23.11.2009

BRUXELLES : FILLE DE NIVELLES ?...

La récente découverte d’un cimetière sous la Grand-Place de Nivelles relance l’importance de Nivelles au Moyen-Age. Plaque tournante des routes commerciales de l’époque. <><>Blanche Delanne, docteur en philosophie et lettres, a consacré une attention particulière à la Ville de Nivelles, dont notamment une thèse de doctorat présentée à l’Université Libre de Bruxelles en 1931. Elle a, plus tard, publié en deux tomes « L’Histoire de la Ville de Nivelles, des origines au XIII siècle », aux Editions Culture et Civilisation. <><>En parcourant le premier tome, abondamment documenté, l’auteure nous fait connaître la présence « pro utilitate gregis » d’un saint irlandais, Folian, à Nivelles en l’an 650, pour y chanter la messe de requiem de sainte Itte à l’abbaye de Sainte-Gertrude. <><>Dès sa fondation, l’abbaye apparaît comme le centre d’un vaste domaine qui s’étendait jusqu’à l’embouchure de l’Escaut, à et autour de Bruxelles, Etterbeek, Anderlecht, Jette, Laeken, Molenbeek, Woluwe-St-Etienne, Dilbeek, ainsi que jusqu’à Couillet sur la Sambre.Au cœur d’une activité interne de transport des produits, s’est constitué un marché. Cette activité amena la fondation de relais, notamment dans les marécages bruxellois, à l’ile Saint Géry, formée par les bras de la Senne, où se rencontraient des marchands venus de l’Ile de France et de Cambrai. <><>Quelque 200 ans plus tard, le marché de Nivelles devint un centre de vente très important. Des marchands venaient de partout vendre ou acheter des produits. Nivelles fut qualifiée de vicus, c’est-à-dire d’agglomération marchande et on y battit monnaie. Le stadium que possédait Nivelles, relais à l’ile Saint-Géry, bien situé au point d’embarquement sur la Senne, devint un lieu de rencontre privilégié des marchands venant de Nivelles par les sentes à travers la warande uccloise et par les routes de Mont-St-Jean, d’Alsemberg et de Hal, ainsi que des marchands français venant de l’Ile de France commercer avec les marchands anglais venant de Londres. Bruxelles, dépendant de l’évêché de Cambrai, devint au fil des ans un lieu de fixation des marchands français. <><>Les paysans flamands trouvaient auprès de ces marchands venus d’ailleurs une clientèle férue des produits de leur terroir ; ils s’agglomérèrent autour de l’ile Saint Géry. La flamandisation de Bruxelles et de ses environs se fit par l’occupation des terres par la paysannerie flamande et par la conquête de la Ville par les Comtes de Leuven. Les bourgeois de Bruxelles n’acceptèrent guère la tutelle des Louvanistes. Ils continuèrent à utiliser le français. Néanmoins, l’usage du dialecte flamand persista majoritairement pendant quelque cinq siècles. Ce fut vraiment à partir de 1830, date de la fondation de l’Etat belge, que l’usage de la langue française s’accéléra et s’étendit à toutes les couches de la population. L’arrivée massive de Wallons venant travailler dans les ministères, à la gendarmerie, à l’armée – les Flamands se tournaient davantage vers la mer – assit définitivement le réancrage majoritaire du français dans la vie courante des citoyens. Un retour aux sources. <><>Bruxelles la française ! Bruxelles, la belle ! Bruxelles, fille de Nivelles ! Bruxelles la wallonne. Bruxelles retrouvait son âme.

30.04.2008

S'AFFICHER WALLON ...

Source : Blogue-notes de Claude THAYSE +++" L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit " ==J'aime bien cette phrase de Gandhi. +++Récemment, discutant avec un journaliste, il a eu une réflexion intéressante. Parlant de la floraison (toute relative en ce qui concerne Nivelles) de drapeaux "noir-jaune-rouge" il constatait, en s'étonnant, de la difficulté qu'on puisse avoir à s'afficher "Wallon". Et il est vrai qu'on voit peu de drapeaux wallons sur les maisons particulières. Même les édifices publics hésitent à respecter la loi qui veut que ce dernier soit arboré en même temps et de manière identique aux autres emblèmes officiels belgo-européens. ++Il est vrai, me confiait-il qu'on hésite à se dire Wallon. "Ça fait encore un peu extrémiste", peut-être en référence à ce qui se passe en Flandre. Or, s'il y a bien un emblème qui n'a jamais été mêlé à des dérives politiques nationalistes, c'est bien notre drapeau. C'est plutôt le symbole de la résistance aux extrémismes dans ce pays. ++Les extrémistes ne sont-ils pas plutôt ceux que vont au bout d'une logique qu'ils savent pernicieuse et même néfaste pour nous, en défendant un Etat qui nous a pillé, minorisé et dont la majorité des habitants nous méprise (*) ? Ceux dont la douce naïveté finirait par nous attendrir, nostalgique d’un pseudo âge d’or de la Belgique idéale, à l’instar des nostalgiques de Staline en Russie, ce sont des gens qui refusent le dialogue, qui refusent la réalité, et qui confits dans leurs certitudes pratiquent un terrorisme intellectuel largement diffusé par les médias. Mais, attention ! Il ne faut pas les confondre avec la grande partie des gens qui sont mal informés - et voulus comme tels par le régime - des vrais enjeux du combat politique. ++On le sait, une bonne part des opinions que nous professons se sont ancrées en nous sous la pression des groupes auxquels nous appartenons par la force des choses ou par choix et dont parfois, par esprit grégaire, nous souhaitons vraiment partager les valeurs. C’est normal. ++Il existe à cela une dérive, une « spirale du silence », un climat d’opinion à l’encontre duquel la plupart ne souhaitent pas aller, par peur de se mettre à l’écart. Se sentant isolés, ils ont alors tendance à renoncer à leur propre jugement, à se taire. L’opinion publique devenant alors celle que l’on peut exprimer en public sans risque de sanctions, celle que l’on perçoit dans son environnement, celle qui est diffusée dans les médias. Il y a dans l’idéologie belgeoisante une forme de fascisme, osons le dire, qui se dissimule sous une neutralité bienveillante et prétendument "apolitique" qui n’est que du conservatisme peureux, mais très souvent intéressé. Et on peut dire qu’ils mettent le paquet. Observez que plus se creuse le fossé déjà profond qui sépare les opinions publiques flamande et wallonne ou francophone, plus on cherche à renforcer le belgicanisme de nombreux Wallons et Bruxellois. ++ S'il y a une chose que le mouvement wallon a raté, c'est bien la création d'une identité wallonne. ? Il faut dire que le défi était difficile. Les Wallons (et nous savons qu'il y a plus que des sensibilités différentes entres des Liégeois et des picards par exemple pour en citer deux parmi d'autres) ont été réunis pour la première fois de leur histoire sous la République et l'Empire. Et la référence était française. Malgré (ou plutôt à cause de) la Belgique, cette identité commune basée sur la langue et la culture "officielle" n'a pu se réaliser, peut-être à cause de nos différences. Et pourtant, une de nos réalité, c'est "qu'on se sent Wallon ", même si on hésite à le dire. Or ce n'est pas plus ringard que d'être Ch'timi, Parisien, Bruxellois ou Auvergnat ! Dans ce contexte, soyons donc fiers de ce que nous sommes. Se dire Wallon n'est pas faire preuve d'extrémisme. Au contraire ! ++(*) J'ai commencé ce billet en citant Gandhi, je le terminerai en citant Jules Destrée : "Si la Belgique disparaît dans cette tourmente, l'incompréhension des centralisateurs nationalistes en aura été cause tout autant que le fanatisme conquérant des flamingants" : Source : Maurice Bologne - Wallons et Flamands, Paris, 1923, p. 175.

14:02 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ghandi, nivelles, wallon, embleme, drapeau, staline, combat |  Facebook |