21.11.2008

LE RETOUR DE L'ETAT CVP EN PLUS FORT...

Le retour béni par Didier Reynders, vice Premier ministre, ministre des Finances, président du M R : « Avec Yves Leterme, c’est comme un Martens-Gol ». L’époque du tout-puissant CVP, l’époque la glorieuse du CVP, qui s’étendra sur onze ans, que sanctifie Kris Peeters, CD&V, ministre-président du gouvernement flamand : « Les démocrates chrétiens ont réalisé toutes les réformes (de l'Etat, ndlr) qui ont fait de la Flandre ce qu’elle est ». La bénédiction de Didier Reynders à Yves Leterme adoube cette période de glaciation qui paralysa la Wallonie et Bruxelles. + + Une ère de glace politique et de dominance flamande qui revient avec Yves Leterme, CD&V ex-CVP : « Je serai là où la Flandre me demande d’être ». Homme de chiffres, il dit souhaiter être un jour … ministre des Finances. N’est-ce pas une forme déguisée d’affirmer qu’il contrôle le ministère des Finances ? Précisément, le seul poste régalien que la Flandre ne dirige pas. Sachons qu’actuellement la Flandre occupe officiellement six postes régaliens et sous-entend avoir un très large pied dans le septième : les Finances ! La mainmise flamande sur l’ensemble des postes régaliens, sept sur sept ! + +La politique d’implantation monolithique, à reflets colonialistes, pratiquée par la Flandre se caractérise par une prise de possession des principaux leviers économiques du pays. La politique aéroportuaire et la politique ferroviaire sont entre les mains des Flamands. Le marché financier est en train de passer sous contrôle de la Flandre. Fortis et Dexia, à actionnariat francophone, sont balayées ; les branches belges, issues de leur démantèlement, sont sous direction flamande. Il ne fait pas de doute que leurs activités bancaires seront réorientées dans le sens où elles ouvriront un boulevard sur le marché financier francophone au groupe néerlandais ING et au groupe flamand Boerenbond-KBC. Le capitalisme flamando-néerlandais a le champ libre pour s’ancrer majoritairement à Bruxelles et en Wallonie ! + + Que constate-t-on déjà en Wallonie depuis quelques lustres ? Le groupe Boerenbond y contrôle le secteur agro-alimentaire ; les agriculteurs et les éleveurs dépendent de son réseau commercial pour s’approvisionner. Le Boerenbond contrôle aussi l’exploitation forestière et le traitement du bois. La Flandre a des intérêts importants dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et des vacances. Et aussi dans la presse wallonne. + + A ce propos, un de nos correspondants, établi en France, nous écrivait récemment : « … Je savais qu’il fallait beaucoup de chance pour se faire servir en français dans un restaurant de La Roche-en-Ardenne, mais j’ai le regret de constater que la colonisation de la Wallonie et de Bruxelles se poursuit également à travers la presse… Grâce à une erreur commise (par une agence de locations de biens, ndlr), je me suis rendu compte qu’une partie de la presse wallonne, en l’occurrence « Passe-Partout » et les éditions de l’Avenir, était passée sous le contrôle du groupe « De Standaard » et « Het Nieuwsblad » … Mes commandes écrites sont toujours rédigées en français, sur un formulaire unilingue français … Il faut une fameuse dose de cynisme et de mépris pour la langue française pour envoyer une lettre, en néerlandais, à un Francophone en France (pays de langue française, sauf erreur de ma part ) »… + + Sur le plan européen, la Flandre place également ses pions et y impose une image d’une Belgique de langue néerlandaise. Elle préside le Comité des Régions et des Institutions européennes au sein duquel se retrouvent des représentants des autorités régionales et locales de l’Union européenne. Ce Comité rend un avis sur la politique régionale, l’environnement, l’éducation et les transports. + +Un retour à l’Etat CVP marquant. La Republiek Vlaanderen s’affirme. Marianne Thyssen, présidente du CD&V scande : « Rien ne changera à notre ligne flamande ». Faut-il dès lors le bénir ? + +Nous conclurons avec notre correspondant : « Un homme de la trempe de feu André Renard nous manque cruellement pour dire non à la Nation flamande et pour mener la résistance ». Il nous manque effectivement un Sauveur qui revitalise la langue française, qui agit pour que le citoyen d’en bas puisse faire entendre sa voix, qui insuffle le sens de la fierté, le sens du bon sens. Un message de solidarité, de tolérance et de modération.