15.09.2011

BHV : ACCORD EQUILIBRE !

 

Vous avez dit « accord équilibré » ! Bof ! Une victoire des Flamands dans le cadre de leur stratégie. Une capitulation des Francophones, une de plus ! C’est cela la vérité. Guy Spitaels, PS, ancien ministre-président de la Région wallonne, rappelait très justement : « Le nationalisme flamand est bien ancré. Il est porté tantôt avec virulence, et haine, par certains, tantôt avec un louvoiement prudent par d’autres, mais il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais ».

N’écoutons pas la voix des politiciens ; ils ne défendent que l’intérêt de leur parti ! Ecoutons la voix d’experts extérieurs au monde politique proprement dit.

* Vincent de Coorebyter, directeur général du CRISP, Centre de Recherche et d’information socio-politiques, interrogé par William Bourton, journaliste, attaché au quotidien Le Soir (Le Soir du jeudi 15 septembre 2011) : « La scission de BHV est incontestablement une concession francophone et une victoire flamande ». « La véritable victoire pour les Francophones aurait été qu’il n’y ait plus les occasions de conflits que l’on a connues : c’est-à-dire cette interprétation ultra-restrictive des facilités que le gouvernement flamand a adoptée en 1997-98… Ce qui n’est pas normal c’est que les compétences des communes ou de Communauté peuvent exercer en théorie, ces compétences ne parviennent pas à s’exercer dans des conditions de sérénité et de liberté complètes ».

* Carl Devos, politologue à l’Université de Gand, interrogé par Olivier Mouton, journaliste au quotidien Le Soir (Le Soir du jeudi 15 septembre 2011) : « Je pense que c’est un accord équilibré… Pour les Flamands, c’est un acquis essentiel. Il y a des compensations, c’était inévitable… Ce n’est pas très impressionnant pour le FDF…

* Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef au quotidien Le Soir (Le Soir du jeudi 15 septembre 2011) : « Historique ? Historique ! … C’est une évidence, les Francophones ont fait des concessions majeures pour satisfaire les demandes flamandes… La facture est lourde pour les Francophones qui vivent dans la périphérie hors des six communes à facilités … Di Rupo et les « siens » ont en fait, primo, sauvé – à ce stade – le pays de l’implosion et, secundo, tenté de préserver au maximum les intérêts francophones, dans la perspective de la prochaine demande de réforme flamande, dont personne ne doute qu’elle est au bout du chemin… ».

 

Et le bout du chemin, ce sera Bruxelles. La prophétie de Guy Spitaels s’accomplira. : « Le Mouvement flamand ne s’arrête jamais ».

GUY SPITAELS : "JE NE M'INVESTIS PLUS DANS LA BELGIQUE"

 

Guy Spitaels, ancien vice-Premier ministre, ancien ministre-président de la Région wallonne, professeur émérite de l’ULB, surnommé « Dieu », s’est épanché dans une interview accordée à Béatrice Delvaux, directrice au quotidien Le Soir, et publiée dans l’édition du quotidien des samedi et dimanche 10-11 septembre 2011.

Il confesse : «… Je ne m’investis plus affectivement depuis longtemps dans la Belgique. Je vois bien tous les avantages matériels que nous en avons. Mais cela ne suffit pas. Il faut avancer. Il faut aimer son pays pour qu’il ait une existence…J’ai essayé de servir la Belgique comme vice-Premier. Mais y suis-je affectivement attaché ? Je ne cherche pas de subterfuge : ma réponse est non… ».

Il doute d’un rattachement à la France : «… C’est une solution défendable, dit-il. Mais si on consultait la population wallonne sur cette éventualité, il n’y aurait jamais de majorité. Ni le Brabant wallon, ni les Luxembourgeois, ni les Cantons de l’Est ne seraient pour, ce serait très douteux aussi pour les Namurois… ».

Il lève un voile du contrôle exercé par la Flandre sur la Wallonie, protectorat flamand. « Je me rappelle, souligne-t-il, un investissement possible en Hainaut occidental qui fut refusé par un ministre flamand parce qu’il menaçait des emplois chez Bell au Nord. J’ai connu la Flandre rouleau compresseur ; je ne me crois pas d’une essence supérieure, mais je n’accepte pas qu’on soit traité comme cela… ».

Il invite les Francophones à cesser de faire des concessions. « … Je suis très rétif au discours « Cédez ceci ou cela, sinon cela sera la catastrophe. On va perdre 15 % de notre bien-être ». Mais non ! Ca va recommencer dans un an et demi. Vous achetez l’armistice pour 18 mois : c’est non !... Il n’y a aucune solution dans le fait de céder toujours. Vivre ensemble oui, mais avec des efforts des deux côtés … ».

Il évoque une liaison possible entre Bruxelles et la Wallonie. « … Ce n’est pas mettre de l’huile sur le feu, soutient-il, que de demander qu’il y ait une liaison physique entre Bruxelles et la Wallonie. C’est censé ! Qu’est-ce que cela peut faire de donner 300 m sur 3 km ? En quoi est-ce une provocation si de l’autre côté on est réglo ? Il ne faut même pas 300 m, deux bornes suffisent. Stopper la tache d’huile francophone en Flandre, je peux comprendre mais il faut des choses en échange… ».

16.11.2007

LES POLITICIENS VOUS PARLENT ...

République frnçaise • Marie ARENA, PS, ministre-présidente de la Communauté française - : … Cette proposition (Ndlr : prêt d’argent par la Flandre pour construire des écoles) ressemble à la version moderne du Baiser de Judas… C’est une grave erreur de penser que les francophones seraient prêts à brader la Belgique contre de l’argent … Notre budget est sain, en équilibre, et permet d’investir des actions concrètes, notamment pour les bâtiments scolaires…• Guy SPITAELS, ancien ministre-président de la Région wallonne, au journal télévisé de la RTBF du 14 juin 2007 - : … Si je peux dire les choses crûment, j’ai l’impression que les dirigeants politiques flamands ne nous aiment pas et que donc il ne faut pas mettre sa tête dans le sable, ça ira toujours un peu plus loin et je ne suis pas tellement partisan de la politique défensive ; je crois qu’il y a un moment où il y a un peuple wallon qui ne sait pas pourquoi il mérite ce mépris et qu’il faut essayer de le galvaniser en lui disant « mais pas du tout », il peut faire aussi bien que les autres… Et donc pas trop d’hésitation ou de politesse à des partenaires qui ne nous feront aucun cadeau…• Bart DE WEVER, CD&V-N.VA, président de la N-VA - : … Si ce pays doit continuer à exister, ceux (Ndlr : les négociateurs MR et CDH) qui appellent le plus fortement de leurs vœux la persistance de l’Etat belge doivent prendre leurs responsabilités pour une réforme de l’Etat… (Traduisez : le MR et le CDH doivent plier le genou – Une nouvelle humiliation)…• Olivier MAINGAIN, MR, député-bourgmestre, président du FDF - : … Le MR dit non à la scission de BHV… Vous serez Bruxellois plus vite que vous ne le pensez (Ndlr : meeting électoral mai 2007 à Rhode-St-Genèse) …• Brigitte GROUWELS, CD&V, ministre flamande bruxelloise , dans Knack - : …S’il y a de vrais séparatistes en Belgique, ce ne sont pas les partis flamands ou wallons, ce sont les Bruxellois francophones qui veulent faire de Bruxelles une ville francophone pure… • Elio DI RUPO, député-bourgmestre, président du PS, - : … Si, chaque fois qu’un problème se pose, on régionalise pour le résoudre, alors ce sera la fin de la Belgique. Mais cela, aucun des représentants politiques flamands n’a le courage de le dire publiquement.• Paul-Henry GENDEBIEN, président du RWF – « … Les Wallons et les Bruxellois ont besoin de sécurité économique et de grandeur. Ce double besoin, où peut-on l’assouvir ? Dans la France… • André ANTOINE, CDH, vice-président du Gouvernement wallon - :… Nous n’accepterons plus le moindre diktat du CD&V . Sur le plan communautaire, nous sommes aux antipodes de leurs thèses et on ne transigera pas. Par contre, sur le plan de l’éthique, de la justice ou de la politique économique, nous pouvons nous retrouver…• Patrick DEWAEL, Open VLD, vice-premier ministre et ministre fédéral de l’Intérieur - : … La circonscription fédérale doit être envisagée dans une vision globale d’une nouvelle réforme de l’Etat et de l’avenir du pays… (Ndlr, traduisez : énucléer le Fédéral de sa substance au profit des communautés et mutation du fédéralisme vers le confédéralisme)• Didier REYNDERS, PRL, vice-premier ministre et ministre fédéral des Finances, président du MR - :… La logique à l’œuvre en Belgique est celle d’une confédération… L’enjeu est d’apprendre à faire vivre ensemble des gens qui se meuvent déjà dans des univers différents. Et c’est cela qui nous semble encore possible (Ndlr, traduisez : une Belgique confédérale, sous dominance de la Flandre et un PS définitivement écrasé en Wallonie)…• Paul-Henry GENDEBIEN, président du RWF - : … Au moment de la crise finale de l’Etat belge, les Wallons et les Bruxellois doivent se présenter à l’occasion d’une négociation avec la République française comme un peuple en deux régions : la Wallonie d’une part, et Bruxelles, une grande ville francophone et wallonne, d’autre part. Les Bruxellois devront à un moment donné choisir le camp wallon…