31.10.2007

LE "GRAND DEBAT" DES LECTEURS DU SOIR ET DU STANDAART... EMOUVANT !

mardi 30 octobre 2007, Claude ThayseJ’étais parvenu à me faire inviter au « grand débat des lecteurs du « Soir» et du « Standaart » ». Ce qui devait être le point d’orgue de la campagne commune « Il faut sauver Willy la Belgique » en faisant se rencontrer (virtuellement d’abord, on n’est jamais trop prudent) depuis plusieurs mois les lecteurs des deux journaux a tenu… toutes ses promesses ! Sous les apparences d’un dialogue policé entre gens de bonne compagnie, quelques personnes choisies sur base d’opinions envoyées par écrit au préalable étaient invitées à donner leur avis. sur un certain nombre de thèmes choisis comme : Pour ou contre Leterme ? La Belgique pays artificiel ? Faut-il compléter la réforme de l’Etat ? Est-ce la presse qui contribue à envenimer les relations entre les deux communautés ? Etc.. Résultats ? Malgré les précautions, la superficialité (on a évité d’aller trop loin sur les sujets qui fâchent) et la qualité de la mise en scène, un beau dialogue de sourds ! Ponctué de votes contradictoires suivant les camps. Je l’ai dit, le public avait été sélectionné, du côté flamand particulièrement. A croire qu’il n’y a aucun électeur du « Vlaams Belang », de la « Lijst De Dekker » ou de la « N.VA » parmi les lecteurs du « Standaart ». Je serais à la place des actionnaires de ce journal, je m’inquiéterais pour l’avenir… A part quelques interventions très modérées concernant l’arrogance des Bruxellois francophones ou « l’impérialisme linguistique francophone » tous ces gens avaient l’air poli et de bonne volonté… comme aurait dit ma grand-mère quand elle parlait de l’arrivée des armées allemandes en 1940… Le public d’expression française était plus bigarré mais très « pro-Belgique unie », à l’exception de quelques rattachistes dont mon ami Paul Durieux qui a été invité à faire une excellente intervention. Des membres connus de B-Plus ou du BUB (quelle est la différence, au fait ?). Une majorité de braves gens, perdus dans leurs émotions, qui étaient là pour expliquer aux Flamands combien on les aime, combien on aimerait être bilingue, combien ils ont à perdre en agissant comme ils le font, combien on regrette qu’ils se sentent incompris, combien leur volonté d’autonomie n’est pas comprise... Et surtout, surtout, combien on ne comprend rien à ce qui est en train de se passer. Montrant par là les limites du travail d’information des journalistes. Béatrice Delvaux qui co-animait le débat n’avait d’ailleurs pas vraiment l’air d’y croire vraiment. Bref, comme j’ai eu l’occasion de le dire à un journaliste du Soir lors du verre de clôture, c’était vraiment « l’Ancienne Belgique ». Ce n’est probablement pas un hasard si celle salle de spectacle bruxelloise appartenant à la Communauté flamande, a été choisie pour ce débat… pathétique.