06.12.2010
UNE IMAGE FLAMANDE DE LA BELGIQUE A L’ETRANGER…
C’est le thème que développe le Gerfa, organisation syndicale agréée, dans son magazine mensuel Diagnostic n° 282 de novembre 2010.
Selon Gerfa : « Le poids du nord du pays dans les rouages de l’Etat fédéral est impressionnant. Dans les relations extérieures, il ne s’agit pas d’un déséquilibre ponctuel ou conjoncturel, mais bien d’une mainmise flamande particulièrement efficace ».
Comment pourrait-il en être autrement ? La Flandre détient tous les postes régaliens au sein du gouvernement et la majorité en poids de pouvoir au sein du Conseil des Ministres ! Evidemment, « dans les partis politiques, on rétorquera, souligne Gerfa, que cela n’est pas vrai, car les règles de parité sont globalement respectées ». C’est vrai, mais il y a une différence d’influence entre un poste de premier rang et un poste de second rang à grade égal.
Gerfa donne pour exemple les grandes ambassades : Berlin, Londres, Paris, Washington ; trois d’entre elles, Berlin, Londres et Washington, échoient aux Néerlandophones ; une, celle de Paris, revient aux Francophones. Au niveau des ambassades de second rang, la parité paraît équilibrée. Il n’en reste pas moins que toutes les ambassades belges en Afrique centrale : République démocratique du Congo, Rwanda, Burundi, Congo (ex-français),Gabon, Cameroun, Côte d’Ivoire, pays de langue française, sont occupées par un Flamand, seule l’ambassade belge au Sénégal a été attribuée à un Francophone !
La remarque est également valable pour les représentations permanentes auprès des grandes institutions, telles que ONU et OTAN postes occupés par un Flamand, seule l’Europe est attribuée à un Francophone.
« Le constat est particulièrement clair, souligne en conclusion le Gerfa ! La plupart des postes stratégiques sont occupés par le Nord du pays. Les Francophones ne reçoivent que quelques compensations dans les postes du deuxième ou troisième rang, histoire de respecter la parité linguistique. Au commencement de cette étude, nous évaluions les postes stratégiques détenus par les Francophones à 30 ou 35 %. On en est loin et même très loin et c’est le chiffre de 20 % qui paraît plus proche de la Réalité ! A l’instar de ce qui se passe à l’armée, on s’aperçoit que le Nord du pays place ses pions là ou la Belgique constitue un enjeu, une porte d’entrée ou une plus-value […] Pendant ce temps, les Francophones restent particulièrement passifs et même quand ils assurent la direction des Affaires étrangères (comme sous l’ère du ministre Louis Michel), ils se révèlent souvent incapables d’inverser le cours des choses. Pire, ils se donnent une image détestable comme lors de la résurrection couteuse du consulat de Marseille pour caser un affidé. Tout cela à un moment où le Nord du pays développe des revendications séparatistes. L’analyse de la mainmise flamande sur l’Etat fédéral suffit à elle seule à démontrer que le Nord du pays n’a aucun intérêt au séparatisme et s’accrochera bec et ongles à ses rentes de situation. Un tel constat devrait convaincre les Francophones de ne rien céder, car les transferts NORD-SUD tant vantés sont bien souvent largement compensés par des transports inverses et peu transparents ».
15:34 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gerfa, diagnostic, ambassades, onu, otan, europe, nord, postes |
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24.11.2010
LA LETTRE DE LEOSTENE 24 novembre 2010 n° 623/2010
Cinquième année. Bihebdomadaire. Abonnement 350 euros.
http://www.leosthene.com/
OTAN : leurres et mouvements de fond
“ Il est assez évident pour moi que les Etats Unis et la Russie, comme auparavant, les US et l'Union Soviétique, ne veulent pas d'une vraie Europe, et les positions géopolitiques du début du XXe siècle ont bougé dans ce sens. Dénucléariser l'Europe est une de ces conditions du repositionnement, mais les Etats-Unis craignent aussi de voir l'Europe, de ce fait, tomber dans l'escarcelle de la Russie, d'où tous ces atermoiements ”. Voilà ce que nous écrit un lecteur qui, en termes géopolitiques, pose les termes d’une réflexion sur ce qui s’est joué à Lisbonne, les 19 et 20 novembre derniers, lors du sommet de l’OTAN auquel le président russe, Dimitri Medvedev était convié et avait accepté de participer dans le cadre d’une réunion OTAN Russie, samedi.
Ou plutôt de ce qui va se jouer, comme le précise le général français Stéphane Abrial, commandant à Norfolk (Etats-Unis) de “ l’Allied Command Transformation ” (ACT) depuis septembre 2009 et la réintégration de la France dans le commandement militaire intégré de l’Organisation : « les discussions (les vraies discussions) commencent maintenant et vont durer jusqu’à l’été 2011 ». Discussions entre qui et qui ? Entre des alliés européens en discorde, subordonnés de fait au commandement américain, des Etats-Unis qui tentent de maintenir l’Europe dans une position de dépendance pays par pays et au travers de l’UE, et une Russie extrêmement prudente qui n’a pas oublié qu’elle propose à l’Europe un autre pacte de sécurité, définit par Vladimir Poutine et repris sans ambiguïté sur le fond par Dimitri Medvedev (1).
Ni qu’elle a en discussion avec Washington la ratification du traité bilatéral START II sur la réduction des armes nucléaires, lequel traité, signé par Barack Obama, attend une ratification incertaine du Sénat américain. A quoi pense chacun ? Pour Barack Obama, le théâtre névralgique du monde s’est déplacé en Asie, autour de la Chine. Il aurait pu dans ce cadre accéder aux demandes de retrait de ses armes nucléaires de leur sol formulées par l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique. Il ne le fera pas – selon le communiqué final de l’OTAN (2), au grand dam des anti-nucléaires (3). “ « Tout était lié – le paquet nucléaire et les relations avec les Russes » a déclaré Stevens Clemons, analyste politique à la New American Foundation ” selon le Guardian. Or rien n’est sûr avec Moscou.
Il est vrai, nous dit un politologue militaire russe, le lieutenant colonel Alexandre Perendjiev pour Ria Novosti (4) que “ la coopération militaro-politique entre la Russie et l’OTAN se poursuit (...). Depuis 2001 un travail conjoint et méthodique est mené dans la lutte contre le terrorisme. Une nouvelle filière est également prévue à savoir la lutte contre les pirates. Toutefois, à l’heure actuelle, il n’existe aucun axe global commun (...). Le développement des relations entre les parties est très effectivement très lent malgré l’existence d’une institution aussi sérieuse que le Conseil Russie OTAN dont la mission consiste à échanger des avis et des informations sur un large éventail de problèmes, il existe trop de différences, en particulier dans les mentalités (...)”.
Bien sûr, nécessité fait loi, et concernant l’Afghanistan, le pays “ constitue aujourd’hui le théâtre principal des opérations militaires pour l’OTAN et la proximité entre l’Afghanistan et les frontières russes et l’histoire de notre implication dans ce pays rend la situation très importante pour la Russie. (...) ”. Si la Russie voit bien ses intérêts et ne souhaite pas d’expansion du chaos à travers ses anciennes Républiques, Moscou et ses militaires connaissent la situation réelle de l’OTAN en Afghanistan et ils peuvent choisir d’aider, ou non, les troupes alliées : l’autorisation de passage d’armes non offensives au travers de la Russie et de l’Asie centrale est donc élargie, une opportunité bienvenue quand la traversée du Pakistan se fait difficile – une permission réversible.
Avec leurs alliés européens, les Etats-Unis parlaient d’ailleurs de retrait d’Afghanistan, en langage officiel de “transition” vers un retrait de l’essentiel des troupes étrangères du pays d’ici à la fin de 2014. “ Mais la vraie question est de savoir combien l’Europe pèse dans les décisions prises à Kaboul ou à Bruxelles au siège de l’OTAN. Et surtout, si les pays membres de l’UE ne sont pas contraints de sacrifier prochainement l’indépendance à laquelle ils continuent d’aspirer vis-à-vis de Washington sur l’autel du nouveau concept stratégique adopté à Lisbonne ”, s’interroge Richard Werly pour Le Temps (5). “ La réponse est pessimiste. A l’image de l’impression donnée, samedi soir, par le sommet Etats-Unis-UE organisé en catimini dans la foulée de celui de l’OTAN, avec un Barack Obama fatigué ”.
La lassitude devait marquer aussi les Européens.
En effet, puisque l’expérience montre que le “tout militaire” ne répond pas aux situations actuelles, le “nouveau concept” en discussion dote l’OTAN de structures civilo-militaires destinées à la “stabilisation et à la reconstruction”. Une idée très américaine qui fait écrire à Nicolas Gros-Verheyde, journaliste qui tient un blog dédié à la diplomatie et à l’UE : “ On peut se demander si l’OTAN ne se trompe pas de rôle. A savoir celui de l’ONU ou de l’OSCE, voire de l’Union européenne. Et se pose immédiatement un problème : sur quelle légitimité se fonde l’Alliance atlantique pour s’octroyer ainsi certains rôles qui sortent de la sphère purement militaire et entrent dans la sphère purement civile ? ”. Tout en notant par ailleurs : “ D’un point de vue opérationnel, la plupart des outils nouvellement créés sont une simple reproduction des outils déjà en place ou en phase d’être mis en place au niveau de l’Union européenne ” (6).
Très favorable à une Union aboutie, Nicolas Gros Verheyde minimise les dissensions intra-européennes – en particulier entre la France et l’Allemagne sur le nucléaire. “ Victoire pour la France, qui s’est employée à éviter la dilution de la dissuasion nucléaire dans la doctrine de l’OTAN, la rédaction du concept stratégique maintient que les armes nucléaires (américaines ?) seraient retirées seulement dans une réciprocité avec Moscou ” reconnaît Julian Borger dans le très britannique Guardian. Mais confusion en Europe, quels que soient les communiqués grandiloquents traditionnels après chaque sommet transatlantique. Ainsi notre lecteur a-t-il raison : la prudente Russie – qui préfère comme Washington traiter séparément avec les pays européens – et les Etats-Unis ont-ils poussé les pions et leur agenda au détriment d’une Europe qui ne s’est pas trouvée.
Les “discussions” entreprises avec le général Abrial seront ardues, perspectives budgétaires comprises. Pour l’heure, les objectifs officiels sont ceux de Barack Obama, si tant est qu’il soit suivi dans son propre pays. Mais restons prudents, attention aux leurres (dans ce contexte l’Iran et le bouclier anti-missiles par exemple), si un mouvement de fond est en gestation, une réorganisation du monde en marche, elle est encore dans les limbes.
Rien n’est joué.
Hélène Nouaille
Notes :
(1) Voir Léosthène n° 416/2008 Sécurité européenne : la Russie à l’ouverture (accès libre)
http://www.leosthene.fr/spip.php?article854
(2) Déclaration du sommet de Lisbonne
publiée par les chefs d’État et de gouvernement participant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord tenue à Lisbonne le 20 novembre 2010
(communiqué de presse, en français) :
http://www.armees.com/Declaration-du-sommet-de-Lisbonne,3...
(3) Arms Control Association, le 19 novembre 2010, Experts Call NATO Strategic Concept 'Missed Opportunity to Reduce Role of Obsolete Tactical Nukes from Europe'
http://www.armscontrol.org/pressroom/NATOMissedOp
(4) Ria Novosti, le 23 novembre 2010, (vidéo, 5’, en français) La Russie, l’OTAN et le problème Afghan
Interview accordée à RIA Novosti par l'expert militaire russe Alexandre Perendjiev
http://fr.rian.ru/video/20100824/187290627.html
(5) Le Temps, le 22 novembre 2010, Richard Werly, L’OTAN fait la leçon aux européens
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/439d6ab0-f5b9-11df-9c6f-8...
(6) Bruxelles2, le 22 novembre 2010, Nicolas Gros Verheyde, Quand l’OTAN duplique l’UE
http://www.bruxelles2.eu/europe-de-la-defense/defense-ue-...
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Directrice de la rédaction : Hélène Nouaille (helene.nouaille@free.fr)
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15:04 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : léosthène, start ii, otan, poutine, guardian |
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09.03.2010
LA FLANDRE DOMINE LA BELGIQUE...
Les postes régaliens, la représentation belge à l’étranger, les fonctions européennes, les hautes fonctions dans les institutions belges… rien n’échappe à la Flandre. Les Flamands s’accaparent tous les postes de premier rang « parce qu’ils jugent que les Francophones sont incapables de gérer les affaires ». Pour les Flamands, « ce que la Flandre fait, elle le fait bien ». Voyons ! + + Le Vif/L’Express du 14 décembre 2009 titrait : « Les Flamands trustent les meilleures places ».Cinq de ses journalistes, Marie-Cécile Royen, Olivier Rogeau, Pierre Havaux, Roland Planchard et Jean-Marc Danny dénonçaient en fait un hold-up flamand sur la représentation de la Belgique à l’étranger : « Herman Van Rompuy, CD&Vlaams, et Karel De Gucht, Open VLD, au firmament européen ; Yves Leterme, CD&Vlaams, Steven Vanackere, Open VLD, Pieter De Crem, CD&Vlaams, sur le devant de la scène internationale. + +Et la prédominance flamande se fait aussi sentir dans bien d’autres départements fédéraux. Le Vif/L’Express énumère les postes diplomatiques occupés par les Flamands : = =Jan Grauls, CD&Vlaams, représentant permanent à l’ONU = =Geert Muylle, CD&Vlaams, représentant à l’OTAN = =Jan Matthijsen, Open VLD, ambassadeur à Washington = = Dominique Struye, CD&Vlaams, ambassadeur à Kinshasa = = Parmi les autres postes représentatifs de la Belgique : = =Peters Moors, Open VLD, directeur général de la Coopération et du Développement = =Leo Delcroix, CD&Vlaams, commissaire à l’Exposition universelle de Shanghaï.= =… + + La Belgique flamande, Etat-CVP de la belle époque, renaît, pour autant qu’elle n’ait jamais été enterrée avec le consentement tacite et indifférent des ministres, secrétaires d’Etat, présidents et présidentes de partis, parlementaires, mandataires régionaux, communaux francophones. Tous occupés à s’entre-déchirer par intérêts personnels et particratiques. + +Le nouveau coup de la Flandre : l’appropriation d’autorité du produit de la vente des quotas de CO2 aux compagnies aériennes utilisant l’aéroport national situé à Zaventem. Elle argue le droit du sol. L’entente solidaire entre régions ne sous-entend-elle pas que les retombées des biens nationaux : aéroport de Zaventem, port d’Anvers, port de Zeebruges, centrales nucléaires, chemin de fer, réseau fluvial, Jardin botanique, musées …, bâtis et subventionnés d’une manière directe ou indirecte avec l’argent de tous les Belges, soient redistribuées aux régions selon une clé de répartition à fixer équitablement ? + +Pourquoi la Flandre se gênerait-elle ? Au demeurant, même les groupuscules wallons, rattachistes, autonomistes, séparatistes, belgicains, royalistes et tutti quanti s’entre-tuent et font chorus avec les Flamands dans le dénigrement de Bruxelles. Ils ne voient même pas qu’ils sont manipulés par les Flamands ! Or, la Flandre a un objectif clair : « Cogérer Bruxelles avec les Wallons dans un système colonial à dominance flamande » ; le poids politique du partenaire wallon se mesurant à la pesette du rang du vasselage. + +Un soupir d’amertume sort de notre poitrine.
14:36 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la flandre domine la belgique, representation belge a l etranger, otan, onu, washington, kinshasa, port d anvers, jardin botanique, vasselage, belgique flamande, aeroport de zaventem |
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