24.02.2011

LA TENACITE FLAMANDE

 

La ténacité flamande est légendaire. Jules Gheude, essayiste politique, dans le Forum des lecteurs de Le Vif/L’express du 14 février 2011 le rappelait en citant un extrait de la « Lettre au Roi » de Jules Destrée de 1912 : « L’œuvre maudite se poursuit lentement, par degrés, sans brusque éclat, outre la patiente opiniâtreté qu’ils apportent à leurs conquêtes […] Le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination têtue du fanatisme ».

Au demeurant, un proverbe flamand dit « de aanhouder wint ». Pourquoi les Flamands abandonneraient-ils une vertu de la tradition ancestrale ? Doit-on les blâmer de continuer à demander plus à partir du moment où les partis francophones, le PS en particulier, finissent par tout leur céder, principalement, les parties du territoire à forte densité francophone qui ne leur sont pas favorables ? Pensons aux Fourons. Le PS n’est-il pas allé très loin dans les présentes négociations en vue de la formation d’un gouvernement en acceptant ce que les Flamands exigeaient : une vraie grande réforme de l’Etat, et ce, dans le but d’éliminer le MR ? Elio Di Rupo ne cessait-il pas de déclarer : « Nous sommes demandeurs de rien » ?

Certes, le concept d’une réforme copernicienne cale. Parce que les Flamands veulent un peu plus et parce qu’ils ne sont pas encore arrivés au seuil du dernier millième de seconde fatal. Ils viennent de poser la revendication du « Less is more », c’est-à-dire le transfert d’un secteur entier du Fédéral vers les Régions et non plus le transfert partiel de compétences dépendant de divers secteurs.

La stratégie du cartel CD&V/N-VA, le « Less is more », revendication moins large mais plus profonde, est simple : on va jusqu’au point de rupture dans la revendication du transfert complet des compétences d’un secteur déterminé ; on s’arrête et on prend. On ne va pas plus loin… jusqu’au prochain round !

LessBart De Wever  a souvent dit que le chevauchement de compétences freinait toute réalisation systémique d’une réforme de l’Etat. « Ne rêvons plus, déclare-t-il, d’une réforme de l’Etat profonde d’une dizaine de compétences ; limitons-nous à quelques chapitres essentiels… Nous sommes disposés à lâcher des exigences mais en échange nous demandons une régionalisation complète d’un paquet homogène comme la politique de l’emploi… Forcer la décision sur un ou deux dossiers majeurs ». Cette stratégie est la phase finale de l’assaut flamand sur la Belgique entière vers la réalisation du rêve pangermanique de reconstitution de l’empire austro-hongrois. Il ira jusqu’au maximum de l’engrangement de concessions francophones. Espérons que les Francophones ne tomberont pas dans le piège et qu’ils refuseront catégoriquement toute concession, dans un accord soi-disant « équilibré », qui renforcerait la mainmise flamande sur ce qui reste de la vraie Belgique.

Mais l’historien Bart De Wever sait que la France n’abandonnera pas la partie francophone de Belgique y compris Bruxelles. Aussi est-il permis de penser que Bart De Wever a son Plan B dans son objectif d’indépendance de la Flandre ? Son Plan B ne serait-il pas le repli vers l’ouverture d’un couloir reliant la Flandre avec l’Allemagne, créé du côté des Fourons, en faisant sauter le « bouchon » de Plombières ? Il lui suffirait de proposer un troc entre la zone de Plombières et la périphérie bruxelloise. Ipso facto, le problème BHV serait résolu par la scission automatique qu’entraine le troc dans son sillage et les Régions auraient des frontières d’Etat. Le transfert de compétences aux entités fédérées, leur financement et leur responsabilisation ainsi que le financement de la durée de l’Etat ne seraient qu’accessoires ! Une Belgique fédérale survivrait tout en laissant à chacune des entités fédérées la possibilité de façonner son destin.

La mission d’information, prolongée, que le Roi Albert II a confié à Didier Reynders, MR, ministre des Finances, est capitale, dans les orientations qu’elle suggérera, pour l’avenir de la francophonie belge.

14.09.2010

LE PLAN B, C'EST QUOI ?

C'est quoi ? "Le Plan B, on n'y est pas encore. Cependant l'intelligence et la lucidité veulent qu'on ne puisse plus l'exclure", déclare Philippe Moureau, PS, président de la Fédération socialiste de Bruxelles, député-bourgmestre de Molenbeek.

Mais, c'est quoi donc le Plan B ? "On ne peut pas le dire; les citoyens n'ont pas envie d'entendre ça, ils n'y sont pas prêts ; le premier qui va oser évoquer cela va être mal reçu", chuchote-t-on dans le monde politique ! Quoi ? Les présidents des partis imposent-ils l'omerta sur le Plan B ? Serait-ce du vent ? Ou des ballonnets qu'on lance pour voir de quel côté souffle le vent ?

Mais, alors à quoi sert ou a servi le fameux groupe "4P3U" constitué en 1997 par 4 partis politiques, PS, MR, CDH, ECOLO, et par 3 professeurs d'université ? A quoi sert ou a servi le groupe Busquin-Spaak ? Top secret ! Affaire défense !

Mais, enfin, c'est quoi le Plan B ? N'y aurait-il pas tant de plans B que les initiateurs ne savent plus distinguer le Plan B des plans B fantômes ? Le Plan B serait-il une Fédération Wallonie-Bruxelles suggérée par les ministres-présidents Rudy Demotte, PS, côté Région wallonne, et Charles Picqué, PS, côté mini-Région bruxelloise ? Le Plan B serait-il précisément la constitution d'un Etat Wallonie-Bruxelles, dénommé aussi Fédération Wallonie-Bruxelles, qui semble le plus probable pour le quotidien Le Soir ? Des questions et encore des questions sur son existence !

Et si le Plan B n'était que la suppression pure et simple de la mini-région bruxelloise par son intégration en Flandre ?  Tout comme l'ont été les Fourons, intégrés en Flandre avec la complicité du PS. Le Plan B ne serait-il pas, finalement, le repli PS sur la Wallonie ?  Le lancement du modèle "Fédération Wallonie-Bruxelles" ne serait-il pas le paravent qui cache, pendant la « période préparatoire des esprits », un accord négociant la division de la Belgique en deux Etats décrétée dans la Flamenpolitik pendant la Grande Guerre 14-18 par le Mouvement flamand et l'occupant allemand donnant à l'Allemagne un accès à l'Atlantique : la Flandre (Vlaanderen) avec Bruxelles comme capitale, et la Wallonie avec Namur comme centre administratif et Liège comme centre artistique et culturel, la Région germanophone réintégrant l'Allemagne et emportant un  bout de la Wallonie permettant une liaison avec les Fourons ?

La Flamenpolitik bien en route. Tout en assurant à la Flandre, pendant la "période préparatoire" de constitution de deux Etats, la conclusion, à ses conditions, d'une réforme de financement des Régions et d'un large transfert de compétences du Fédéral aux Régions, notamment le transfert intégral de la fiscalité ! La soumission à la Flandre !

Le Plan B, c'est de la poudre aux yeux ! Un plan véhiculant des jours douloureux par les Wallons et les Bruxellois francophones habitant l’agglomération bruxelloise et sa périphérie !

14:45 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : plan b, wallonie, flamenpolitik |  Facebook |

12.06.2010

LE PLAN B : UNE FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES? UNE FUMISTERIE ?,SECRET DEFENSE ?

LE PLAN B : UNE FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES ? UNE FUMISTERIE ? SECRET DEFENSE ? " Nous prendrons nos responsabilités si la Belgique se sépare " s'est exclamé Elio Di Rupo. Un Plan B ? Remous dans le monde politique. + +Joëlle Milquet, présidente du CDH, enchaine : "Notre Plan A, c'est un fédéralisme rénové… On réussira ce plan A… Mais si un partenaire (Ndlr : la Flandre) veut s'en aller, mais qu'il s'en aille… mais ce sera sans Bruxelles". + +Didier Reynders, président de la Fédération MR, se démarque : "Je ne comprends pas l'attitude des présidents du PS et CDH qui s'inscrivent dans la logique des nationalistes flamands de Bart De Wever en parlant d'un Plan B pour la Belgique en invoquant la fin de la Belgique… C'est une perspective qui n'est voulue ni par les Francophones de Wallonie et de Bruxelles ni par les germanophones". + +Rudy Demotte, PS, ministre-président de la Région wallonne, en accord avec son président Di Rupo, affirme : "La Wallonie n'acceptera jamais qu'on menace l'existence des Bruxellois flamands ou francophones". + +Olivier Maingain, président du FDF, dans la ligne de la Fédération MR, est net : "Sortir de la logique d'Etat fédéral, c'est se mettre en position de faiblesse… Le confédéralisme, c'est le plus grand danger pour Bruxelles… Nous pourrions assurer la continuité de l'Etat belge (Ndlr : création de la Fédération Wallonie-Bruxelles), mais nous n'assumerons ni le poids, ni la responsabilité, ni le désavantage de l'initiative du séparatisme… Les Francophones doivent se ressaisir sur une ligne de conduite claire : ni confédéralisme, ni séparatisme". + +Marcel Cheron, Ecolo, consensuel : " Ce n'est pas notre choix, ce Plan B, mais si la Flandre veut s'en aller, il faut qu'on fasse le choix de maintenir ensemble la Wallonie et Bruxelles, avec une solidarité interrégionale d'Arlon à Bruxelles". + + Le Plan B avancé par Elio Di Rupo, président du PS, serait-il "Secret défense" ou ne serait-il que fumisterie, l'expression de l'aboulie des partis politiques francophones ? En tout cas, à la question posée par la journaliste du JT de la Une sur l'existence d'un Plan B, Elio Di Rupo s'est lancé dans un salmigondis invraisemblable de paroles sans jamais dire oui, ni non, ni prononcé le mot Plan B, ni s'y référer ! Et il remet le couvercle sur le mot Plan B, au JT de Matin Première du mercredi 9 juin 2010 en éludant la question d'un auditeur : "Les francophones ont-ils un Plan B ?" Il répond : "Si un jour on doit arriver au stade de la séparation, alors, bien entendu, faites confiance aux formations politiques ; elles sont capables de répondre à une telle situation. Nous avons toutes les capacités, les talents, la force de travail, la productivité, l'intelligence et une jeunesse qui ne demande qu'à démontrer ses capacités… Nous n'allons pas parler de choses qui pourraient se produire dans 3 ou 5 ans ! + +La grande presse quotidienne s'interroge. "Et si, pour une fois, on n'était pas des nains ? N'y a-t-il pas, dans ce momentum, une formidable opportunité à saisir ? Et si c'était l'occasion qu'il ne faut pas rater ? se demande Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du quotidien Le Soir, dans son édito du jeudi 10 juin 2010. + + Vincent Laborderie, doctorant en sciences politiques de l'UCL, demande que l'on achève la refonte de l'Etat : "Il n'y a aucune raison d'évoquer le scénario d'un éclatement du pays. L'indépendance de la Flandre n'est pas à l'ordre du jour : les partis du Nord du pays ne sont d'ailleurs pas prêts pour franchir le pas… Il serait autrement plus périlleux d'organiser la scission du pays que de réaliser une réforme de l'Etat qui mette en place des structures plus efficaces. A cet égard, la Belgique est encore loin d'être le pays le plus décentralisé de tous les pays fédéraux". + +Le Gewif, Centre d'Etude pour la Wallonie intégrée à la France, est catégorique ; il ne faut pas se leurrer : "Un Etat Wallonie-Bruxelles n'est pas viable" faute de moyens. Mais alors, que devrait faire l'Etat Wallonie-Bruxelles ou la Fédération Wallonie-Bruxelles pour faire suite à l'indépendance de la Flandre ? La seule réponse à la question, selon Gewif, c'est se tourner vers la France. Mais, la France voudra-t-elle de la mini-Belgique ? Nous n'en sommes pas encore là. "Restons, comme dit Olivier Maingain, dans la logique d'un Etat fédéral respectant chacun de ses composants". Le tout est de savoir ce qu'est un Etat fédéral : ses attributions, ses pouvoirs, sa représentation ? Mais qu'est-ce qui nous attend ? + +Marianne Thyssens, présidente du CD&V, un tant soit peu ambiguë : "Pour Bruxelles, nous voulons renforcer le lien avec la Flandre. Nous voulons investir à Bruxelles mais aussi à améliorer la gestion. Bruxelles est une Région, mais pas une Région à part entière". + +Elio Di Rupo, président du PS, est tout aussi ambigu : "Bruxelles est capitale de la Flandre, capitale de la Communauté française de Belgique, capitale de la Belgique, capitale de l'Europe. Nous voulons que Bruxelles soit une Région à part entière… Nous avons été là à toutes les grandes réformes". + +Notre conclusion. + +Rien de bon tout cela ! Enfin, ça se négocie. Nous avons toutefois de grandes craintes pour l'avenir de Bruxelles française, de la Wallonie wallo-française. + +Il n'y a cependant pas lieu d'avoir peur d'une partition du pays. Selon un tout récent sondage effectué par un grand quotidien français, 68 % de Français accueilleraient à bras ouverts les Wallons et les Bruxellois ! Une nouvelle patrie ?