01.07.2009

FINANCES - LES TRIBULATIONS DES BUDGETS... AUX ABYSSES !

On n’est guère bavard du côté des Finances fédérales. Cela va-t-il si mal ? Laisse-t-on pourrir le problème ? L’équipe pentapartite gouvernementale se désintéresse-t-elle de la récession ? Est-elle partisane de la méthode Coué : tout va très bien... ? L’autosuggestion. + +Nous opterions pour un pourrissement de la situation de façon à provoquer des élections législatives en automne. N’oublions pas que l’axe CD&V/NV-A est sorti renforcé des élections régionales du 7 juin 2009. + + Un petit retour en arrière. Il nous force à nous contenter des déclarations des uns et des autres.Le secrétaire d’Etat au Budget, Melchior Wathelet, CDH, n’est guère loquace : « Nous avons adopté un plan de relance, pour tenter de limiter au maximum les effets de la crise pour le citoyen... Ce serait de la folie d’en faire davantage vu le contexte budgétaire... ». + + Le Premier ministre, Herman Van Rompuy, CD&V, masque le malaise qui plombe la majorité gouvernementale : « Si nous n’en faisons pas davantage, c’est pour ne pas dépenser davantage. L’immobilisme apparent procède en fait d’une politique prudente et raisonnable ».En fait, le gouvernement se tâte. Ivan Van de Cloot, économiste en chef du Centre de réflexion Itinera, observe : « Le gouvernement table encore pour son budget sur une baisse du PIB de 1,9 % cette année. Mais dans ses prévisions, le FMI avance plutôt le double, soit 3,8 % ». + + Se voiler la face ! La non-prise en compte de la réalité ! Ne pas heurter l’électeur ! Duper le citoyen ! Le gouvernement fédéral attend que les élections régionales soient passées. Mais, la « temporisation » politicienne du gouvernement a énervé la Commission européenne. Le Commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, sermonne la Belgique pour une transmission tardive du budget – six mois de retard – et le recale pour un manque d’informations : « Très, très peu d’information ont été incluses ». + + Les élections sont passées. Nous sommes le 25 juin 2009, Herman Van Rompuy, CD&V, Premier ministre, veut accélérer la confection d’un budget pluriannuel 2010-2011. Un budget de deux ans . Il presse les entités fédérées à lui communiquer des chiffres ; il est lui-même sous la pression de la Commission européenne. A la Chambre des Représentants, il déclare : « Cela n’a rien à voir avec un diktat du fédéral, mais il n’y a pas de place pour un fédéralisme d’opposition, il y a va de notre bien-être à tous ». + + Les données budgétaires des entités fédérées et de la Communauté française ne sont pas enthousiasmantes. Bien au contraire. Glaciales. Didier Reynders, MR, ministre des Finances – le MR ne fera pas partie des gouvernements bruxellois, wallon et de la Communauté française – boit du petit lait ! Il interpelle les gouvernements fédérés et les presse de contribuer à l’effort budgétaire commun. Et il réclame de lourds sacrifices aux Régions. + + On avance des déficits budgétaires 2009 qui donnent le tournis : 200à 400 millions d’euros pour la Région bruxelloise, 220 millions d’euros pour la Région wallonne, 511 millions d’euros pour la Communauté française, 1,9 milliard d’euros pour la Région flamande. A ajouter les accommodements communautaires qui découleront d’un « accord de coopération entre gouvernement fédéral et entités fédérées. Ce qui ne sera pas chose aisée avec l’arrivée de la NV-A dans le gouvernement régional flamand. Et Ecolo remet une couche avec son « durable ». + + Fermons les yeux et bouchons les oreilles pour 2010. Abyssaux. De lourds nuages noirs, chargés de glaçons, s’amoncellent au-dessus du gouvernement fédéral ! + + D’emblée, Elio Di Rupo, PS, député-bourgmestre, président du PS, agite ses banderille : « Je suis tenté de dire qu’il faudra faire le minimum minimorum. Mais je suis lucide : tout le monde devra accomplir des efforts, mais de façon très modérée vu la situation qui est la nôtre ». Par tout le monde, il vise notamment les bénéficiaires des intérêts notionnels. + + Charles Picqué, PS, ministre-président pressenti du gouvernement bruxellois, pose ses balises en raison des charges particulières que l Région de Bruxelles doit assumer : « A un moment donné, il sera peut-être question d’une diminution des dépenses à Bruxelles, mais faut-il que Bruxelles soit plus sanctionnée que les autres alors qu’elle assume les charges de capitale nationale et internationale (et de la Flandre, Ndlr) et qu’elle est moins bien financée ? Ou bien, elle reçoit un financement plus important – mais c’est un vaste débat – ou, pour le court terme, on l’autorise à s’écarter un peu des trajectoires imposées aux entités fédérées ». + + Pour ne pas être en reste, Melchior Wathelet, CDH, secrétaire d’Etat au Budget, fixe l’effort budgétaire global d’ici 2015 à quelque 20 milliards d’euros à entamer dès le budget bisannuel 2010-2011. Il prévient que tout le monde contribuera = les entités fédérées, les pouvoirs locaux, les citoyens. + +On est prévenu. Sombres, sombres les journées de septembre ! Dures, dures, seront les années 2009, 2010 et 2011 ! Car tous ces chiffres négatifs n’augurent rien de bon. Pour faire passer la pilule, il nous administrée une recette de grand-mère : le gargarisme avec l’éthique et le durable ! Et après l’effort, nous dit-on, plus belle sera la vie ! + +Mais au fait, les parlementaires et mandataires à tous les niveaux se serreront-ils la ceinture : plus de voiture de fonction, plus de chauffeur, plus d’attachés de Cabinet, plus de secrétaire particulière, plus d’avantages de toute nature... La question mérite d’être posée !

22.06.2009

LA DOCTRINE "MADDENS", WHAT IS DAT...

L’observation qui peut être faite des résultats des élections du 7 juin en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre : c’est leur différence. + + Sur le plan économique. En Wallonie, c’est le système socialiste qui s’impose ; à Bruxelles, c’est le système libéral qui est en tête ; en Flandre, c’est le système chrétien-démocrate. Trois systèmes basés sur des lois socio-économiques, socioculturelles et socio-éducatives de plus en plus éloignées les unes des autres, avec une touche de correction à Bruxelles qui, par l’utilisation du français en commun avec la Wallonie, est favorable à une solidarité de gestion avancée entre elles. + + Sur le plan politique. Les deux communautés, flamande et française, campent sur leur mantra. La Communauté flamande veut une réforme institutionnelle : « Nous voulons plus de compétences ». La Communauté française défend le statu quo institutionnel : « Nous ne sommes demandeurs de rien ». L’idée de la poursuite du destin commun est de plus en plus critiquée. Le blocage. + + En Flandre, une nouvelle approche communautaire prend corps sous l’impulsion de Bart Maddens, politologue à la Katholiek Universiteit van Leuven, KUL : « Mettons fin au dialogue communautaire. Utilisons largement nos compétences ». Une stratégie nationaliste agressive basée sur le « pourrissement » : la Flandre n’est plus demanderesse de quelque chose ; elle s’en tient à ses propres compétences quitte à contourner la Constitution. Les francophones, « demandeurs de rien », seront bien contraints à céder et à quémander des aides financières. + + Au demeurant, Frank Vandenbroucke, SP.A, ministre flamand de l’Emploi a déjà, pris les devants en appliquant une diminution des charges sur le travail pour les travailleurs de plus de 50 ans. Une avancée en matière de régionalisation de la Sécurité sociale. + + Et Bart De Wever, NV-A, président de la NV-A, de retour au gouvernement régional flamand de souligner : « Bientôt les francophones seront demandeurs d’une réforme de l’Etat. Cela peut même aller vite : la Communauté française aura bientôt besoin d’argent pour son enseignement. Celui des accords du Lambermont est presque dépensé ». La grande réforme de l’Etat sera flamande par abandon. + + Les partis gouvernementaux francophones sont avertis. A eux de ne pas caner. Résistance. Mais, nous ne pouvons qu'exprimer des craintes au regard de la tendance Ecolo aux « accommodements ». + + A nous les citoyens d’en-bas, d’affirmer nos convictions, d’unir nos forces, de faire entendre notre voix auprès de ceux à qui, dans l’isoloir, nous avons donné mandat de représenter nos intérêts légitimes. + + Soyons des ambassadeurs et des ambassadrices de notre Communauté française : défendons avec ténacité la langue et la culture françaises. C’est l’appel de la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles. L’alliance francophone. + +