02.09.2008
PAROLES PREMONITAOIRES : FAUDRA-T-IL SONNER LE GLAS DES POW-POWS ? ...
• UYTTENDAELE Marc, avocat, professeur de droit constitutionnel à l'ULB. Carte blanche – Le Soir du 18 octobre 2004 : … Si on estime que le gouvernement fédéral doit assumer une mission de pacification nationale, qu'il est le garant des grands équilibres nationaux et d'un intérêt interfédéral, il est hautement souhaitable de privilégier la logique des coalitions symétriques… Si, en revanche, on estime que le gouvernement fédéral n'a d'autre mission que d'exercer ses compétences propres, sans se préoccuper de ce qui se passe dans les Région et les Communautés, la logique asymétrique ne doit pas résolument être écartée. Il en va d'autant plus qu'elle permet à chaque entité d'être gouvernée par une coalition qui reflète sa réalité sociologique, ce qui constitue, il ne faut pas l'oublier, l'une des raisons d'être d'un régime fédéral… Il faudra oser répondre à cette question avant de remettre le couvert pour de nouvelles réformes institutionnelles, car la réponse qui y sera donnée conditionnera fondamentalement la manière de dessiner le futur paysage institutionnel de notre pays. Si le gouvernement doit jouer cette mission d'intérêt global, il faudra oser lui donner les moyens de sa politique. A l'inverse, si c'est chacun chez soi, le chacun pour soi qui prédomine, il faudra revoir la répartition des compétences pour que chaque partenaire ne soit pas paralysé par un autre lorsqu'il essaie d'élaborer une politique cohérente. Il faudra sonner le glas des "pows-pows". Il n'est qu'une conclusion : le statu quo risque bien de transformer l'ensemble des partenaires de la Belgique fédérale – l'autorité fédérale comme les Régions et les Communautés – en autant de chèvres de monsieur Seguin…• COPPI David, journaliste. Edito du quotidien Le Soir des mercredi 04 mai et jeudi 05 mai 2005 : " Il faut que tout change pour que rien ne change, et pour que ce soit pire qu'avant. C'est un peu le cas dans l'"affaire" BHV, où certains envisagent le retour aux urnes anticipativement comme une solution en dernier ressort mais une solution quand même après l'échec des négociations entre Flamands et francophones… Des élections législatives, donc : mais pour quoi faire, et avec quelles conséquences ? ++ Le nœud Bruxelles-Hal-Vilvorde ? Il restera entier, et sera plus serré encore qu'il ne l'est aujourd'hui après que les nationalistes flamands (de tous partis) auront tenu la vedette dans une campagne électorale extrêmement agressive sur le plan communautaire… ++ Tout ça ne promet rien de bon. Tenez, tant qu'à noircir le tableau : imaginez un moment que la France dise non par référendum le 29 mai à la Convention européenne (ce qui fut le cas, ndlr)… Cela ne rouvrira-t-il pas une période d'instabilité sur le Vieux Continent, favorisant les "nations" au détriment de l'Union, le "chacun pour soi" contre l'interdépendance ? ++ Dans un tel contexte, celui d'un affaiblissement du "cadre" européen, il ne serait pas soit de croire que la Belgique, livrée à elle-même, deviendrait le théâtre d'une crise de régime prolongée, accompagnée d'un accroissement brutal des tensions entre les communautés, à et autour de Bruxelles notamment. Un cauchemar ". ++ Des élections, il n'y en eut point en 2005. Les élections législatives du 10 juin 2007 ont parfaitement donné raison à David Coppi (Ndlr).• BOUILLON Pierre, journaliste. Le Carnet du Samedi, du quotidien Le Soir des 12 mars et dimanche 13 mars 2005 : … C'est une question de temps : on y viendra (l'élargissement de BHV, Ndlr). En tout cas : qu'il s'agisse de "bruxelliser" six communes flamandes ou un demi-arpent, le mot élargissement figurera dans le compromis ou le compromis n'existera pas. L'élargissement est officiellement exigé par PS, M R, CDH et ECOLO en échange de BHV – c'est le sens de leur accord de janvier, qu'il sera difficile de faire oublier. Et on ne voit pas d'autre monnaie d'échange? Bétonner les facilités, comme y songe Verhofstadt ? La Flandre est prise à son propre jeu : les facilités ont été bétonnées deux fois (1988 et 1993) et ça n'a servi à rien. On dit qu'un âne ne bute pas deux fois contre la même pierre; à partir de trois, l'acharnement s'ajoute à la bêtise.• LUCHTENS Roger, Bruxelles. Le Munich bruxellois. Courrier du quotidien Le Soir : … Bruxelles est – sans rire – la troisième ville francophone du monde, mais elle est entourée de communes flamandes. Les partis flamands tentent de ce fait de faire croire qu'il s'agit d'une ville flamande francisée, ce qui est faux historiquement… ++ Ceux qui pensent que l'apaisement est une solution ont la mémoire courte. Si les partis francophones capitulent une fois encore, la seule issue possible sera de créer, bon gré mal gré, une nation francophone avec Bruxelles, la Wallonie et les six communes à facilités. Cela pourrait arriver plus tôt que ne le pensent certains…
15:26 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections, nation, federal, uyttendael marc, pacification, pow-pows |
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