23/04/2013

A L'HORIZON 2014 : LA FLANDRE HORS N-VA SE POSITIONNE

A L’HORIZON 2014 : LA FLANDRE HORS N-VA SE POSITIONNE

 

A un an des élections de mai 2014, les partis flamands hors N-VA se positionnent : « Le communautaire au rancart. La N-VA, n’en parlons plus ! » . Pilotés par la nouvelle philosophie de Johan Vande Lanotte, SP.A : « La N-VA , Geen commentaar !, ils veulent se montrer zen et s’occuper uniquement du socioéconomique  ; pour eux, « le communautaire, ce n’est pas tout ». Ils laissent le communautaire à la N-VA, premier parti flamand.

 

* Le CD&V, le second parti de Flandre, se présente la « main tendue ». Un CD & V accueillant, ouvert, collaborant, bâtisseur…. Une force positive, une force tranquille. Un parti qui remet au goût du jour, le vieux slogan de son ancien ministre-président Gaston Geens : « Ce que nous faisons nous-mêmes, nous devons le faire mieux  ;  ce que nous faisons ensemble doit être fait autrement ».

Son président actuel, Walter Beke, invite, dans cette optique, les présidents des autres partis flamands à « travailler ensemble oui mais différemment ! ». Un autre visage du front flamand, un visage de coopérant dans le cadre de la nouvelle Belgique issue de la sixième Réforme de l’Etat. Il annonce : « 2014, année des élections, ne sera pas l’année durant laquelle nous allons demander un nouveau tour dans la réforme de l’Etat, mais l’année au cours de laquelle nous allons utiliser les nouveaux moyens et les nouvelles compétences pour une politique encore meilleure en Flandre ». Son Secrétaire d’Etat, Hendrik Bogaert, confirme : « Le centre de gravité a bougé. Il faut donner une chance à cette nouvelle Belgique. C’est une nouvelle période. Maintenant on a un espoir".

 

* L’Open VLD se présente comme un parti qui a retrouvé la sérénité, la confiance en lui-même : un « parti à idées ». Sa nouvelle présidente, Gwendolyn Rutten, s’appuie sur trois piliers :

- Réforme des allocations familiales : attribution de l’allocation la plus élevée au premier enfant

- Réforme des droits de succession : simplification du système sur le modèle du système des donations et des droits d’enregistrement

- Réforme de l’imposition : simplification du système de taxation en utilisant la future économie fiscale comme levier.

 

* Le SP.A emprunte le même chemin de la simplification des institutions dans un esprit de collaboration et non de polarisation. De l’humanité. L’écoute et l’attention à l’autre. Revisitation des fondamentaux.

 

* Groen reste sur sa ligne traditionnelle : Le communautaire ne l’intéresse pas. Son président, Wouter Van Besien, rappelle : « Pour nous, ce qui importe en vue de 2014, c’est le socioéconomique. La N-VA veut privilégier le communautaire, ce n’est pas notre choix. Priorité absolue au socioéconomique ».

 

* L’opinion publique. Le positionnement des partis flamands traditionnels laisse percer un doute parmi l’opinion publique.

Carl Devos, politologue à l’Université de Gand, pense que « la stratégie de Johan Vande Lanotte peut fonctionner à condition qu’elle soit largement appliquée… Mais il me semble impossible que le parti tout entier le fasse… ». Il préfère la position du CD&V : « Le communautaire, ce n’est pas le sujet ».Et il précise : « Si les autres suivent, cela veut dire que les médias, les observateurs ne vont pas faire de l’institutionnel le sujet numéro un. La N-VA se retrouvera seule… ».

Un « si » citoyen.

Ne nous laissons pas berner ; ne soyons ni dupes, ni aveugles ! En coulisses, les trois partis flamands traditionnels soutiennent l’action de la N-VA. La tactique du CD&V, de l’Open Vld et du SP.A est de laisser à la N-VA l’exercice de la pression communautaire sur les Francophones de manière à accélérer la mise en place d’une Belgique confédérale après la consolidation des acquis de la sixième Réforme de l’Etat.

Du côté de la droite flamande, il s’agit de préparer la fusion du CD&V et de la N-VA dans un grand parti social chrétien dominateur de la Confédération par-dessus les frontières des Régions. Du côté libéral et du côté socialiste, il s’agit de se constituer un espace suffisant pour s’accrocher au nouveau parti social-chrétien dominant.

Une entente cordiale entre les trois partis traditionnels flamands et la N-VA. Au demeurant, Ben Weyts, député N-VA, balaie déjà le terrain en appelant les communes du Brabant flamand à ignorer la proposition d’entrer dans une « Communauté métropolitaine » avec Bruxelles, prévue dans la sixième Réforme de l’Etat – qui sera votée par le CD&V, l’Open Vld et le SP.A -.Le député N-VA met en garde ses compatriotes flamands à un « Anschluss de la Wallonie sur Bruxelles », une annexion de Bruxelles par la Wallonie ? Pas question pour la Flandre de lâcher Bruxelles, Bart De Wever le précise sans ambages ; « Je ne lâcherai jamais Bruxelles ».

 

La réplique francophone s’appuiera-t-elle sur le positionnement du député MR, Denis Ducarme : « Nous verrons à la sortie des urnes, mais s’il y a une nouvelle poussée communautaire en Flandre, alors la raison commanderait de constituer UNE GRANDE UNION FRANCOPHONE » ?

Nous voudrions y croire.

 

Le PS et le CDH ne mouftent mot sur l’après élection. Le PS loue le travail en commun avec « Johan ». Chercherait-il à assurer la poursuite de son règne de 25 ans consécutifs au Parlement fédéral ? Le CDH rêverait-il d’entrer dans le nouveau Grand Parti social chrétien ? De son côté, le FDF se fige dans le libéralisme social qui ne veut rien dire. Chercherait-il uniquement à régler ses comptes avec le MR ?

Nous voudrions connaître leur vrai positionnement. En attente d’un messie.

 

Raymond WATRICE

21/11/2011

LES MINAUDERIES DES PARTIS TRADITIONNELS OU LA GUERRE DES PARTIS...

 

Ainsi pourrait-on caricaturer les simagrées du MR et du PS : pour les uns prendre le pouvoir en Wallonie et à Bruxelles, pour les autres conserver ce pouvoir. Et Ecolo n’est pas en reste ; ses professions de foi « hypocrites » pour une Belgique unitaire se multiplient en présentant son union avec Groen, le parti flamand écologiste, aussi nationaliste que les autres formations politiques flamandes.

Chacun d’entre eux se montre plus attentif que l’autre aux problèmes sociaux. Le MR affirme que le PS veut taxer les carnets d’épargne, augmenter le prix des titres services, taxer les voitures de société, lever un impôt sur le patrimoine, réformer les intérêts notionnels…Taxer et taxer encore… ! En général les libéraux estiment que les propositions du socialiste Di Rupo sont « indigestes ». Ils se réjouissent, toutefois, des propositions portant sur la réduction des allocations de chômage, sur la réforme des pensions, sur l’augmentation de la quotité exemptée d’impôts, sur la réduction des dépenses des ministères et des administrations publiques, sur la réduction des soins de santé…
Et le marathon continue. Les partis jouent à qui lâchera le premier. La loi de la particratie. Des questions se posent. Le MR fait-il payer au PS l’humiliation de l’avoir écarté des institutions régionales alors qu’il est le premier parti à Bruxelles, (maintenant le second parti à Bruxelles après le retrait du FDF de la fédération MR) et le second parti en Wallonie ? Le PS marque-t-il son arrogance d’être le premier parti en Wallonie et, maintenant, le premier parti à Bruxelles ? Le CDH s’accroche-t-il docilement au PS pour se maintenir au pouvoir régional ? Ecolo développe-t-il une image rouge jaune pour bétonner son avenir ? Dans cette lutte entre les deux Grands, les deux poucets, le CDH et Ecolo, tentent de faire entendre leur voix en l’axant pour le CDH sur les services de sécurité et d’incendie et pour les Verts, interdits de gouvernement fédéral,  sur la carte de l’emploi. « L’austérité ne créera pas d’emploi » déclare Jean-Marc Nollet, député Ecolo.

Les petites phrases assassines fleurissent. La particratie épanouissante. Un observateur flamand s’exclame : « Pour moi, les libéraux flamands veulent montrer à quel point le prochain gouvernement sera meilleur que le précédent. Et le MR souhaite à tout prix affaiblir Di Rupo ». Didier Reynders, MR, ministre des Finances, assène dans le Morgen : « Le PS doit, à son tour, payer, le MR ayant, lui, déjà payé un lourd tribut sur l’institutionnel. Le poste de Premier ministre, cela a un prix ». Un aveu indirect d’un accord non équilibré sur l’institutionnel : la scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde sans contrepartie ! Dans les rangs du MR, on lance des « piques », on répand des « vannes » : « Dans le communautaire, le formateur était au-dessus de la mêlée. Sur le budget, on voit maintenant qu’il est d’abord le président du PS ». Le CDH s’ébroue et adresse des reproches au formateur Elio Di Rupo tout en le poussant à avoir une « attitude plus énergique » : « Il est temps que le formateur tape du poing sur la table… Un formateur lent, passif, manquant de leadership ». Pas moins ! Eric Van Rompuy, CD&V, enfonce le clou sur son blog : « Di Rupo n’a toujours pas prouvé qu’il est un Premier ministre capable de conduire le pays en temps de crise économique… Di Rupo déçoit, c’est ce que j’entends quotidiennement au CD&V et en dehors ». Les syndicats s’impatientent.

Hors l’arène, le PS se donne une image de grand seigneur, de sauveur du pays. Le MR, après avoir perdu le FDF, pour avoir donné son accord sur la scission de BHV et avoir lâché la périphérie bruxelloise, tente en coulisse de nouer un « deal » avec le PS pour bétonner une entrée dans les gouvernements régionaux en proposant, au surplus, la mise en sourdine de ses exigences en matière socio-économique. L’idée d’une entrée du MR dans les majorités régionales fait son chemin dans les partis. Alors, l’annonce d’une prochaine entrée du MR dans les majorités régionales sera-t-elle pour demain, dès avant la mobilisation générale du 2 décembre prochain ? Pour les libéraux, les socialistes, les sociaux-chrétiens, c’est un « oui » voilé. Pour les Verts, c’est « niet » : « Ce ne sont que des manœuvres en « communication » de la part des états-majors bleus et rouges qui s’affrontent », rapporte Le Soir du 17 novembre. La mise en place des grandes manœuvres ! « Le trop à gauche » serait en cours d’être « adouci » par un geste socialiste sur les allocations de chômage, la réforme des pensions et sur l’indexation des salaires… ! Du bleu au programme gouvernemental !

Mais, encore un chouia de dramatisation ! Du côté flamand, les bons mots réapparaissent ! « Le problème se trouve surtout au PS » pontifie Vincent Van Quickenborne, Open VLD. « Le PS ne se comporte pas comme un parti qui doit fournir un Premier ministre » assène le socialiste flamand Bruno Tobback, SP.A. Du côté francophone, on peut lire dans Le Soir du 18 novembre 2011 une flopée de « bons mots » : « A gauche et au centre, on entendait ceci : « Mais à quoi jouent les libéraux ? On dirait qu’ils freinent la négociation. On ne comprend pas cette stratégie ». A droite, on entendait ceci : « Mais qu’attend Elio Di Rupo pour faire un pas dans notre direction ? Il suffit d’un petit geste de sa part, et le budget est bouclé. Cela peut prendre une heure ». Côté MR, on se défend de faire traîner les débats : « Il n’y a pas de petits jeux politiques. Il faut faire un effort historique de 11,3 milliards d’euros et c’est difficile entre le PS et les libéraux. C’est la seule réalité ». Charles Michel ferait payer le prix de son lâchage de la périphérie bruxelloise. Ahurissant ! Côté PS, on répète que, des concessions, Di Rupo en a fait à l’envi : « Ses notes sont déjà des textes de compromis. Et aller encore plus loin, c’est déséquilibré ». Et ça grince, ça grogne, ça gronde du côté de la FGTB ; on y estime que le PS renie ses engagements électoraux de juin 2007 et qu’il perd son âme !

Dramatisation ! La particratie au pouvoir !

Osons demander la vérité ! Osons questionner ! Osons la créativité ! Appelons à une logique de rassemblement des forces wallonnes et bruxelloises, à la naissance d’un parti rassembleur, bâtisseur !

Vouloir un avenir stable. Ouvrir les yeux. Bannir le mirage des privilèges.

 

Mauri Villa

16:48 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, bruxelles, groen, di rupo, ps, mr, cd&v, open vld, fdf, cdh, ecolo |  Facebook |

13/08/2011

LE SORT DU FRANCAIS EN BELGIQUE ENTRE LES MAINS DU MR..

C’est bien le sort de la langue et de la culture françaises qui se joue dans la sphère politique. Ce n’est pas le sort de la Belgique en tant qu’Etat souverain qui est en péril ; la Flandre, nonobstant des déclarations d’ultranationalistes et d’autres dits démocrates, l’a dit et répété : « Nous  ne voulons pas la fin de la Belgique, nous voulons une Belgique flamande, confédérale sous notre vasselage ».

Le PS de Elio Di Rupo, le CDH de Joëlle Milquet, Ecolo de Jean-Michel Javaux, ont marqué leur accord pour qu’il en soit ainsi.

Il reste le MR de Charles Michel, formation politique groupant diverses tendances parmi lesquelles le PRL, le FDF, le MCC, qui se tait ; la méfiance et la défiance sont dans ses rangs.

L’intérêt personnel y prévaudra-t-il sur l’intérêt général de la Communauté française ? Didier Reynders joue son poste de ministre (mais, on dit qu’il briguerait une fonction internationale), Charles Michel met en jeu la place du MR sur l’échiquier électoral, Olivier Maingain joue son poste de Bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert et les maïorats et majorités FDF à Bruxelles et en périphérie.

L’intérêt général s’imposera-t-il au MR la défense de la langue et de la culture françaises ?

Le choix du MR fixera le choix du citoyen.

12/08/2011

L'ASSAUT FLAMAND FINAL SUR BRUXELLES EST BEL ET BIEN LANCE...

 

Le CD&V, à qui la N-VA a passé la main, a donné le signal de l’assaut final le mardi 9 août 2011,  J + 424 sans gouvernement. Wouter Beke, président du CD&V, a sonné l’hallali !

Dans une interview au Laatse Nieuws, Wouter Beke embouche la trompe : « « Un accord est un accord. J’exige que tout le monde s’y tienne. On ne doit pas me convaincre que la situation financière est sérieuse, mais dans la négociation gouvernementale, la séquence a été décidée : d’abord BHV… Je n’accepterai pas que Elio Di Rupo ouvre parallèlement une deuxième table de négociation… S’il le fait, ce sera sans le CD&V ». C’est clair, c’est net : une capitulation sans condition imposée par le CD&V, par la Flandre.

Et les genoux francophones se plient. Di Rupo, président du PS, formateur, selon le porte parole du CD&V, a dit à Wouter Beke « qu’il honorera l’accord de juillet » ; Joëlle Milquet, présidente du CDH,  dit la même chose : « Nous respecterons l’accord passé avec Wouter Beke ». Au demeurant, le secrétaire d’Etat au Budget Melchior Wathelet, CDH, a clairement résolu le dilemme en trois temps : « 1. Régler BHV dans la seconde quinzaine du mois d’août et éventuellement début septembre. 2. Formation d’un gouvernement en septembre. 3. Elaboration du budget 2012 durant la première quinzaine d’octobre. Ecolo, adroitement et hypocritement, passe par un petit crochet : « …On ne peut pas laisser passer un mois ou attendre une solution sur un autre sujet pour aborder le budget par une voie sûre et rapide, peu importe laquelle ». Charles Michel, président du MR,  ne pipe mot… Serait-il embarrassé par le fait que c’est son allié flamand naturel, l’Open VLD, qui a fait tomber le gouvernement Leterme ? Optera-t-il pour la formule : « le budget ou rien » ? Une constatation inquiétante : tout le monde se tait au M R.

« Bruxelles français », le cri de ralliement de 1964 s’éteint !

Une bonne conscience : la scission de BHV sans frontière d’Etat ! Elle est offerte au PS, au CDH et à Ecolo par le politologue à l’UCL, Vincent Laborderie, spécialiste des opérations d’Etats et de la reconnaissance internationale. Dans une étude, Vincent Laborderie, souligne que la règle « Uti possidetis » selon laquelle les frontières administratives se transforment en frontières ne s’applique pas en cas de scission d’un pays ; cette règle ne s’appliquerait qu’aux frontières externes des Etats qui se séparent (ex. la Tchéquie et la Slovaquie qui formaient la Tchécoslovaquie). Le politologue appuie ses dires par la confirmation, par Eric David, professeur de droit international à l’ULB, que « cette règle, (frontières externes, ndlr), figurait dans les manuels de droit international. Pour les frontières internes des Etats, il n’y a pas de règle ». Vincent Laborderie se réfère aussi au rapport de la Commission Badinter : « Ceci était écrit dans le rapport de la Commission Badinter, qui avait réglé les frontières entre les pays de l’ex-Yougoslavie en guerre civile. Il n’est pas concevable de scinder la Belgique autrement, précise-t-il, que par la négociation des frontières avec une médiation ou un encadrement de l’Union européenne ».  En conclusion de son étude, Vincent Laborderie affirme que « la scission de BHV n’aurait aucun impact sur la fixation des futures frontières en cas d’indépendance flamande ».

Du pain bénit pour la Flandre, qui peut asseoir sa prospérité sur le vasselage de la Wallonie. Du pain bis pour les cellules wallonnes du PS, du CDH et d’Ecolo qui peuvent se délester des boulets périphériques tout en soulignant le « sauvetage » de la Belgique. Du pain suret pour le M R, qui se tait, tiraillé par ses branches LB, FDF, MCC.

Imaginons et posons-nous la question : « Quelles seraient les frontières des nouveaux Etats issus de l’éclatement de la Belgique ? » Les frontières externes des nouveaux Etats seront celles que l’Union européenne imposera aux Flamands et aux Francophones sur la base du principe « Uti possidetis » dans le cadre de frontières internes fixées par la consultation des populations concernées. Il est douteux que la Flandre accepte ce scénario. Elle perdrait la périphérie et Bruxelles, les Fourons et plusieurs communes tout au long de la frontière linguistique actuelle… Elle mise sur la rivalité entre les socialistes et les libéraux pour s’accaparer les postes ministériels importants et la région bruxelloise, plaçant la Wallonie sur son vasselage.

15:45 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ps, cdh, cd&v, fdf, fourons, bruxelles |  Facebook |

25/04/2011

BART DE WEVER, PRESIDENT DE LA NV-A, MENE LE BAL DES NEGOCIATEURS...

 

Les présidents des quatre partis francophones, PS, M R, CDH, Ecolo, voulaient une réunion avec les neuf partis négociateurs pour une continuité des discussions institutionnelles. Bart De Wever, président de la N-VA, parti largement vainqueur des élections de juin 2010, n’en voulut pas. Il imposa une réunion à deux temps avec les seuls partis francophones : d’abord, négociation à trois, le négociateur royal Wouter Beke, CD&V, les présidents Elio Di Rupo, PS, et Bart De Wever, N-VA ; ensuite, discussion « philosophique » avec les trois autres présidents francophones, Charles Michel, M R, Joëlle Milquet, CDH, Michel Javaux, Ecolo. A l’issue de cette réunion commune, le président de la N-VA, Bart De Wever, n’a pas caché son énervement à l’égard de la position des partis francophones. « Il n’y a pas d’accord et sur certains points les divergences d’opinions sont encore très grandes », souligne-t-il. Mais, fait nouveau, il a également exprimé son agacement à l’égard des partis flamands négociateurs, SP.A, Open VLD, et … CD&V ; il leur reproche de faire le jeu des Francophones ; « les critiques de gauche et belgicistes à l’égard de mon parti, s’exclame-t-il, correspondent à ce que veulent les Francophones et contribuent à démolir la position des Flamands. Le moment est venu de conclure ». Et de poser un énième ultimatum expirant le 30 avril 2011.

Verra-t-on plus clair fin avril ? La N-VA tente-t-elle d’ajouter un plus dans les acquis enregistrés ? Quoi qu’il en soit, la position de la N-VA est nette : indépendance de la Flandre à terme. « Si ce n’est pas cette fois-ci, ce sera pour une autre fois ». Le pourrissement de la situation, la lassitude des Francophones feront leur œuvre. Aux Francophones à prendre une initiative commune et d’enchainer sur la symbolique Fédération Wallonie-Bruxelles. Leurs ego surdimentionnés ne vont-ils pas briser le rêve d’un peuple cultivant le concept « Liberté » ? Le mal particratique ; le mal du pouvoir.

DITES-NOUS QUE CE N'EST PAS VRAI ....

 

Nous lisons dans Perspectives  francophones n° 65 mars/avril 2011 l’aberrant vote en commission des Affaires économiques du Parlement bruxellois contre l’élargissement de Bruxelles par le PS, le CDH et Ecolo. Incroyable. Comment cela est-il possible ?

L’auteur des deux amendements rejetés, Serge de Patoul, député régional M R/FDF se sit surpris du vote négatif des représentants de ces trois partis francophones. Il avait déposé deux amendements dans le cadre de la proposition de résolution du SP.A pour instaurer un moratoire «sur l’implantation des grands centres commerciaux dans la zone métropolitaine bruxelloise ».

Le premier amendement visait à préciser que « la zone métropolitaine bruxelloise dépassait le cadre des 19 communes bruxelloises ». Le second consistait à « demander l’élargissement de la Région afin de faire comprendre les limites de celle-ci à sa réalité économique, sociale, culturelle et démocratique ».

« A ma grande surprise, un vote a eu lieu et comme un seul homme, les partis de l’Olivier (PS-CDH et Ecolo) ont voté contre ces deux amendements », s’étonne Serge de Patoul qui voit là un signe particulièrement inquiétant. « En effet, je ne vois pas pourquoi une position qui n’est pas assumée au Parlement bruxellois pourrait l’être à la table des négociations institutionnelles. Je constate que malheureusement , seul le M R-FDF défend encore le principe de l’élargissement de Bruxelles et ce malgré la position commune des chefs de file des parts francophones signée le 29 mars 2007 ». Certains ont la mémoire bien courte…

16:18 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps, cdh, ecolo, m rfdf, serge de patoul, olivier, élargissement |  Facebook |

01/03/2011

ECHEC DU COMPROMIS A LA BELGE ?

 

C’est ce que nous découvrons en lisant l’entretien entre Vincent de Coorbyter, directeur général du Crisp, et Pierre Havaux, journaliste, publié dans Le Vif/L’Express du 31.12.2010. « … Le génie que nous nous prêtons de résoudre tous les conflits par des compromis est un échec manifeste, en tout cas sur le plan communautaire » dit Vincent de Coorbyter. Et de citer la tentative avortée de la scission de BHV, un accord sur la scission à une circonscription électorale, la réforme de l’Etat : « On fait du surplace » souligne-t-il.

Cette position irrite la Flandre profonde,  non seulement la Flandre politique, mais également la Flandre profonde : un constat confirmé par le score de 28 % réalisé le 13 juin 2010 par la N-VA, parti nationaliste, devenant le premier parti de Flandre loin devant le CD&V. Un parti nationaliste devenant incontournable et conscient de sa force.

Une réforme profonde de l’Etat - c’est-à-dire installer la primauté de la Flandre sur la conduite des affaires de l’Etat - dans un premier temps, préparatoire à la liquidation de la Belgique inscrite à l’article premier des statuts de la N-VA. Bart De Wever, président de la N-VA, historien, mettra le temps qu’il faudra : réaliser, étape par étape, l’évaporation de la Belgique ! Il agit selon l’instinct du parfait communicateur et du fin négociateur. « Sa force, relève Vincent de Coorbyter, est de rester fidèle à son discours, de le répéter sans cesse… L’initiative qu’il prend le 4 octobre dernier est un morceau de virtuose : il fait table rase des négociations, renverse l’échiquier et décrète qu’il faut repartir à zéro, tout en brûlant la politesse à tout le monde, y compris aux médiateurs royaux en fin de mission… il reprend donc la main quand la partie risque de s’ensabler, il reste celui qui dénonce la mauvaise volonté des Francophones tout en montrant sa disponibilité ». Du grand art ! souligne Vincent de Coorbyter.

Et Bart De Wever mène la Belgique à la baguette à la manière d’un chef d’orchestre ! Il ramène le M R, parti avec lequel il a des affinités, dit-il, à la table des négociations pour la formation d’un gouvernement. Le Roi Albert II charge le 1er février 2011 Didier Reynders, MR, Vice premier ministre, ministre des Finances, d’une mission d’information d’une dure de 15 jours portant sur trois points : a) BHV et le refinancement de Bruxelles ; b) le transfert de compétences aux entités fédérées, leur financement et leur responsabilisation ; c) le financement dans la durée de l’Etat fédéral. Rien de nouveau !

Un rien plus loquace que les « négociateurs » précédents, Didier Reynders a annoncé le 12 février la possible constitution d’un gouvernement à six : N-VA, CD&V, Open VLD, MR, PS, CDH, tout en laissant la porte ouverte pour l’entrée d’autres partis. A moins d’un nouveau revirement de la N-VA par le dépôt d’une nouvelle exigence s’appuyant sur la position « Less is more », les Belges pourront dans les prochains jours voir apparaître sur les écrans de la télévision la tête du Premier ministre.

Un compromis ripoliné noir et jaune. Une pause de quelques mois, le temps à la Flandre de se requinquer, à la KBC - la banque flamande qui a fait la grandeur de la Flandre, le fleuron de la puissance économique et financière de la Flandre - de reprendre des couleurs, le temps à Bart De Wever de préparer une nouvelle étape après avoir engrangé les « pas de nain de jardin » consentis par les Francophones, le temps de rassurer les agences de notation, les experts du FMI et la Commission européenne, le temps à la N-VA de capitaliser « 35 % des voix flamandes pour faire plier les Francophones ». Le temps de la reprise de la marche en avant de la Flandre vers la mainmise totale sur le territoire belge.

Que restera-t-il aux Francophones ? L’usage misérable des quatre verrous de blocage « momentané » ! La sonnette d’alarme : effet suspensif , décision par consensus du Conseil des ministres ; le conflit d’intérêt : effet suspensif, la procédure retardataire successivement auprès du Parlement wallon, du Parlement bruxellois, du Parlement de la Communauté française, de la Cocof, et, en final, décision par consensus et sans partie contraignante du Comité de concertation ; la composition paritaire du Conseil des ministres : décision par consensus ; les lois spéciales. Procédure utilisée dans les matières institutionnelles et linguistiques. Adoption par 2/3 des élus et à la majorité simple dans chaque groupe linguistique. Droit de veto conféré au Parlement.

La Flandre attendra. «  Le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination têtue du fanatisme ! » Jules Destée.

 

16:46 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : de coorbyter, de wever, cd&v, évaporation, fmi, n-va, open vld, ps, cdh |  Facebook |