04.05.2011

ASSEMBLEE PLENIERE : RENDRE L'AUDACE ET LA FIERTE

COMMUNIQUE 

Aux membres et aux sympathisants  de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles 

La Ligue wallonne a besoin de vous, de votre détermination et de votre engagement, afin de mener une action plus efficace. Nous vous convions à l’assemblée générale plénière du 9 mai 2011. Elle est ouverte à tous : membres et sympathisants de notre Ligue. N’hésitez pas à y amener vos amis et connaissances. Nous y chercherons comment faire de la Ligue un vrai mouvement dynamique, indépendant, pluraliste et populaire.

Voulez-vous bien confirmer votre participation à l’adresse courriel de la présidente : mcdaloze@skynet.be

 Programme :

 

  • 18 heures 30 : accueil et verre de bienvenue offert par la Ligue wallonne
  • 19 heures : assemblée générale plénière 

 

-          Introduction par la présidente

-          « Rendez-nous l’audace et la fierté ! », exposé sur la situation politique par  Philippe DUVIEUSART, membre de la Ligue wallonne

-          Présentation des thèmes de discussion par Jean-François GOOSSE, administrateur de la Ligue (voir ci-dessous)

-          Débat : la parole aux participants

-          Conclusion par  Michel LEGRAND, administrateur de la Ligue.

 

  • 21 heures : clôture etrepas libre au Ciccio Bello pour les personnes qui le souhaitent

 

 

Les thèmes soumis à votre réflexion :

 

-         Notre identité wallonne à Bruxelles et l’ouverture aux Bruxellois francophones (sans distinction d’origine)  qui partagent notre idéal et nos objectifs

-         Les perspectives ouvertes par notre manifeste de 2008, en tant que réponse à la crise existentielle de l’État belge (texte disponible sur place)

-         Les rapports avec les autres groupes francophones de Bruxelles et le(s) mouvement(s) wallon(s)

-         La diffusion plus large et plus rapide de nos idées et de nos propositions : comment articuler le domaine du virtuel et celui de l’imprimé ?

-         La célébration de notre centenaire en 2013

 

 

 

Adresse du jour : le Ciccio Bello

Place Wiener 4

1170 Watermael-Boitsfort

tram 94, bus 95 et 17 

05.07.2010

QUE PEUVENT GAGNER LES FRANCOPHONES LORS D'UNE NEGOCIATION ?

Michel Legrand, président du Gerfa, Groupe d'Etude et de Réforme de la Fonction administrative, organisation syndicale agréée, donne une réponse claire et précise dans le mensuel n° 279, juin 2010, Diagnostic. "Si la négociation porte, souligne-t-il, sur des enjeux limités, elle n'aboutira qu'à retarder de quelques années l'échéance attendue ; si, par contre, elle porte sur des enjeux importants, elle risque de priver les Francophones des atouts dont ils disposent encore. De toute manière, que l'on se situe dans la première hypothèse ou dans la seconde, les "contreparties" effectives se résumeront à de l'argent pour Bruxelles ou à quelques aménagements linguistiques à Bruxelles. Or, alors que la Région bruxelloise se débat dans un sous-financement chronique et doit faire face à des défis démographiques et d'éducation importants, qu'elle contribue à près de 20 % du PIB, qu'elle finance la Flandre à hauteur de plusieurs milliards d'euros, son refinancement est considéré comme une concession faite aux Francophones qui doivent donc la payer ! Le refinancement de Bruxelles ne doit donc pas être monnayé, d'autant que, dans l'optique même de la Flandre en marche vers le séparatisme ou le confédéralisme, ce financement ne posera plus de problème une fois que chaque Région disposera de l'autonomie fiscale et notamment du droit de percevoir les impôts sur le revenu sur le lieu de travail ; à ce moment, Bruxelles pourra organiser sa solidarité avec la Wallonie à l'intérieur d'une nouvelle fédération. + + Quant aux "concessions" linguistiques qui auraient pour effet de réduire le bilinguisme de rente dont profite la Flandre à Bruxelles, elles compteront pour du beurre dès que Bruxelles pourra prendre son destin en mains et fixer ses propres règles linguistiques en respectant sa minorité flamande. + + Ce qui est extraordinaire dans cette affaire, c'est que la Flandre s'inscrit dans une visée séparatiste ou "confédéraliste" qui implique que TOUTES les concessions qu'elle pourrait faire, elle les fait dans des domaines qui relèveront de toute manière des attributions des nouvelles entités, alors que les concessions, en particulier la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, qu'elle veut imposer aux Francophones sont irréversibles. + +Bref, le peuple francophone n'a rien à gagner d'une négociation de dupes qui lui ferait céder des choses importantes contre des concessions fictives dont il aurait de toute manière la maitrise ! " + +Les Flamands connaissent bien les tenants et aboutissants des lois linguistiques. Ils couchent avec elles !

20.11.2009

UN MILLION DE FRANCOPHONES IGNORE PAR LE GOUVERNEMENT BRUXELLOIS DE CHARLES PICQUE...

C’est le cri d’alarme lancé par Michel Legrand, président du Gerfa, dans la livraison du mensuel n° 272 de novembre 2009, Diagnostic. <><>Que dénonce-t-il ? La couardise du Parlement bruxellois. « Bruxelles est empêché constamment, souligne-t-il, de jouer son rôle et de faire respecter la voix du million de Francophones qui y habitent, y votent et y paient leurs impôts ! Prétexte invoqué : la Région bruxelloise est bilingue et doit donc rester neutre même si ses intérêts ou ceux de la Communauté française sont menacés. Cela aboutit donc non seulement à nier le caractère francophone de Bruxelles, mais aussi à réduire le poids francophone qui se trouve ainsi amputé d’un million d’habitants ; cela est d’autant plus grave que Bruxelles subit un bilinguisme de rente couteux et forcé à tel point que certains considèrent que sans les lois linguistiques, le flamand à Bruxelles ne serait plus qu’un souvenir ». <><>Et de fustiger la carence de réaction des élus francophones bruxellois dans l’affaire de l’inspection des écoles francophones de la périphérie. Michel Legrand d’élever la voix : « Cette carence de réaction de Bruxelles a de nouveau été relevée à l’occasion du vote par le Parlement flamand du décret transférant l’inspection des cinq écoles francophones de la périphérie, jusqu’ici assumée par la Communauté française, à la Communauté flamande ; tant le Parlement de la Communauté française que celui de la Cocof et celui de la Région wallonne avaient introduit la procédure en conflit d’intérêts qui avait chaque fois abouti à bloquer le projet pendant quatre mois ; il restait donc une cartouche à tirer et celle-ci devait l’être par le Parlement bruxellois qui y a renoncé sous le prétexte que cela fâcherait les Flamands ! … Or, martèle Marcel Legrand, président du Gerfa, il est évident que la Région bruxelloise doit être particulièrement attentive au sort qui est réservé aux cinq écoles de la périphérie et à leurs 2 400 élèves. Ajoutons que, pour adopter la motion de conflits d’intérêts, une assemblée doit réunir les suffrages des trois quarts de ses membres, ce qui implique que 67 représentants sur 89 devaient la voter ; or, ni le CDH, ni Ecolo, ni le PS ne souhaitaient voter cette procédure et « vexer » les Flamands, alors que le Parlement flamand ne s’embarrassait pas d’autant de scrupule et profitait de l’inaction de la Région bruxelloise pour voter rapidement le décret de transfert de l’inspection ».<><>La mièvrerie des parlementaires francophones bruxellois est-elle étonnante ? Non, en considérant la puissance de la particratie et de l’égocentrisme qui les traverse. Pas un n’échappe au virus de l’ego.<><>En conclusion, Michel Legrand lance un appel pathétique à la fois à la classe politique et aux citoyens : « Les Francophones, dit-il, doivent prendre conscience de la situation et ouvrir les yeux. On peut supposer qu’ils ont enfin compris que la Flandre veut à la fois fixer ses frontières, liquider tout ce qui remet en cause son homogénéité, diriger la Belgique – si c’est encore possible et si les Francophones acceptent ses exigences – ou, à défaut, proclamer son indépendance. Toutes les concessions qui ont faites par les Francophones n’ont servi à rien, sinon à fragiliser dangereusement leurs positions juridiques. Les Francophones doivent donc utiliser les leviers qui sont à leur disposition et, parmi ceux-ci, Bruxelles et son million d’habitants. En nous imposant la neutralisation de Bruxelles, le Nord du pays réduit notre poids, accrédite l’idée que Bruxelles ne compte pas ! C’est un piège adroit duquel Bruxelles doit sortir d’urgence en réaffirmant son existence et en défendant ses intérêts fermement avec ou sans l’avis de la minorité flamande qui ne doit pas disposer d’un droit de veto de fait ».Ecoutons cet appel plein de sagesse et de dignité.

13.10.2009

IMPUISSANCE ET ABDICATION...

... titre Diagnostic, organe du Gerfa, dans son numéro n° d’octobre 2009, avenue du Pont de Luttre, 137 – 1190 Bruxelles. + + + Alors que la situation des finances publiques devient catastrophique, déclare Michel Legrand, président du Gerfa, le gouvernement fédéral, mais aussi les gouvernements régionaux et communautaire, se révèlent incapables simplement de décider. Dans trois dossiers sensibles, le budget, La Poste et le port du voile à l’école et dans les services publics, l’incapacité est criante. <><>DOSSIER BUDGET + + + Michel Legrand assène : <><>- Du côté de la Communauté française, on a rapidement abandonné toutes les pistes sérieuses d’économie dès que les syndicats « représentatifs » des enseignants ont clamé leur désaccord et menacé d’entamer des actions ! Abandonnée l’idée de faire travailler les profs à leur niveau maximum, soit 22 heures de cinquante minutes au lieu d’une moyenne de 20 heures, alors qu’ils bénéficient déjà d’un système très favorable de congés censé compenser largement la difficulté de leur travail, difficulté à contenu très variable et dépendant pour l’essentiel des cours donnés et de l’école où ils sont prestés ; même l’idée de supprimer la prépension à 55 ans a été largement critiquée et il s’en est fallu de peu qu’elle ne passe à la trappe, alors que cette mesure constitue un gouffre financier et prive la Communauté française de moyens pourtant bien nécessaires et que les « refinancements » imposent aux Francophones des négociations à répétition dans lesquelles ils échangent des reculs institutionnels contre de l’argent qu’ils perdent plus tard au gré des crises économiques ! <><>- Du côté de la Région wallonne, on n’a rien entendu sur la réduction effective et significative des cabinets ministériels dont l’effectif se monte pour certains ministres à 100 personnes ; de même on n’a rien entendu sur l’explosion des effectifs des agents contractuels dans certains pararégionaux qui se sont récemment illustrés dans la mauvaise gestion. <<<>- Du côté de l’Etat fédéral, aucune allusion à la remise en cause de la réforme COPERNIC, qui a englouti des dizaines de millions d’euros sous le gouvernement Verhofstadt I avec la participation naïve des écolos et celle plus intéressée des socialistes et qui continue encore maintenant d’engloutir des moyens considérables en pure perte, voire en provocant d’énormes dépenses parasitaires ; aucune allusion sur la remise en cause des voitures de société, qui réduisent considérablement les assiettes fiscale et sociale, privant l’Etat de moyens importants, qui créent des injustices entre ceux qui en bénéficient et ceux qui ne perçoivent que leur salaire et qui constituent de par leur utilisation intensive un véritable problème pour l’environnement. <><>DOSSIER LA POSTE + + + Michel Legrand, président du Gerfa, pointe l’abdication des responsables politiques face au lobbying des partisans de la libéralisation des services postaux. Depuis plus années, dit-il, La Poste n’en finit pas de céder aux sirènes de la libéralisation intensive et extensive. Cela va de la suppression de multiples bureaux de poste au grand dam des citoyens jusqu'à la volonté de remplacer les facteurs par des livreurs de courrier - appelés pudiquement « facteurs de quartier » - à temps partiel, payés 8,5 euros brut de l’heure.<><>DOSSIER PORT DU VOILE + + + Même incapacité des politiques, tempête Michel Legrand, à prendre une position claire. Depuis quelques mois, les services publics sont confrontés à la volonté de certaines femmes musulmanes d’afficher leur conviction en portant le voile pendant le temps de leur service. Le problème est relativement récent mais commence à faire tache d’huile... Pourtant, la réglementation est claire et interdit aux agents de faire peser un doute sur leur neutralité. Il ne s’agit donc nullement d’un problème de liberté d’expression, comme d’aucuns voudraient nous le faire croire, mais d’un problème de fonctionnement des services publics qui doivent veiller au respect de la plus stricte neutralité, sous peine de tomber dans les dérives d’un prosélytisme qui met la plupart des citoyens de plus en plus mal à l’aise... Dans ce dossier, pas aussi délicat que l’on veut nous le faire croire mais dont les enjeux sont brouillés, les responsables politiques se révèlent incapables de prendre une décision et de comprendre ce que signifie réellement un Etat et des services publics neutres... « Un vrai Etat neutre, à défaut d’être laïque, ne se marchande pas », écrivions-nous dans notre communiqué du 7 juillet, souligne Michel Legrand.

23.06.2009

ETHIQUE : IL FAUT DU CONCRET ! ...

C’est le thème essentiel qui revient constamment dans les contacts entre les différents partis francophones en vue de la constitution des prochains gouvernements régionaux et communautaire. Cela renvoie évidemment aux différentes affaires qui ont agité la campagne électorale et qui ont visé essentiellement le parti socialiste…+ + Les « affaires » ne s’arrêtent pas ; elles traduisent toutes le même cynisme et la même légèreté à l’égard de l’intérêt général et de l’argent public et se cachent sous des montages financiers et juridiques adroits et à première vue légaux. Cela signifie que la réflexion sur les cumuls des mandats n’est peut-être pas le maillon essentiel et qu’il faut plutôt se focaliser sur la multiplication des structures politiques et privées et surtout sur leur contrôle effectif, public et transparent… + + Cela étant, l’éthique commence aussi et surtout par une véritable dépolitisation des services publics et par un allègement des structures politico-administratives. Or, cet aspect parait minimisé et Ecolo comme le CDH devraient y être particulièrement attentifs, car les mandats des hommes et femmes politiques ne représentent en fait que la partie émergée de l’iceberg. + + La première étape doit viser les cabinets ministériels dont le nombre et les effectifs sociaux doivent être substantiellement réduits… + + Il faut également dépolitiser le recrutement des agents des services publics en proscrivant les recrutements contractuels et en organisant des concours de recrutement sérieux non seulement pour l’administration wallonne, mais aussi pour les communes, provinces, intercommunales et pour l’enseignement… + + Enfin, les promotions doivent également suivre des règles rigoureuses et objectives sous peine de démotiver l’ensemble de la machine administrative ou, pire, de la rendre extrêmement réceptive aux interventions réelles ou supposées des cabinets et des ministres dans des dossiers individuels…+ + Pour le Gerfa, le choix est évident : nos concitoyens doivent continuer à bénéficier du meilleur service et ce sont les prélèvements parasitaires qui doivent être supprimés. Dans cet ordre d’idées, il s’imposera également de réfléchir à la réduction de la voiture politique qui se révèle extrêmement couteuse ; épinglons le nombre excessif d’échevins (dont les traitements ont été largement revalorisés), de députés permanents, d’intercommunales, d’A.S.B.L. subsidiées, bref tout un tissu qui apporte très peu de plus-value, mais qui fait vivre de nombreux affidés qui prélèvent ainsi leur dime sur les recettes globales… + + +Texte puisé dans l’éditorial signé par Michel Legrand dans Diagnostic, mensuel de juin 2009, n° 269.

24.04.2009

L'OBSTINATION TETUE DU FLAMAND : LE FANATISME...

Dans son numéro 267 d’avril 2009, « Diagnostic », périodique du Gerfa, nous livre, sous la plume de Michel Legrand, un diagnostic cinglant des premiers mois de gestion du ministre fédéral de la Fonction publique, Monsieur Vanackere. Une photographie de l’obstination têtue du Flamand. = = = Il n’a pas fallu trois mois, souligne Michel Legrand, pour que le ministre Vanackere sorte du bois et lance son cri de ralliement « 20 % de fonctionnaires en moins ». Admettons un dégraissage des ministères. Encore faut-il qu’il se fasse selon un plan réfléchi, basé sur le fonctionnement des services. Ce qui ne paraît pas être le cas. Michel Legrand dénonce précisément la tournure linéaire du dégraissage des effectifs. « Par contre, dit Michel Legrand, proclamer une réduction linéaire fait fi de toute rationalité et traduit surtout un manque de connaissance des problèmes et des enjeux, d’autant que l’explosion des effectifs dans certains services (par le recrutement de contractuels) est souvent le fait d’hommes ou de femmes politiques en mal de clientélisme… ». = = = De son analyse, nous épinglerons l’orientation du bilinguisme généralisé non seulement des services mais également des agents que semble adopter le ministre Vanackere. « Pour un ministre de la Fonction publique, souligne Michel Legrand, c’est assez étonnant : il devrait savoir que les lois sur l’emploi des langues prévoient l’unilinguisme des agents mais le bilinguisme des services ; en clair, cela signifie que la connaissance de l’autre langue n’est exigée ni pour être recruté dans les services fédéraux ni pour y faire carrière, mais que les services doivent être organisés de telle façon que les usagers puissent être traités dans leur langue. Le ministre se fait donc le relais de la volonté flamande de « bilinguiser » les agents de l’administration fédérale, preuve que ce souci reste constant même si le ministre adopte un profil peu agressif. Il est clair qu’il défend la même option pour l’administration bruxelloise, où la Flandre voudrait aussi imposer le bilinguisme généralisé alors que la population bruxelloise est très majoritairement francophone. Bref, si la pensée et la connaissance du ministre sont particulièrement déficientes et lacunaires en ce qui concerne ses compétences de fonction publique, par contre il ne perd par le nord puisqu’il rompt de nouveau une lance en faveur de la thèse d’un bilinguisme qui est contraire à la loi et qui est unanimement condamné par les responsables francophones, d’autant plus que le bilinguisme dans l’administration bruxelloise s’apparente de plus en plus à de l’acharnement thérapeutique ». = = = Une application de la Flamenpolitik mise en place par l’occupant allemand au cours de la Première guerre mondiale 1914-1918 avec le soutien du Mouvement flamand. Une germanisation de la Belgique. Une constante du Mouvement flamand. = = = Bien avant l’occupation allemande, Jules Destrée, en 1912, dans une lettre au Roi Albert Ier, soulignait déjà l’acharnement du Mouvement flamand à flamandiser le pays par le passage obligé du bilinguisme imposé : « L’œuvre maudite se poursuit lentement, par degrés, sans brusque éclat, avec la patiente opiniâtreté qu’ils apportent en leurs conquêtes. On y distingue trois étapes : d’abord le flamand se glisse insidieusement, humblement, auprès du français. Il ne s’agit que d’une traduction ; qui pourrait refuser ce service fraternel à nos frères ? Puis, un jour, le flamand s’affirme en maitre ; il revendique la première place qu’il appelle l’égalité, le français n’est plus que toléré. Enfin, le français sans cesse anémié, diminué, proscrit (…). Tout traduire est leur rêve, puis la contrainte administrative nous imposera ce bilinguisme inutile et vexant. Jeux puérils, pourrait-on croire. Non pas. D’abord le ridicule ne tue pas en Belgique. On s’y habitue facilement. On rit, on plaisante, on s’indigne, mais la contradiction reste. Le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination têtue du fanatisme ». = = = Rien n’a changé depuis 1912.

22.04.2009

L'OBSTINATION TETUE DU FLAMAND : LE FANATISME...

L’OBSTINATION TETUE DU FLAMAND : LE FANATISMEDans son numéro 267 d’avril 2009, « Diagnostic », périodique du Gerfa, nous livre, sous la plume de Michel Legrand, un diagnostic cinglant des premiers mois de gestion du ministre fédéral de la Fonction publique, Monsieur Vanackere. Une photographie de l’obstination têtue du Flamand. + + + Il n’a pas fallu trois mois, souligne Michel Legrand, pour que le ministre Vanackere sorte du bois et lance son cri de ralliement « 20 % de fonctionnaires en moins ». Admettons un dégraissage des ministères. Encore faut-il qu’il se fasse selon un plan réfléchi, basé sur le fonctionnement des services. Ce qui ne paraît pas être le cas. Marcel Legrand dénonce précisément la tournure linéaire du dégraissage des effectifs. « Par contre, dit Marcel Legrand, proclamer une réduction linéaire fait fi de toute rationalité et traduit surtout un manque de connaissance des problèmes et des enjeux, d’autant que l’explosion des effectifs dans certains services (par le recrutement de contractuels) est souvent le fait d’hommes ou de femmes politiques en mal de clientélisme… ». + + + De son analyse, nous épinglerons l’orientation du bilinguisme généralisé non seulement des services mais également des agents que semble adopter le ministre Vanackere. « Pour un ministre de la Fonction publique, souligne Michel Legrand, c’est assez étonnant : il devrait savoir que les lois sur l’emploi des langues prévoient l’unilinguisme des agents mais le bilinguisme des services ; en clair, cela signifie que la connaissance de l’autre langue n’est exigée ni pour être recruté dans les services fédéraux ni pour y faire carrière, mais que les services doivent être organisés de telle façon que les usagers puissent être traités dans leur langue. Le ministre se fait donc le relais de la volonté flamande de « bilinguiser » les agents de l’administration fédérale, preuve que ce souci reste constant même si le ministre adopte un profil peu agressif. Il est clair qu’il défend la même option pour l’administration bruxelloise, où la Flandre voudrait aussi imposer le bilinguisme généralisé alors que la population bruxelloise est très majoritairement francophone. Bref, si la pensée et la connaissance du ministre sont particulièrement déficientes et lacunaires en ce qui concerne ses compétences de fonction publique, par contre il ne perd par le nord puisqu’il rompt de nouveau une lance en faveur de la thèse d’un bilinguisme qui est contraire à la loi et qui est unanimement condamné par les responsables francophones, d’autant plus que le bilinguisme dans l’administration bruxelloise s’apparente de plus en plus à de l’acharnement thérapeutique » + + + .Une application de la Flamenpolitik mise en place par l’occupant allemand au cours de la Première Guerre mondiale 1914-1918 avec le soutien du Mouvement flamand. Une germanisation de la Belgique. Une constante du Mouvement flamand. + + + Bien avant l’occupation allemande, Jules Destrée, en 1912, dans une lettre au Roi Albert Ier, soulignait déjà l’acharnement du Mouvement flamand à flamandiser le pays par le passage obligé du bilinguisme imposé : « L’œuvre maudite se poursuit lentement, par degrés, sans brusque éclat, avec la patiente opiniâtreté qu’ils apportent en leurs conquêtes. On y distingue trois étapes : d’abord le flamand se glisse insidieusement, humblement, auprès du français. Il ne s’agit que d’une traduction ; qui pourrait refuser ce service fraternel à nos frères ? Puis, un jour, le flamand s’affirme en maitre ; il revendique la première place qu’il appelle l’égalité, le français n’est plus que toléré. Enfin, le français sans cesse anémié, diminué, proscrit (…). Tout traduire est leur rêve, puis la contrainte administrative nous imposera ce bilinguisme inutile et vexant. Jeux puérils, pourrait-on croire. Non pas. D’abord le ridicule ne tue pas en Belgique. On s’y habitue facilement. On rit, on plaisante, on s’indigne, mais la contradiction reste. Le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination têtue du fanatisme ».Rien n’a changé depuis 1912.