20.11.2009

PAUVRE WALLONIE, S'EXCLAME JULES GHEUDE...

… Dans un courrier au quotidien Le Soir du mardi 17 novembre 2009. Et de citer Charles de Gaulle : « Dire la vérité au peuple ». <><>Jules Gheude relève les propos alarmants de quelques personnalités et organisations wallonnes. Notamment : <><>• Pierre Pestieau, professeur de l’ULg : « Je pense à l’emploi, la santé, l’éducation, la précarité, l’environnement… Je m’aperçois que, sur tous ces points, cela n’a guère changé en dix ans… Un manque de professionnalisme dans la politique économique ». <><>• Jacques Thisse, professeur de l’UCL : « Depuis 27 ans, il ne se passe rien en Wallonie… Les politiques wallons ne comprennent rien à l’économie ». <><>• Pour 27 experts issus des mondes académique et entrepreneurial, les « spin-off ne jouent pas le rôle espéré dans la reconversion de la Wallonie et qu’un tiers d’entre elles n’ont aucun potentiel ». <><>• Pour l’Union wallonne des Entreprises, « cela fait plus de cinq ans que l’on discute de l’opportunité d’introduire un facturier d’entrée dans les administrations, qui leur permettrait simplement de savoir… quand une facture est entrée et doit dès lors être payée ». <><>Invraisemblable. Oui, Jules Gheude vous avez raison de vous exclamer : Pauvre Wallonie !

10.06.2009

LE GOUT DU COMMENTAIRE EN PARTAGE...

la question de la Ligue wallonne de Bruxelles : "La Wallonie est-elle sur la voie du renouveau ? Vat-elle retrouver sa grandeur dans les années 2010 en s'appuyant sur le Plan Marshall ? " + + + La réflexion de Jean-Luc ROBERT, échevin des Finances d'Etterbeek, 1040 Etterbeek - Non, assurément non, la Wallonie n'est pas sur la voie du renouveau. Le plan Marshall est basé sur des préceptes erronés. Il ne contient que quelques mots sur Bruxelles alors que selon le professeur d'économie Jacques Thisse, la Wallonie se développe actuellement sur l'axe Bruxelles-Luxembourg. Ignorer, dans un tel plan, une donnée aussi essentielle me semble de nature à le vicier fondamentalement. + + + Le plan Marshall comporte certes un volet relatif à la recherche scientifique mais est-ce suffisant ? Il importait de concocter ce plan en collaboration avec la Communauté française compétente tant pour l'enseignement que pour les universités. Cela n'a pas été le cas et c'était une erreur. Tant que les Wallons ne retrouveront pas l'esprit d'entreprendre et le goût du travail, je crains qu'aucun plan ne pourra sortir la Wallonie de l'ornière. + + + Je lisais, il y a peu, un opuscule sur le patrimoine wallon. Une des premières lignes était libellée comme suit:"La Wallonie est avant tout terre de luttes ouvrières...". D'abord, si c'est peut-être le cas pour le bassin Liège-Charleroi, c'est cependant tout à fait faux pour mes Ardennes et pour d'autres contrées. Imaginez un peu la réaction de l'investisseur étranger qui consulte ce document. L'effet est pour le moins dévastateur! + + + J'ai visité récemment les Ardennes françaises. Je ne m'y étais encore jamais rendu et m'attendais à découvrir une région sinistrée. Ce fut tout le contraire. Indépendamment du fait que cette région est très belle, on y voit beaucoup plus d'entreprises qu'en Wallonie, exception faite du Brabant wallon. Dans des villes comme Charleville-Mézières, Sedan ou Verdun, on y trouve de nombreux commerces de luxe. Je n'en ai jamais vu de pareils à Dinant ou à Verviers! + + + La Wallonie est une des régions les plus pauvres d'Europe et si elle ne remonte pas dans les classements. Elle est actuellement en concurrence avec des régions d'Europe centale. Tout cela me désole. + + + Jean-Luc ROBERT = = Echevin des finances d'Etterbeek

14.01.2009

BHV : HET CAROUSSEL DRAAIT...

C’est reparti pour un nouveau tour de manège ! Le Parlement wallon votera à l’unanimité, ce mercredi 14 janvier, le lancement d’une procédure de conflit d’intérêt. BHV le retour au frigo ! Que reste-t-il de l’arrêt 73/2003 de la Cour constitutionnelle sur BHV qui oblige le législateur à adapter la législation électorale ? Les députés se concertent, annonce-t-on, pour trouver une solution « négociée » au dossier ! Une « solution négociée », qu’est-ce à dire ? Une très profonde reculade ? La déroute francophone ? = = Voyons ce que deux professeurs d’université pensent du problème BHV. = = Alain Verbeke, professeur ordinaire aux universités de Leuven et de Tilburg, Visiting Professor of Law à Harvard, avocat au barreau de Bruxelles, a son idée là-dessus : se mettre à l’anglais ! Il précise : « … Dans le monde du commerce, de l’industrie, du tourisme, de la culture, de la recherche et même dans l’enseignement universitaire, il existe une langue qui nous réunirait tous, néerlandophones, francophones, européens et citoyens du monde. Beaucoup d’entre nous utilisent déjà cette lingua franca internationale dans leur milieu professionnel. Il s’agit de l’anglais. Avec l’anglais comme seconde langue, nous pourrions mettre un terme à la problématique BHV, à nos problèmes linguistiques d’une manière générale et tous autant que nous sommes, nous en sentir mieux… Fini le complexe d’infériorité du néerlandais. Finie la supériorité du français. L’anglais deviendrait notre langue commune, le lien entre les Flamands et les Wallons. Nous pourrions nous parler et nous comprendre. Enfin ».Jacques Thisse, professeur d’économie à l’UCL, a une autre idée : l’étalement urbain, la communauté urbaine. Il précise : « … En se fondant sur les travaux de géographes flamands et francophones, il est possible de délimiter une communauté urbaine dont les limites seraient bien plus larges que celles des dix-neuf communes. Elle comprendrait des communes flamandes, mais aussi wallonnes. Cette communauté aurait des compétences bien définies et des modalités de financement propres… Il souligne qu’ « il est possible d’assurer une continuité territoriale entre la Wallonie et Bruxelles sans rattacher de communes flamandes à Bruxelles. Il suffit de « redessiner » les frontières d’une ou deux communes flamandes ».Les ukases politiques, nordiques et sudistes, voient le problème BHV sous l’angle nationaliste. Une formule aux contours plus alambiqués. Les contacts, à la sauce bilatérale, pris en juin 2008 par les deux démineurs, Armand De Decker, président du Sénat et par Herman Van Rompuy, président de la Chambre des Représentants, feront-ils sortir d’un haut de forme un lapin aux oreilles bien pointues. Il semble que Armand De Decker ait sa « petite idée ». A Herman Van Rompuy, devenu depuis lors Premier ministre, à avoir la sienne : le fruit d’une synthèse, le fruit d’une solution négociée…une réponse équitable ( ?) à l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui demande qu’il soit mis fin à la discrimination entre les électeurs du Brabant flamand, ceux de l’arrondissement de Hal-Vilvorde et ceux de l’arrondissement de Leuven.Pour l’heure, la Flandre est piquée au vif par le lancement d’une nouvelle procédure de conflit d’intérêt avant qu’elle ne se prononce sur la scission de BHV. Sa réplique ne s’est pas fait attendre ; des associations flamandes ont annoncé qu’elles inviteront leurs adhérents à ne pas siéger dans des bureaux de vote le 7 juin prochain si BHV n’est pas scindé ! Certaines d’entre elles inviteront les bourgmestres du Brabant flamand à boycotter les élections. Le ministre de l’Intérieur flamand Marino Keulen, Open VLD, famille libérale, les appuie indirectement en annonçant qu’il ne les sanctionnera pas ! Une forme de rébellion !Les partis francophones vont-ils porter le problème au niveau fédéral ? Les ministres du PS, du MR, du CDH interviendront-ils au Kern ? Ne serait-ce pas le moment pour eux de faire taire leurs divisions internes et externes ? Travailleront-ils avec une vision de l’avenir de leur Communauté française ? Mettront-ils, une fois de plus un genou par terre au nom des intérêts du clan ?Les citoyens sont en plein désarroi. Ils ne savent plus que penser ; ils doutent. La confiance s’envole. Au départ, c’était : « Pas de scission de BHV sans élargissement de Bruxelles ». Puis, un début de reculade « stratégique » ( ?) : « Pas de scission pure et simple de BHV sans élargissement de Bruxelles ». Puis, une nouvelle et profonde reculade : « Une solution négociée du problème BHV. Puis, … la trappe ! BHV est scindé et Bruxelles ouvre ses portes au nationalisme flamand.

30.11.2007

FRANCOPHONES PARLENT AUX FRANCOPHONES...

Florilège de déclarations et de réactions… - • Rudy DEMOTTE, PS, ministre-président de la Région wallonne - : Depuis que j’ai pris mes fonctions, je l’ai dit : les Wallons doivent être conscients du fait que leur avenir dépend d’eux-mêmes. -• Béatrice DELVAUX, rédactrice en chef du quotidien Le Soir - : Et si on arrêtait le poker menteur ? (…) Le ver est dans l’Orange bleue depuis le départ et il a pour nom « cartel CD&V-N.VA ». Ce cartel n’a pas comme priorité un gouvernement fédéral, un projet socio-économique pour la Belgique. Non, il a un slogan : la réforme de l’Etat, et tout le reste n’est qu’habillage. Un slogan à géométrie non variable puisque la N.VA, qui tient le CD&V dans le creux de sa main, ne veut d’une réforme que si elle rime avec la destruction de l’Etat fédéral (…) Car il est hors de question que les francophones se compromettent dans cette déconstruction larvée de l’Etat belge pour préserver une Orange bleue qui n’est plus aujourd’hui un projet, mais un acharnement. Pathétique et grotesque. - • Pierre BOUILLON, journaliste, édito du quotidien Le Soir du mercredi 27 novembre 2007. La N.VA a tout le temps - : (….) Son idéal est la fondation d’une République flamande. Voilà son cap. Voilà l’objectif premier (on peut dire : unique…) de son état-major, de sa base militante et de son électorat. Un parti traditionnel (disons : généraliste) a hâte de gouverner, d’imprimer sa marque dans la gestion de l’Etat. Gouverner n’intéresse pas la N.VA. Le cadre fédéral ne l’intéresse pas. Et avoir, un, deux, dix ministres ne l’intéresse pas. La négociation du moment n’est qu’une opportunité, un levier pour établir le menu de la sixième réforme de l’Etat. (…) L temps passe ? Le temps presse ? A l’été, Bart De Wever déclarait que chaque jour qui passe augmente le nombre de séparatistes en Flandre… (Ndlr : Pourquoi, diable, le MR et surtout le CDH s’accrochent-ils ? Pourquoi ne quittent-ils pas la table des négociations ?) -• Jacques THISSE, professeur à l’UCL - : (…) Qui, parmi nos élus, a le courage de dire aux Francophones que, si l’on régionalise une partie seulement de ce que demande la Flandre, leur pouvoir d’achat va baisser ? C’est la raison pour laquelle nous devons accélérer les réformes économiques et politiques nécessaires pour devenir plus performants. Personnellement, j’ai très peur d’une réaction aux extrêmes, à gauche comme à droite. Il faut avoir le courage de dire clairement à nos concitoyens ce qui les attend. - • Jules GHEUDE, essayiste politique, carte blanche publiée dans le journal Le Soir du mercredi 21 novembre 2007 - : (…) Sans doute, le vote flamand intervenu, le 7 novembre, en commission de l’intérieur de la Chambre, constitue-t-il une gifle monumentale assénée aux francophones. Mais il s’inscrit dans un processus logique de rupture. La Flandre saisit, en effet, la moindre occasion de progresser sur la voie de son indépendance. La scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde est le dernier volet qui devrait permettre d’assurer l’homogénéité linguistique totale de son territoire. La Nation flamande pourrait ainsi prendre son envol, au départ des trois ingrédients classiques : un peuple, un territoire, une langue (…) Face à cela, les partis francophones offrent le lamentable et ubuesque spectacle de leur désunion. Censés faire partie de cette Orange bleue qui se refuse à prendre forme, MR et CDH sont plus que jamais à couteaux tirés. - • Laurence MANDSCHAU et Sarah SEPULCHRE, assistantes au département de communication de l’UCL, constatent une radicalisation du ton : (…) On est passé du « Il faut qu’on se connaisse mieux entre Flamands et francophones » ou « Cela irait mieux si les francophones apprenaient davantage le néerlandais » au « Séparons-nous et occupons-nous des vrais problèmes ». On est passé de la métaphore de la conciliation à celle du divorce. (…) Deux tendances émergent de plus en plus : le radicalisme et le fatalisme. Les témoignages deviennent plus irrités et parfois violents. - • François-Xavier de DONNEA, MR, député fédéral - : (…) Le MR n’est plus prêt à faire des concessions ; c’est au CD&V à mettre de l’ordre dans ses affaires (…) Nous ne bougerons plus d’un centimètre…

27.11.2007

AVOIR LE COURAGE DE DIRE CLAIREMENT...

Lignes de réflexions puisées dans l’entretien de Jacques THISSE, professeur à l’UCL, avec le journaliste Dominique Berns, journal Le Soir du 26 novembre 2007 - Economie - (…) Il nous semble urgent de penser l’économie wallonne en interaction avec Bruxelles … - Il faut envisager un espace économique francophone… - Il faut arrêter de prendre ses rêves pour la réalité. La Wallonie n’est pas économiquement homogène et ne le sera pas. Elle a un axe de développement Bruxelles/Louvain-la-Neuve/Namur et un axe de reconversion Charleroi/Liège. - Donc, deux manières très différentes de penser les problèmes et leurs solutions. - Enseignement - (…) Il faut un Plan Marshall pour l’enseignement à négocier avec les enseignants… - Il faut revaloriser le travail et l’effort. On ne va pas à l’école pour se distraire, mais pour apprendre… - Il faut donner une solide formation de base en mathématique, en français et dans une langue étrangère… - Il faut oser remettre en cause la multiplicité des réseaux… - Il faut rationaliser. L’enseignement officiel doit montrer l’exemple… - Il faut une rupture : changer les règles du jeu, remobiliser les enseignants et mettre les parents devant les responsabilités… - Gouvernance -(…) Il faut améliorer la gouvernance en général, en d’autres termes, améliorer l’efficacité non seulement des administrations, mais de toutes les institutions qui fonctionnent avec de l’argent public : pararégionaux, intercommunales… - Il faut d’urgence développer une culture de l’évaluation… - Il faut déléguer le micro-management, la gestion au jour le jour, soit à l’administration, soit à des sociétés anonymes. Une simplification drastique des procédures administratives… -Le Plan Marshall est bien pensé et structuré. Il en sortira quelque chose. Mais, il faut aller plus loin et plus vite… -Conclusion : Avoir le courage de le dire… -(…) Qui, parmi nos élus, a le courage de dire aux Francophones que, si l’on régionalise une partie seulement de ce que demande la Flandre leur pouvoir d’achat va baisser ? C’est la raison pour laquelle nous devons accélérer les réformes économiques et politiques nécessaires pour devenir plus performants. Personnellement, j’ai très peur d’une réaction aux extrêmes, à gauche comme à droite. Il faut avoir le courage de dire clairement à nos concitoyens ce qui les attend.