17.11.2007

VIVRE SANS LA FLANDRE... BRAVER LA PEUR...

Blogues-notes Claude THAYSE - Samedi 17 novembre 2007 - Ne plus attendre… Vivre sans la Flandre… Braver la peur ? - Les choses bougent, les propos des journalistes évoluent. Logique. Malgré leurs rôles d’institutions du régime et leurs engagements dans des organes financés par celui-ci, ils sont sensés être généralement un peu mieux informés que leurs lecteurs. - Constatons qu'une fois les précautions d’usage respectées : « personne ne souhaite la fin de la Belgique », le « mais… » qui suit inévitablement est lui, lourd de sens. - Merci donc aux journalistes de commencer à oser. Puisqu’il ne faut pas attendre grand-chose des politiques, les yeux rivés sur les sondages et à la remorque d’une opinion publique anesthésié, sonnée, déboussolé par l’évolution péjorative qu’elle perçoit semi-consciemment. Même si cette opinion publique évolue. Les Wallons sont de moins en moins nombreux, encore avec fatalisme souvent, à croire à la survie de l’Etat belge. Toutes les manifestations n'y changeraont rien. Luc Delfosse, en appelait ainsi hier à cesser cette « drôle de guerre » en terminant son éditorial dans « Le Soir » par : « (…) tout le monde connaît la solution : un gouvernement d'Union nationale quitte à constater… la séparation de corps ! » Dorothée Klein dans « Le Vif » appelle les Wallons et les Bruxellois à se préparer : ils « ne doivent pas attendre que le pire arrive… » - Pourtant certains politiques commencent à réagir avec prudence… Comme Hervé Hasquin qui cite Didier Reynders : « Dire non à tout, c'est faire exploser la Belgique » et précise courageusement, mais un peu tard : «Mais je pense qu'il faut faire à présent de la pédagogie. Cela ne sert à rien d'anesthésier les opinions publiques en n'osant pas leur expliquer les choses.. » dans « La Libre » de ce samedi. Ou comme le RWF qui dans un communiqué a appelé à rompre définitivement avec une tutelle belgo-flamande tout en semblant curieusement encore si situer dans une « perspective belge » en déplorant la création d’un nouvel « abcès fouronnais » de plus de 50.000 habitants dans la périphérie bruxelloise. Le vote en Commission de la Chambre de la prise en considération de la scission de l’arrondissement BHV consacre l’homogénéité linguistique des Régions. Qu’on le veuille ou non. Les représentants flamands étaient unanimes, l’abstention de la députée bruxelloise de « Groen » s’explique par cette dernière qualité. - Si de nombreuses personnes n'ont pas encore intégré l'existence des régions et des communautés, la fête de la Communauté allemande vient de le rappeler, il y a plusieurs entités qui forment ce pays. La Communauté allemande est bien vivante. On aurait tort de l’oublier. On parle souvent de la Wallonie et la Flandre, mais Bruxelles est devenue une communauté à part entière grâce à la pression flamande qu’on connaît, mais aussi à la fièvre obsidionale (*) entretenue par un parti anciennement fédéraliste devenu expansionniste (les Brabançons wallons et flamands en connaissent la volonté d’annexion) et défenseur de « Francophones ». Enfin de certains « Francophones » parmi lesquels de nombreux Flamands ayant fait le choix de la langue française (**), les seuls vrais Belges, quoi ! Difficile d’en sortir quand on est prisonnier de ses engagements. Bref, le fait national bruxellois existe et curieusement se défini par rapport et en opposition à ses voisins. Ce sont ces faits nationaux (flamand et bruxellois) qui vont avoir raison de la Belgique. Les Wallons ne connaissent pas cet état d’esprit, ayant été acquis les Droits de l’Homme à la Révolution française et le sentiment d’identité dominant est du même domaine que celui décrit par Renan. - Ce qui est agaçant, c’est l’espèce d’aveuglement (ou de conformisme) de ceux qui devraient faire preuve de pédagogie, d’ouverture d’esprit et qui se refusent à lire les faits. Deux exemples récents : Henry Capron qui ce matin, à la RTB(f), balayait d’un revers de la main l’option de la réunion de la Wallonie à la France parce qu « les Wallons n’en veulent pas » ou encore, le dossier spécial du « Vif » consacré aux scénarios de « l’après Belgique » qui considère la probabilité de la Wallonie de devenir française comme « faible » suivant en ça l’avis du Prof. Bruxellois (St Louis) Hugues Dumont qui estime que les Wallons y perdraient leur âme… - Heureusement, toujours vert, François Perin sauve la mise en rappelant que l’intégration, particulièrement économique, ne serait pas difficile à encaisser puisque le "capitalisme français" est déjà largement implanté en Wallonie. Tandis que Karl-Heinz Lambertz (Ministre président de la Communauté germanophone), lucide, ajoute « l’Allemagne, nous en avons déjà fait partie. Alors pourquoi pas à nouveau ? ». - (*) Qui concerne le siège d'une ville… - (**) Ceux qui ont "opprimé" les Flamands, les fameux "franskillons"... et qui sont à l'origine de la destruction de la Belgique. - par Claude Thayse publié dans : Coup de gueule