05.09.2008

ECONOMIQUE / LE PLAN LETERME PREND CORPS...

Le plan Yves Leterme, rappelons-le, a pour objectif de créer une ville d'affaires aux abords de l'aéroport de Zaventem – bannie l'appellation "aéroport national", construit cependant avec de l'argent francophone . Comme dans tout aménagement de plan de lotissement, on commence par les travaux de voirie : éclairage, routes, égouts…C'est naturellement que la Région flamande vient de lancer un projet d'élargissement, dans un premier temps, de la rocade nord de Bruxelles ; les capacités des tronçons entre l'E-40 vers Ostende et l'E-40 vers Liège seront portées de 12 à 17 bandes de circulation. ++ Officiellement, il s'agit de séparer le trafic de transit "productif", direction Zaventem, du trafic "improductif", direction Bruxelles. Officieusement, il s'agit de permettre de développer les zones d'affaires situées en territoire flamand et à proximité de l'aéroport de Zaventem en leur assurant une liaison rapide Zeebruges-Ostende-Zaventem-Anvers. Point n'est besoin de faire un dessin. Cet objectif officieux est de "punir" Bruxelles-la-rebelle en entraînant des délocalisations d'entreprises installées en Région bruxelloise, et de marquer les limites territoriales de celle-ci. ++ Dans la logique flamande de nier l'existence de la Région bruxelloise, les autorités flamandes ont jugé naturel de ne pas informer les communes bruxelloises directement concernées par le projet. Quatre députés bruxellois ont réagi : Hervé Doyen, CDH, Olivier P'tito, PS, Céline Delforge, Ecolo, et Adelheid Byttebier, Groen ; ils jugent le projet "pharaonique, anachronique et seulement orienté vers le développement économique de l'hinterland économique de Bruxelles situé en périphérie flamande". Les députés bruxellois dénoncent l'impact économique négatif pour Bruxelles du plan d'élargissement du Ring-nord de Bruxelles et critiquent l'impertinence de l'exigence de formuler les remarques uniquement en néerlandais. ++ Qui financera ces travaux de structure routière d'envergure ? Le fédéral, et par voie de conséquence les Région wallonne et bruxelloise à concurrence de 40 % sans compensation pour le réseau routier francophone ? La Région flamande, seule ? Si la Flandre a trop d'argent, pourquoi n'en lâche-t-elle pas quelques centaines de milliers d'euros pour aménager le carrefour Léonard, et ainsi faire sauter le "bouchon Léonard", ouvrant une voie libre et accélérée au trafic routier entre la Wallonie, Bruxelles, l'aéroport de Zaventem et les ports de mer ?

25.09.2007

BRUXELLES ETOUFFEE - WALLONIE BRIDEE

MOBILITE / MAINMISE FLAMANDE SUR LES TRANSPORTS Les Flamands s’indignent que les Francophones peuvent dire NON aux travaux d’infrastructure des ports d’Anvers, de Zeebruges et de Gand qui, à leurs yeux sont cruciaux pour les entreprises en Flandre. Mais, ils trouvent normal, logique que la Flandre n’effectue pas les travaux d’aménagement du goulot Léonard en forêt de Soignes et des axes d’entrée et de sortie de Bruxelles en direction de la Wallonie qui sont vitaux pour le développement économique de la Wallonie. Ce qui fait dire à Charles Picqué, ministre-président de la Région de Bruxelles que « la Flandre étouffe Bruxelles » ; il appuie son constat : « Cela me semble relever du surréalisme que la rivalité des stratégies politiques puisse aller jusqu’à une forme de paralysie de la mobilité. On voit par un certain nombre de décisions qu’il est tout à fait possible de nuire aux intérêts de Bruxelles – et de la Wallonie, ndlr – à travers un plan de mobilité qui l’encercle et qui n’est pas du tout adapté aux besoins de la ville ». En paraphrasant Charles Piqué, nous ajoutons qu’il est inique « que la Flandre bride la Wallonie ».