18.11.2008

LA REDECOUVERTE DE L'INTERET GENERAL...

Dans l’éditorial de Diagnostic n° 262 de novembre 2008, Monsieur Michel Legrand, président du Gerfa, se penche sur les dégâts collatéraux générés par la crise financière. Il craint notamment que l’Etat cible les services à l’usager ou les revenus de remplacement pour trouver des recettes nouvelles. Il suggère que l’Etat, au contraire, réduise ses dépenses et se recentre sur l’intérêt général… + + Ainsi, la simple remise en question de la réforme COPERNIC et la suppression des doubles emplois, des salaires et des voitures de fonction qu’elle implique aurait un effet substantiel sur le budget fédéral ; tout comme d’ailleurs la remise en question du nombre de ministres et de cabinets dans les entités fédérées, et en particulier dans la Région bruxelloise, sur les budgets communautaires et régionaux. De même, la remise en question des multiples contrats de sous-traitance, souvent opaques, peut avoir des effets importants ainsi que la remise en question de l’utilité d’un certain nombre de pararégionaux ou d’organismes publics qui ont encombré le paysage administratif souvent dans le seul but d’y caser confortablement quelques amis politiques. La liste n’est pas exhaustive, mais elle permet de constater que le potentiel d’économies est énorme et évitera de prendre des mesures générales antisociales ou réductrices du service à l’usager !... + + Michel Legrand préconise de passer à la contre-offensive et remettre en cause le néolibéralisme naguère triomphant. Pour cela, il faut d’abord que les partis politiques revisitent leur programme et que la social-démocratie soit capable de développer un discours et une action qui mettent en exergue l’intérêt général et qui ne soit pas stupidement à la remorque des théories économiques ultralibérales en affirmant en plus qu’il n’y a pas d’alternative !... + +Il ne s’agit pas ici de plaider pour un retour à un système dirigiste aux mains de l’Etat qui se révèlerait trop lourd et inefficace. Non, il faut pouvoir déterminer les compétences précises qui doivent impérativement être assumées par des services publics organiques financés par la collectivité et contrôlées par celle-ci. Il faut donc cesser de croire aux sirènes de l’économisme pour ce qui concerne les besoins fondamentaux des individus tels que la santé, l’éducation, la sécurité, la justice, etc., et réaffirmer catégoriquement le rôle incontournable de l’Etat dans leur satisfaction, n’en déplaise à la Commission européenne… + +Michel Legrand conclut son éditorial en appelant à « redécouvrir l’intérêt général et à en tirer les conséquences pour l’organisation de la société ».