11.04.2008

IL FAUT UN EQUILIBRE INSTITUTIONNEL...

Une de nos connaissances nous fait parvenir un éditorial du De Standaard du 02 décembre 2007 signé par Peter Vandermeersch ; la particularité de cet éditorial c’est qu’il souligne la perception d’un changement des mentalités en Flandre. Ce qui pendant des années a été déclaré « onbespreekbaar », terme qui a « tétanisé » nombre de francophones, devient maintenant « moet bespreekbaar zijn ». Il conserve toute sa pertinence.==Nous traduisons … Après près de six mois, nous ne sommes nulle part ! L’impasse politique a rarement été telle. Etaient-ce des mois inutiles ? Non. Dans quelques années, il se révélera sans doute que cette demi-année écoulée était l’une des plus intéressantes de notre histoire nationale contemporaine. ==La conclusion la plus importante de cette guerre des nerfs politique est qu’on ne parviendra pas à former un gouvernement fédéral sans un débat en profondeur sur la réforme de l’Etat. Il doit être clair pour tout le monde qu’on n’arrivera à rien sans des accords à grande échelle sur les nouveaux équilibres de ce pays. ==Si ce pays veut garantir le bien-être de ses concitoyens – en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles -, il faudra s’engager, parallèlement à la formation d’un gouvernement (d’urgence) socio-économique, sur un vaste accord portant sur la réforme de la Belgique. Nombre de tabous historiques et de considérations tactiques devront être mis de côté. L’agenda de l « conférence nationale » à laquelle les trois grandes familles devront participer ne devra pas avoir d’exclusives.==L’autonomie fiscale, une circonscription fédérale, la régionalisation de la sécurité sociale, la refédéralisation de certaines compétences, la synchronisation des scrutins, l’élargissement de Bruxelles et tant d’autres dossiers à risque doivent pouvoir être discutés.==Les Flamands qui sont autour de la table devront clairement montrer que la survie de la Belgique n’y sera pas discutée. Une aventure séparatiste n’est pas une option. Les francophones devront clairement montrer qu’un « non » sans contenu n’est pas une option pour atteindre de nouveaux équilibres. Un statu quo insensé n’est pas non plus une option. ==Politique-fiction ? Non. Tant l’Open VLD (Somers) que le PS (Di Rupo) ont plaidé ces derniers jours pour un « nouvel équilibre institutionnel ». Les réponses positives du MR (Reynders) et du CD&V/N-VA (Vandeurzen et De Wever) aux questions de Leterme sur un agenda ouvert pour la Convention laissent entrevoir que les hommes d’Etat nécessaires sont là. ==.Parce que c’est là le problème dans cette crise : des hommes politiques du nord et du sud, au pouvoir et dans l’opposition, qui placent l’intérêt de la nation et de ses citoyens au-dessus de leurs propres intérêts et de ceux de leurs partis. C’est aussi sur ce point que ce journal règlera ses comptes avec les leaders des différents partis….

05.09.2007

APOPHTEGME

• Pieter DE CREM, président du CD&V, député. – La frontière linguistique et la délimitation de Bruxelles ont été fixées et confirmées au moins vingt fois lors des réformes de l’Etat ; et toujours par une majorité des deux tiers pour lesquelles les élus francophones ont fourni leurs votes.• Olivier MAINGAIN président du FDF, député. – Scinder l’arrondissement (Ndlr l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde) comme le veulent les Flamands, ce serait enfermer Bruxelles en Flandre définitivement, faire de la frontière linguistique de 1963 une frontière d’Etat. Tôt ou tard, Bruxelles se trouverait sous la tutelle de la Flandre. C’est écrit… Scinder BHV, c’est un danger que l’on ne peut courir. Nous, Francophones, réclamons dès lors l’élargissement de Bruxelles afin qu’il y ait un lien avec la Wallonie, entre les Francophones… On ne peut pas faire confiance aux autorités flamandes…• Philippe MARKIEWICZ, président du Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique (CCOJB). – L’importance que la Communauté juive de Belgique attache à l’unité dans la diversité de la Belgique, notre pays… Ce n’est pas dans l’aventure du séparatisme que l’avenir des citoyens belges réside mais bien dans une meilleure connaissance des cultures, valeurs et des langues de toutes les régions du pays. C’est la volonté d’harmonie et de progrès qui doit prévaloir.• Rudy DEMOTTE, PS, ministre-président de la Région wallonne. – Les Régions existent. C’est un fait. Les socialistes restent attachés au fait régional, mais tout autant à la relation intelligente entre les Régions, notamment entre la Wallonie et Bruxelles, où réside le peuple francophone… Je veux une Wallonie moderne, générant de la richesse… Je serai celui qui secouera le cocotier. Et qui dira à tous : voilà, tous les outils sont là, prenez votre place dans la chaîne de production.• Antoinette SPAAK, FDF, ministre d’Etat à propos de la crise gouvernementale. – La situation est grave, très grave. Il n’y a pas de désir d’un projet politique commun. Le CD&V, qui est resté sept ans dans l’opposition, a perdu ses relais… Je suis perplexe : la Belgique va-t-elle résister aux poussées nationalistes toujours plus grandes de la Flandre ?• André ANTOINE, CDH, vice-président du gouvernement wallon. – Il y a une bonne connivence entre humanistes et socialistes, entre les hommes. Les objectifs sont fixés, les budgets sont décidés, les réformes sont avancées. Et nous sommes, pour le dire vulgairement, condamnés à réussir ensemble. C’est le meilleur serment.• Jean-Luc DEHAENE, CD&V, ancien bourgmestre de Vilvorde. – Je constate qu’une nouvelle génération d’hommes politiques en Flandre ne parlent plus le français. Bientôt nos négociations gouvernementales se dérouleront en anglais !• Claude THAYSE, RWF, maître de conférences à l’ULB. – L’indépendance flamande étant inscrite dans les astres, les négociateurs francophones ont raison de refuser de discuter la scission de BHV. C’est le seul atout francophone qu’il serait stupide de galvauder dans le dernier quart d’heure… De plus en plus de citoyens parlent maintenant ouvertement de divorce. Ils ont raison de divorcer mais pourquoi faire ensuite ?• Charles PICQUE, PS, ministre-président de la Région de Bruxelles. – La cogestion de Bruxelles, c’est un vieux rêve de certains au Nord du pays… Entrer dans une stratégie de cogestion équivaudrait à faire de Bruxelles un appendice flamand…• Jules GHEUDE, écrivain. – Il y a en Flandre, par-dessus les frontières des partis, un sentiment profond d’appartenance collective. Au fil des décennies, ce sentiment s’est fortifié pour déboucher sur le concept de Nation. Aujourd’hui, cette Nation flamande existe… Un peuple, un territoire, une langue.• Joëlle MILQUET, présidente du CDH, députée-échevine. La Belgique est dans l’impasse… Les Francophones doivent être respectés.

15:48 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : scission, bhv, bruxelles, impasse, separatisme |  Facebook |