11.03.2008

LA FLANDRE FASCISANTE ? ...

La Trahison des Clercs... +++Dans un billet transmis à la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles, Monsieur Guy Massenaux rappelle la prophétie de l'écrivain français Julien Benda, qui décrivait dans son livre "La Trahison des Clercs", peu avant 1930, des mouvements fascisants ou déjà fascistes, de son époque, et les partis communisants d'alors. ++On pourrait penser, souligne Guy Massenaux, que cet état d'esprit, qui magnifiait la race, la classe et même la nation, avait pratiquement disparu de nos sociétés occidentales depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. En effet, les puissances de l'Axe ont été défaites ; puis on a vu, notamment, la disparition du franquisme et la chute du communisme… Il se demande s'il en est bien ainsi partout, et notamment en Flandre. Cette région ne serait-elle pas encore affligée par cette forme d'idéologie d'avant-guerre, décrite et décriée par J. Benda.En lisant les analyses de l'écrivain, je ne puis empêcher, s'exclame-t-il, que ne se surimprime dans mon esprit l'image actuelle de la Flandre triomphante et arrogante. On y retrouve même l'attitude nationaliste du clergé. Car il est un fait aussi que tant de mouvements flamands ont, c'est le moins qu'on puisse dire, flirté avec les idéologies fascisantes des années trente et quarante. Je me demande si la Flandre s'en est vraiment épurée et en a abandonné les paramètres idéologiques. J'en doute. ++Certes, elle ne base pas ses outrances sur la classe ou la race. Mais la langue, avec laquelle s'identifie à présent la nation flamande, n'est-elle pas devenue l'objet de sa passion exclusive ?… Indéniablement, la passion politique centrée sur la langue a contaminé toute la société flamande ; elle y est devenue bien plus qu'un vecteur de redressement de certains torts dépassés. La Flandre reste animée en droite ligne par le type d'idées et de conceptions de l'entre-deux-guerres qu'elle ne renie pas. Surtout, puisque cette idéologie s'est imposée dans et à toute la société flamande, rarissimes sont ceux qui, en Flandre, osent à présent en dénoncer les excès ou les dérives…C'est ce qu'à l'époque, dans une formulation prophétique, Julien Benda appelait la trahison des clercs. Où sont les écrivains, les artistes, les journalistes flamands qui prêcheraient la modération et mettraient en question le bien-fondé de certaines positions ? ++Guy Massenaux se demande s'il n'y a pas du côté francophone une autre "trahison des clercs". Il s'interroge : Parmi ceux qui, artistes, journalistes, écrivains, devraient être les leaders de l'opinion, trop rares sont ceux qui osent remettre en question ou dénoncer les dérives, idéologiques ou autres, flamandes, celles-ci ne concernant pas que le Vlaams Belang. Quand, dans des interviews, se risqueront-ils à poser des questions qui dérangent ? Quand, en France ou ailleurs, et bien sûr en Belgique, diront-ils, écriront-ils, sur foi de leur renommée, qu'en Flandre prédomine, dans les actes et dans la pensée, une idéologie perverse, fascisante ? Je ne citerai pas de noms ici, mais il y a aussi une trahison de nos clercs, de Wallonie et de Bruxelles.