11.08.2009

LA COMMISSION "WALLONIE-BRUXELLES 2009" : UN BON POINT DE CHUTE ?

Lancée le 20 septembre 2007 par Marie Arena, PS, ministre-présidente, à l’époque, de la Communauté française, la Commission avait un programme ambitieux. Son objectif : « Réunir les partis au sud du pays, et un panel de personnalités de la « société civile », pour débattre, un an durant, de l’avenir des francophones. Quelles institutions ? Quelles solidarités entre Wallonie et Bruxelles ? Quelle identité commune (s’il y en à une) ? ». = = Elle était coprésidée par Antoinette Spaak, FDF, et par Philippe Busquin, PS. Deux fortes personnalités. = = Attendait-on trop ? Vraisemblablement. Car l’assemblée plénière, réunie pour la première fois le 15 juin 2008, a été décevante. Elle s’est contentée d’inviter les coprésidents à rédiger un rapport pour le 10 juillet 2008, préparatoire à une nouvelle assemblée plénière en septembre 2008. La Commission a justifié la lenteur des travaux par trois causes : une absence d’unité de décision entre les partis, l’approche des élections régionales de 2009, un manque de connaissance des intentions du Fédéral. La conclusion de cette assemblée est pour le moins surprenante : « Il est urgent d’attendre un peu. Même si tout cela fait un peu désordre et matatis ». Des divergences entre les participants à peine masquées ! = = La dissension particratique a éclaté au grand jour à quelques heures de la présentation du rapport « intermédiaire » par Antoinette Spaak et Philippe Busquin, le 10 juillet 2008. Un rapport mal accueilli par Ecolo et par le CDH, non-pilotes des travaux. = = Coup de gueule rageur de Ecolo : « Faute politique » ! A l’heure où les relations entre les Communautés de ce pays sont en débat, il est insensé de tenter un coup de force en déposant un rapport partial, élaboré sans concertation, qui, loin de construire progressivement un consensus sur les éléments qui unissent les francophones, fait le choix de mettre l’accent sur leurs potentielles divergences...= = Râlement du CDH contre « le ton excessivement régionaliste du rapport très personnel.... qui n’engagent que leurs auteurs » = = Richard Miller, MR, tente bien d’apaiser la mauvaise humeur de Ecolo et du CDH : « On fait un mauvais procès à Spaak et Busquin. Il y a beaucoup d’ouverture dans leur rapport en faveur d’un renforcement de la Fédération Wallonie-Bruxelles... ». = = C’est dès lors sans surprise que l’on apprend que le rapport intermédiaire plaide pour la création d’une « Fédération Wallonie-Bruxelles » dotée d’un parlement et d’un gouvernement propres ». Il reste à l’aménager. Bien des palabres vont éclater... Dans cette perspective, il serait de bonne inspiration que les participants méditent les paroles pleines de sagesse de feu Léopold Génicot, historien de l’UCL ; il disait en 1984 : « La majorité flamande unie fait désormais la loi dans tous les domaines. Attendre de cette majorité qu’elle prenne en compte les intérêts de la minorité autant que les siens ? C’est a priori irréaliste et, à l’expérience, erroné. Les Flamands poursuivent leurs objectifs. Qui leur en ferait grief ? S’accommoder de leur domination comme d’un moindre mal ? Un moindre mal est un mal et on ne fonde pas une politique sur pareille base ». = = Et la poursuite de l’objectif primordial de la Flandre, c’est la cogestion de Bruxelles avec la Wallonie au sein d’une Confédération belge dans un premier temps, suivie de l’absorption de Bruxelles enclavée dans un second temps. L’ultime phase de la réforme de l’Etat belge.= = Antoinette Spaak et Philippe Busquin ont parfaitement compris le « jeu » flamand ; leur plaidoyer pour une Fédération Wallonie-Bruxelles est une ouverture positive pour la survie de la langue et de la culture françaises en Belgique francophone. Nous ne comprenons pas la position négative de Ecolo et la mauvaise humeur du CDH lors de la rentrée du rapport ; ils entrent dans le « jeu » flamand. = = La dynamique positive à opposer aux visées flamandes nous paraît être la constitution rapide de la Fédération Wallonie-Bruxelles suggérée. Bon vent ! Espérons que ce ne soit pas un dossier versé aux oubliettes ! Les partis Ecolo et CDH font partie des gouvernements des Régions wallonne et bruxelloise ainsi que de la Communauté française ; ils se grandiraient en proposant la prise en considération du rapport Spaak-Busquin au sein d’une commission de la Communauté française.= = Note. La Ligue wallonne de la Région de Bruxelles vous invite à visiter son site via www.liguewallonnebruxelles.be et à lui faire part de votre réflexion à son adresse courriel : info@liguewallonnebruxelles.be

18.08.2008

PAROLES PREMONITOIRES... UN ECLAIRAGE...

Vincent ENGEL, écrivain, La Chronique, Le Soir : … On prétend souvent que le processus de dissolution de la Belgique est irréversible… Aujourd’hui, après des décennies d’incurie politique, la Flandre continue à dicter sa politique au pays sous la menace constante du Blok qui, d’une certaine manière, est devenu le vrai dirigeant du pays. On revient sur des accords que l’on disait « irréversibles », comme celui de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. On gère des dossiers de société cruciaux comme celui de Zaventem de manière honteuse, en cachette ou en faisant du chantage. Et quand tout sera consommé, on se rendra compte qu’on avait quand même réussi à mettre sur pied une société pas si nulle que ça, peut-être même un modèle de « cohabitation pacifique ». Cela ne sera pas écrit dans les livres d’Histoire des anciens Belges… Dans les autres, on lira peut-être que de tous les peuples de l’Europe, les Belges furent les plus irresponsables, alors qu’ils étaient les plus chanceux… +++ Gaston EYSKENS, ancien Premier ministre CVP, artisan de la liquidation de la Belgique unitaire en 1970 dans la ligne tracée par le Mouvement flamand, disait dans une interview à La Revue générale en mars 1983 : Je crains que les modifications apportées en 1980 à la Constitution belge ne créent des conflits permanents entre les divers pouvoirs de la Belgique nouvelle…+++ Léopold GENICOT, historien UCL disait en 1984 : La majorité flamande unie fait désormais la loi dans tous les domaines. Attendre de cette majorité qu’elle prenne en compte les intérêts de la minorité autant que les siens ? C’est a priori irréaliste et, à l’expérience, erroné. Les Flamands poursuivent leurs objectifs. Qui leur en ferait grief ? S’accommoder de leur domination comme d’un moindre mal ? Un moindre mal est un mal et on ne fonde pas une politique sur pareille base… +++ Jean BEAUFAYS, politologue ULg, dans La Libre du 05 octobre 2004, fait observer : Les politiques flamands travaillent à la construction d’une Nation (elle existe), voire d’un Etat. Je ne vois pas d’autre fin-butoir à leurs revendications qu’un système confédéral qui implique l’existence d’Etats. Le confédéralisme implique une séparation à l’amiable et le maintien de quelques éléments communs. Le confédéralisme, c’est bien le rassemblement deux Etats indépendants. Cela rend l’Etat fédéral belge de moins en moins responsable dans les différents domaines…