21.09.2010

LA RESISTANCE FRANCOPHONE…

 

1961. Bruxelles s'éveille. Des cris, des huées, des milliers de gens brandissant des calicots aux slogans agressifs sur le boulevard central. Bruxelles ne comprend pas, stupéfaite devant la brutalité du ton s'élevant sur le boulevard. La rumeur se répand : les Flamands marchent sur Bruxelles ! Bruxelles se mobilise, réagit immédiatement. La population bruxelloise a le pressentiment du vouloir flamand de l'enfermer,  sous l'autorité de la Flandre,  dans un carcan de 19 communes soumises à un bilinguisme flamand-français rigide.

La Résistance francophone à Bruxelles se forge. La Ligue wallonne d'Etterbeek-Ixelles dénonce l'agression de la Flandre dans son périodique L'Alliance Wallonne ; Lucien Outers, secrétaire général de Rénovation wallonne, fait entendre sa voix et avertit les Francophones ; il leur dit : " … Par le biais d'un bilinguisme qui, semble-t-il, est à la portée des seuls Flamands, les derniers postes de commande aux mains des Francophones changeront de main… En outre, la plupart des fonctionnaires francophones reconnus bilingues seront des Francophones de Flandre dont la sollicitude à l'égard de la Wallonie reste à démontrer".

Début 1963. Une première tentative de créer un parti politique de défense des libertés bruxelloises avorte. La Résistance ne faiblit pas, cependant ; elle continue à s'organiser.

Fin 1963. Trois cents professeurs des universités de Bruxelles, de Louvain et de Liège se coalisent et fondent le Rassemblement pour le Droit et la Liberté, le RDL. Son credo : "Défendre les libertés fondamentales contre l'intolérance et le fanatisme en matière culturelle et linguistique".

Début 1964. La Résistance bruxelloise s'affermit. Des professeurs d'université du RDL se joignent aux diverses associations wallonnes, les militants du Mouvement populaire wallon, MPW, avec  Léon Defosset, de Rénovation wallonne avec Lucien Outers, du Mouvement libéral wallon avec René Bourgeois, de l'Association wallonne du Personnel des Services publics avec Eugène Pauly, de la Ligue wallonne d'Etterbeek-Ixelles (actuellement Ligue wallonne de la Région de Bruxelles), ses 4 000 adhérents et son périodique mensuel, avec Marcel Lengrand,  du Bloc de la Liberté linguistique avec Victor Laloux, auxquels viennent se joindre des professeurs d'université, Paul Brien, Jean Hoffmann et Léopold Bolle de l'ULB, André Lagasse de l'UCL, Marcel Thiry, Secrétaire perpétuel de l'Académie de Langue et de Littérature françaises…

Ces personnalités portent le problème bruxellois sur le terrain politique. Elles fondent un  parti : le Front démocratique des Bruxellois de Langue française "pour frapper du poing sur la table" s'exclamera René Bourgeois  au cours d'un rassemblement des militants au siège de la Ligue wallonne d'Etterbeek-Ixelles, au café Lion Belge, rue de l'Etang à Etterbeek.

Les meetings en la salle de La Madeleine à Bruxelles se succèdent. Les élections législatives annoncées pour mai 1965 accélèrent la structure politique du Mouvement bruxellois, qui mute la dénomination de son aile politique en "Front démocratique des Francophones - FDF". D'emblée, le FDF décroche trois sièges de député et un siège de sénateur, André Lagasse. Aux élections communales d'octobre 1970, c'est la grande percée. Bruxelles-Est bascule dans le camp FDF ; Auderghem, Etterbeek, Schaerbeek, Watermael-Boitsfort, Woluwe-St-Lambert, Woluwe-St-Pierre.  Le FDF entre en nombre dans les conseils communaux.

1971. Paul-Henri Spaak apporte son soutien au RDL et au FDF ; il appelle à ne pas voter pour les partis traditionnels dans Le Soir du 16 octobre 1971 : "Quand je songe, dit-il, à ce qui est arrivé aux minorités francophones de Flandre, à celles des communes de la périphérie, quand je songe au "Walen buiten" de Louvain, j'en viens à me demander ce qui arrivera aux Francophones de Bruxelles…". Il invite les Bruxellois à ne pas se résigner.

Le FDF devient le premier parti bruxellois. Son passage dans les gouvernements Tindemans et Wilfried Martens de 1977 au début 1980 passe mal. Le FDF interpelle les partis unitaires francophones. A la Chambre des Représentants, Léon Defosset, député FDF, exige une consultation populaire dans l'arrondissement électoral de BHV. Au Sénat, André Lagasse, sénateur FDF, propose de transformer l'Agglomération bruxelloise en un district bruxellois et européen pour sortir l'Agglomération bruxelloise de son carcan. Ces propositions législatives et bien d'autres sont rejetées. Le FDF dérange le lanterneau politique. Le Mouvement francophone se tient fermement à son credo : "Bruxelles, Région à part entière". En réaction à l'agressivité du Mouvement flamand cherchant à contrôler Bruxelles, il répond par "l'élargissement de la Région de Bruxelles" ; il se fait éjecter du gouvernement à la suite d'un désaccord sur la réforme de l'Etat

Le 16 janvier 1980, Wilfried Martens, CVP, Premier ministre, le boute du gouvernement avec, selon Wilfried Martens, l'assentiment du Roi Baudouin !

La belle activité du FDF, transcendant les vieux clivages, craque. Des mésententes minent le FDF en interne. Il conserve toutefois un bon encrage communal, surtout dans les communes de Bruxelles-Est. Il continue fermement, sous la direction actuelle de Olivier Maingain, à opposer aux exigences de la Flandre une défense sans faille de la francité. Dans la communauté francophone de Bruxelles, nonobstant son intégration dans une fédération avec le PRL, il reste le flambeau de la défense et de la promotion du français sous leurs aspects politiques ou culturels ainsi que le flambeau de la résistance à la flamandisation généralisée de la Belgique.

 

Raymond WATRICE

15:38 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fdf, flambeau, résistance, wilfried martens, rdl |  Facebook |

10.09.2010

NOTRE AVENIR, AU BESOIN SANS LA FLANDRE…

… des paroles fortes que l'on aime entendre et voir se concrétiser.

Des paroles fortes exprimées par Olivier Maingain, président du FDF, député fédéral, sur le site du quotidien français le Monde : « Aujourd'hui, écrit-il, la Flandre ne veut plus cohabiter dans un cadre fédéral belge et donc la question est de savoir si nous pouvons poursuivre une cohabitation avec la Flandre, aux conditions que ses partis les plus nationalistes cherchent à nous imposer... Le pire serait de sacrifier les intérêts essentiels des Francophones pour ne sauver qu'un temps les apparences d'une unité belge que, de toute manière, les partis flamands remettront en cause… Je me réjouis de la prise de conscience rapide, chez les décideurs politiques francophones, pour évaluer la manière de concevoir notre avenir, au besoin sans la Flandre ».

Voilà qui est bien dit. Une fierté retrouvée qui "réoxygène" le sang dans nos veines. Une fierté retrouvée d'un peuple qui n'accepte plus de continuer à se faire mépriser en souriant béatement. Bruxelles des Defosset, Lagasse, Outers, Van Ryn, renait . Des Bruxellois et des Wallons qui savent ce qu'ils sont : des Francophones pleinement conscients de leur solidarité, de leur unité, de leur identité française, des bâtisseurs d'un avenir commun.

Remémorons-nous les fortes paroles de Paul-Henri Spaak écrites dans Le Soir du 17 octobre 1971  : "Je suis maintenant convaincu que malgré le système absurde, arbitraire et injuste qui a été imaginé par une majorité méprisant les principes de droit les plus élémentaires, la tentative de conquérir Bruxelles va se poursuivre. Profitant des avantages qui leur ont déjà été garantis, les Flamands vont multiplier leurs efforts pour atteindre leur but… Le statut hybride de la nouvelle Constitution impose à la capitale, aux yeux des Flamands les plus militants, n'est pas définitif. Il ne constitue qu'une étape, une transition qui doit conduire à faire reconnaître le caractère flamand de Bruxelles…Quand je songe à tout cela, je le déclare avec force : Non, tout n'est pas terminé à Bruxelles. La vérité, c'est que nous nous trouvons à la veille de nombreux combats. Devant une telle situation, deux attitudes sont possibles : celle de la résignation et celle de la résistance….Courber la tête devant l'arbitraire, se résigner devant un avenir plein de menaces, c'est se faire le complice de toutes ces erreurs et de toutes ces fautes. Il m'a fallu longtemps pour perdre mes espérances. Mes yeux sont maintenant tristement ouverts sur une situation grave mais qui n'est pas encore désespérée…Je le répète, on ne peut pas se résigner, il faut lutter".

Ne vous laissez pas décourager? Ne vous avouez pas vaincus. Tout est possible si on le veut.

29.08.2010

LE BLOCAGE COMMUNAUTAIRE

 

Ce problème a surgi avec la suppression du recensement de la population en 1960 à la suite de la "révolte" de quelque 150 bourgmestres flamands. Il s'est inscrit dans la Flamenpolitiek élaborée en 1917 avec la collaboration de l'occupant allemand : la scission du pays entre, d'une part, la Flandre avec capitale Bruxelles, et, d'autre part, la Wallonie centrée sur Namur.

 

En 1929, les Flamands et les Wallons s'étaient entendus sur ce que l'on a appelé le "compromis des Belges" basé sur l'unilinguisme des régions, à l'exception de l'agglomération bruxelloise où l'on s'est placé dans une logique bilingue étant donné que Bruxelles est la capitale du pays. Il était convenu que les services administratifs seraient unilingues néerlandais dans les communes flamandes, unilingues français dans les communes wallonnes, bilingues français/néerlandais dans les communes formant l'agglomération de Bruxelles. Il était également convenu qu'un recensement décennal de la population entrainerait une modification du régime linguistique, en passant du régime unilingue à un régime bilingue avec possibilité d'un rattachement à d'autres entités à régime bilingue, s'il était constaté que 20 % de la population d'une commune parlent une autre langue ; ce pourcentage fut porté à 30 % en 1933. La francisation des communes jouxtant principalement l'agglomération bruxelloise n'a pas été jugulée pour autant ; la "tache d'huile francophone", vue par les Flamands, continuait de s'étendre. Les Flamands ont, dès lors, remis en cause les accords passés et ont exigé et obtenu le retrait du volet linguistique dans le recensement de la population ; ils ont accepté le concept de "facilités linguistiques" dans les communes où une partie importante des habitants parlent une autre langue.

 

Ce principe est remis en cause par les Flamands ; ils le monnayent contre un refinancement mesuré de Bruxelles dans une vision d'une intégration de l'agglomération bruxelloise en Flandre et d'une récupération de l'argent "avancé".

 

Dans le bras de fer engagé entre la Flandre et la Wallonie, il est permis de se poser quelques questions : Quelle logique l'emportera-t-elle : le bon sens ou la particratie ? Les Francophones reculeront-ils une fois de plus ? Les Flamands resteront-ils solidaires ? …

 

Qu'en pensez-vous ?

 

Une de nos correspondantes, Maggy Rassart, ouvre la voie au dialogue. Elle nous adresse, selon son expression, "quelques modestes réflexions d'une Wallonne de naissance que le travail a rendu citoyenne du monde, qui a des liens très forts avec la France (et s'y trouverait bien) mais qui, habitant Bruxelles, refuse de voir "sa" Région niée et vendue". Elle fait sienne l'enseignement de Charles de Gaulle : "Capituler, c'est trahir".

 

Maggy Rassart épouse la préférence de Claude Thayse à 4 Régions. Mais elle met des réserves sur sa critique à propos d'une concentration du savoir à Bruxelles : "… Par contre, dit-elle, ce qui m'inquiète c'est "Bruxelles concentre un grand nombre de hautes écoles, d'universités, de prestigieuses institutions culturelles" car que sont les universités et hautes écoles bien wallonnes de Mons, de Namur, de Liège et même de Charleroi (il faut un temps, lointain il est vrai, où cette ville était fière A JUSTE TITRE de son université du travail)… Ces centres ne sont pas inférieurs à l'ULB (qui a des antennes wallonnes), ni à la VUB. Cette remarque me fait penser à La lettre au Roi de Jules Destrée (première version) où Bruxelles est un "mélange" face aux Flandres et à la Wallonie. Petit rappel, c'est pourtant cet illustre Wallon qui a tant aimé la Wallonie qui est à l'origine de la création d'institutions prestigieuses … à Bruxelles au lieu de les mettre dans sa région. S'il a voulu rejoindre le caveau de Marcinelle, c'est à Bruxelles qu'il a voulu l'Académie mais aussi la Chalcographie (elles sont QUATRE au monde). Rien n'interdisait de les mettre dans une des villes où Jules Destrée avait installé les Universités populaires.

 

Pourquoi "servitude wallonne" ? Déjà de son temps, Jules Destrée reprochait à "son peuple" de ne pas être assez fier de ses richesses culturelles…".

 

Maggy Rassart  ne partage pas le point de vue de Yannick Beauthière et celui de Arnaud Cambier lorsqu'ils disent que les Wallons "craignent de se faire arnaquer et de payer la protection de Bruxelles à la place des Bruxellois", et que les Wallons "n'ont que faire des problèmes linguistiques de Bruxelles". Cette attitude des Wallons, l'imprègne d'une impression de "méfiance". "Si la richesse est due à Bruxelles, souligne-t-elle, pourquoi considérer l'élargissement comme une main mise non justifiable ? La Wallonie n'est-elle pas redevable de travail à Bruxelles ou bien ai-je rêvé tous ces navetteurs qui profitent d'un job à Bruxelles mais paient leur impôt en Wallonie ?"

 

Jacques Claessens repousse ce sentiment de méfiance de l'un vis-à-vis de l'autre ; il invite les Bruxellois et les Wallons à être solidaires : "… Francophones, tant Wallons que Bruxellois, nous avons vraiment intérêt à faire fi de tout ce qui pourrait nous diviser ou nous différencier ; je sui certain qu'aucun Bruxellois francophone ne souhaite "annexer" une partie de la Wallonie et même du Brabant wallon. Sachons oublier les inutiles querelles de clocher et faire face à l'extrémisme flamingant ; montrons-nous unis, solidaires dans la défense de notre liberté et notre volonté inébranlable de défense l'avenir et la liberté de nos enfants tant sur le plan culturel de notre langue, de notre économie que de nos droits sociaux… Ami, entends-tu…"

 

Résistance ! Réentendons la voix du général de Gaulle le 18 juin 1940 sur les antennes de la radio anglaise : "Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas". Une réaction de fierté et d'honneur en réponse à la honteuse capitulation du maréchal Pétain.

 

Oui, "Ami, entends-tu…"

21.12.2009

APPEL A LA RESISTANCE FACE A L'OFFENSIVE GENERALISEE FLAMANDE CONTRE LE FRANCAIS EN BELGIQUE...

L’offensive flamande s’étend maintenant tout le long de la frontière linguistique. Une chasse aux facilités linguistiques consenties aux francophones en 1963. Geert Bourgeois, N-VA, ministre flamand de l’Intérieur approuve la décision du Collège des bourgmestre et échevins de Ronse-Renaix d’apposer des plaques de rue unilingues en néerlandais malgré le régime des facilités appliqué à la ville de Renaix. <><>Que pouvons-nous attendre du gouvernement fédéral présidé par Yves Leterme ? N’a-t-il pas déclaré : « La Belgique n’a d’intérêt que si elle sert les intérêts de la Flandre » ? N’a-t-il pas affirmé : « Je veux être là où je peux aider la Flandre » ? Il est Premier ministre, à la tête de la Belgique ! <><>Que pouvons-nous attendre de Jean-Luc Dehaene, CD&Vlaams, ancien Premier ministre, député européen, dans les tractations qu’il mène, en secret, pour résoudre « équitablement » le problème BHV ? Ne s’est-il pas joint, quand il était bourgmestre de Vilvorde, aux bourgmestres des communes flamandes dans le boycottage des élections pour non-scission de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde ? N’a-t-il pas appliqué à Vilvorde, sa commune, le « wooncode » qui limite l’attribution de logements sociaux aux seuls habitants s’exprimant en néerlandais ? <><>Que pouvons-nous attendre de Herman Van Rompuy, CD&Vlaams, président du Conseil de l’Europe, dans la problématique du droit de protection des minorités nationales ? Ne s’est-il pas prononcé contre les facilités linguistiques, en particulier, en périphérie bruxelloise ? <><>Que pouvons-nous attendre de la mission d’évaluation de la démocratie locale et régionale en Belgique qu’une délégation du Conseil de l’Europe devait effectuer du 16 au 18 décembre 2009 dont la presse hebdomadaire a passé sous silence ? Un vœu pieux ? Une requête ? <><>Ne nous résignons pas. Au contraire, puisons dans les agressions flamandes les forces de construction d’un front de résistance sans faille. Affirmons bien haut notre fierté d’être francophones, amoureux de la langue et de la culture françaises. Ensemble avec la Ligue wallonne de la Région de Bruxelles. <><>Soyez des ambassadrices et des ambassadeurs de la Cause française. Diffusez le site de la Ligue wallonne accessible via www.liguewallonnebruxelles.be et son blogue accessible via http://liguewallonnebruxelles.skynetblogs.be. <><>Ensemble.

07.09.2009

L'IMPERIALISME FLAMAND DANS SES OEUVRES...

Jean-André DE SUTTER, F-83570 Montfort-sur-Argens, un de nos adhérents belges de France, nous décrit jusqu’où le flamingantisme pousse son outrecuidance : « J’avais l’habitude de passer une petite annonce dans un petit bulletin régional qu’une amie habitant le Brabant wallon m’avait recommandé. Etant naïf de nature, j’avais imaginé qu’il s’agissait d’un bulletin publicitaire local...<><>Mais, grâce à une erreur commise dans un service de « Spotter », je me suis rendu compte qu’une partie de la presse wallonne était passée sous le contrôle d’un groupe flamand. <><>Mes commandes ont toujours été rédigées, en français, sur un formulaire unilingue français... Dès lors, il faut une fameuse dose de cynisme et de mépris pour la langue française pour envoyer une lettre, en néerlandais, à un Francophone en France (pays de langue française, sauf erreur de ma part).<><>Je savais déjà qu’il fallait beaucoup de chance pour se faire servir en français dans un restaurant de La Roche-en-Ardenne, mais j’ai le regret de constater que la colonisation de la Wallonie et de Bruxelles se poursuit à travers la presse.<><>Heureusement pour moi, et face à l’inertie et l’apathie des Francophones devant le phénomène d’absorption, lent mais inexorable, de la Région bruxelloise par la Nation flamande, j’ai quitté mon pays natal, sans regret, il y a cinq ans. Par contre, je suis triste de savoir que mes enfants et petits-enfants, qui sont malheureusement restés en Belgique, à Bruxelles, capitale de la Flandre ne l’oublions pas, devront continuer à subir l’oppression insidieuse de l’Etat flamand en formation. <><>Un homme de la trempe de feu André RENARD nous manque cruellement pour dire non à la Nation flamande et pour mener la résistance ».

31.08.2009

L'IMPERIALISME FLAMAND DANS SES OEUVRES...

Jean-André DE SUTTER, F-83570 Montfort-sur-Argens, un de nos adhérents belges de France, nous décrit jusqu’où le flamingantisme pousse son outrecuidance : « J’avais l’habitude de passer une petite annonce dans un petit bulletin régional qu’une amie habitant le Brabant wallon m’avait recommandé. Etant naïf de nature, j’avais imaginé qu’il s’agissait d’un bulletin publicitaire local... <><>Mais, grâce à une erreur commise dans un service de « Spotter », je me suis rendu compte qu’une partie de la presse wallonne était passée sous le contrôle d’un groupe flamand. <><>Mes commandes ont toujours été rédigées, en français, sur un formulaire unilingue français... Dès lors, il faut une fameuse dose de cynisme et de mépris pour la langue française pour envoyer une lettre, en néerlandais, à un Francophone en France (pays de langue française, sauf erreur de ma part). <><>Je savais déjà qu’il fallait beaucoup de chance pour se faire servir en français dans un restaurant de La Roche-en-Ardenne, mais j’ai le regret de constater que la colonisation de la Wallonie et de Bruxelles se poursuit à travers la presse. <><>Heureusement pour moi, et face à l’inertie et l’apathie des Francophones devant le phénomène d’absorption, lent mais inexorable, de la Région bruxelloise par la Nation flamande, j’ai quitté mon pays natal, sans regret, il y a cinq ans. Par contre, je suis triste de savoir que mes enfants et petits-enfants, qui sont malheureusement restés en Belgique, à Bruxelles, capitale de la Flandre ne l’oublions pas, devront continuer à subir l’oppression insidieuse de l’Etat flamand en formation.<><>Un homme de la trempe de feu André Renard nous manque cruellement pour dire non à la Nation flamande et pour mener la résistance ».

01.06.2009

LA CHUTE DE LA PERIPHERIE BRUXELLOISE...

… entrainera la chute de l’Espace Wallonie-Bruxelles. + + + Cessons de rêver au « bon sens », à la « fraternité » ! Cessons d’espérer un « dialogue constructif » avec la Flandre ! Elle n’acceptera de parler que de ce qui l’intéresse : son programme d’expansion arrêté par le Gouvernement flamand en 1999 et repositionné en 2004. + + + Elle lorgne silencieusement, à court terme, sur le plus grand bassin d’emplois du pays et sur une force économique qui caracole en tête de l’Union européenne : Bruxelles. Elle veut Bruxelles…tout en lorgnant silencieusement, à long terme, sur les richesses de la Wallonie.Bruxelles, le miroir de la Communauté française, la vitrine de l’économie renaissante de l’Espace Wallonie-Bruxelles, ne peut tomber. Sa ligne de résistance est la périphérie ; elle ne peut céder. + + + Mais, la pression flamande est forte. Elle mine les forces morales par les vexations, par les contraintes administratives, par les interdictions… Des moyens de toute nature sont mis en œuvre pour décourager les francophones de rester et de s’installer en périphérie. Car, l’inadmissible est qu’ils puissent voter pour des francophones, qu’ils élisent des collèges francophones. + + + Des craintes nous tarabustent au regard de la fragilité du « front des francophones ». ECOLO s’en va « bras dessus, bras dessous » avec son homologue flamand Groen ; il lui laisse le champ libre en périphérie. + + +Le M R, s’il montre de la fermeté avec sa branche bruxelloise FDF, est peu fiable ; son super patron, Louis Michel, n’a-t-il pas déclaré « que la périphérie ne l’empêchait pas de dormir » ?Le PS parait sûr, mais est très fragilisé par les coups bas intestins. + + + Le CDH, en la personne de Joëlle Milquet, est fiable, mais le départ de la présidente, prévu pour septembre, fait craindre un repli sur soi dans une inflexion vers l’épanouissement de l’enseignement catholique avec l’appoint non rejeté de son grand frère flamand, le CD&V (ex-CVP). + + + Nos craintes d’un nouveau recul francophone devant les exigences flamandes sont multipliées par la volonté commune des CDH, ECOLO, M R, PS d’imposer le bilinguisme flamand-français en Belgique française et l’expansion des classes d’immersion linguistique flamand-français. Le bilinguisme imposé en Wallonie. Ce que condamnaient avec détermination les grands défenseurs de la langue et de la culture françaises, les Jules Destrée, François Bovesse, Fernand Massart, Etienne Duvieusart, Lucien Outers et tant d’autres… + + + L’occupation du pouvoir et leurs influences rassemblent les ambitions des quatre grands partis francophones. Aucun d’entre eux, CDH, M R, PS, ne voudra quitter le gouvernement fédéral ; l’ECOLO est sur le pas de la porte pour y entrer. Naturellement, les relations entre partenaires seront tendues… Ce dont, nous pouvons le prédire, profitera la Flandre unie dans sa culture.Or, on sait que les partis flamands sont nationalistes… Cela donne toute la portée de l’inscription par le Mouvement flamand, dans ses objectifs, de la bilinguisation flamando-française du pays avec extinction à terme – en silencieux – de la particule française dès que le langage flamand a pris le dessus, par la loi du nombre, sur le langage français. C’est ce qui s’est passé en Flandre ; c’est ce qui se passe dans les Fourons. + + + En périphérie, cet objectif du Mouvement flamand est mis en application ; la question linguistique est sublimée par certains responsables flamands : plus question de parler français sur les marchés, ni sur les plaines de jeux, ni dans les commerces, ni d’afficher et de distribuer de la publicité en français…Le bannissement du français ! + + + L’après 7 juin n’augure rien de bon. Les déclarations et les sous-entendus des personnalités flamandes sont suffisamment explicites : pas question de prendre en compte le souhait de la population de la périphérie bruxelloise. Elles rejettent d’emblée la création d’un climat de confiance, entre les deux Communautés, nécessaire dans une recherche d’une solution équitable aux questions communautaires. + + + Face à ce vouloir de domination, à ces dérives linguistiques, qui en fait sont avant tout politiques, économiques et financières, nous devons construire des barrages. Nous devons être la conscience de ceux à qui nous avons donné mandat. Nous devons sans cesse leur rappeler à cultiver une politique de la langue française en veillant à la promotion et à l’emploi du français ainsi qu’au développement du plurilinguisme. + + + N’oublions pas que BHV reviendra à l’automne… avec un gouvernement flamand plus radicalisé ! N’oublions pas l’horizon 2011 où pointe une extension du Benelux au Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Wesphalie, plus grand que la Belgique, densément peuplé par quelque 18 millions d’habitants. Que pèseront les 4,5 millions de Belges de langue française face aux 40 millions d’habitants de langue germanique ! + + + C’est de la résistance que l’Espace francophone Wallonie-Bruxelles a besoin. La Ligue wallonne de la Région de Bruxelles lance cet appel à votre volontarisme parce que c’est vital pour l’Espace Wallonie-Bruxelles s’il ne veut pas subir, s’il ne veut pas être soumis à un chantage permanent. + + + Il faut que l’Espace Wallonie-Bruxelles ait des frontières arrêtées sur la base des résultats d’une consultation de la population concernée par référendum. Allons ensemble dans la défense de l’Espace Wallonie-Bruxelles. La périphérie, c’est un bout de l’Espace Wallonie-Bruxelles ! Ne la laisser pas chuter entre les mains de la Flandre ! + + + Soyez les ambassadrices et les ambassadeurs de la Ligue wallonne de Bruxelles dans son combat pour la défense du français. Diffuser ses messages. + + + Raymond WATRICE