bilingue de la Belgique ; elle a certaines responsabilités... Elle doit aussi développer son rôle de capitale des Communautés... Mon schéma idéal a toujours été une fusion des dix-neuf communes avec, en même temps, une décentralisation vers des quartiers... ». + + + Sa vie culturelle + + +La vie culturelle à Bruxelles passe entre les mains de la Flandre. C’est ainsi que l’association, dénommée Asbl Flagey, qui s’est installée dans les anciens bâtiments de la radio et de la télévision de la place Flagey, est composée majoritairement de Flamands. Ils disposent d’une majorité de sept voix. + + A la Communauté française, on justifie la résignation comme on peut : « On dispose d’une majorité de blocage et on affirme que les administrateurs, représentant les deux Communautés, ne sont pas des extrémistes et des provocateurs ». Allons, donc ! Qui sont Vic Anciaux, Spirit, ancien ministre bruxellois de la Mobilité, et Eric Antonis, CD&V, ancien échevin de la Culture de Antwerpen ? Des repentis ? Voire !

14.11.2007

TROP DE FONCTIONNAIRES ...

Michel LEGRAND, Gerfa - . Dans un éditorial au Magazine n° 251, novembre 2007, est pour le moins amer : « … Car déclarer tout de go le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ou sur trois est bien une position imbécile qui ne tient pas compte des exigences de la société et de son évolution. En fait le slogan du non-remplacement poursuit un double but : d’une part, trouver des marges financières dans des budgets toujours plus étriqués et, d’autre part, montrer aux citoyens que l’Etat employeur prend des mesures radicales à l’instar d’une société privée en restructuration… Pourtant, il est tout à fait possible de porter le fer dans les dépenses de personnel et de fonctionnement de la fonction publique. Il suffit pour ce faire de prendre l’initiative dans trois domaines précis. D’abord au niveau des cabinets, il s’impose de revenir dans un premier temps à des critères clairs et précis sur le nombre d’agents qui y sont affectés et les indemnités qui leur sont allouées…Ensuite, c’est au niveau des traitements des « top managers » et de leurs frais de fonctionnement qu’il faut porter le fer…Enfin, il faut s’interroger sur les multiples bidules que le gouvernement fédéral (les gouvernements régionaux et communautaires ne sont pas en reste) a créé, commissions et centres divers qui assument des missions qui ne devraient pas en principe être dévolues à des services publics payés par la collectivité… ». L’éditorialiste souligne : «… Et pourtant, la question devra être posée, que ce soit au niveau de l’Etat fédéral ou dans les entités francophones. Dans le classement du Forum économique mondial sur la compétitivité, la Belgique se retrouve à la vingtième place ; parmi les critères très pénalisants figurent la fiscalité (130ème sur 131) et les charges sur le travail (124ème sur 131) qui atteignent un niveau particulièrement élevé en Belgique et qui servent à entretenir un appareil d’Etat particulièrement gourmand en frais de fonctionnement… Aborder le problème par le nombre de fonctionnaires ne conduit qu’à une impasse, permet d’occulter les vrais surcoûts et de maintenir l’infrastructure de l’Etat partisan. »