15.03.2011

BELGIQUE SANS ISSUE : UN ROYAUME EN PERDITION !

 

par Paul-Henry GENDEBIEN, coprésident du R.W.F.

A la une du journal Le Soir, il y a quelques semaines, s’étalait ce titre, en lettres énormes : « la Belgique sans issue » Nous le savions et nous l’annoncions depuis longtemps ! Cependant, contre toute évidence, la presse francophone, à la suite des vieux partis francophones, fait preuve d’un acharnement thérapeutique douteux en cherchant à n’importe quel prix à faire accepter la soumission de ses lecteurs, à concilier l’inconciliable, à inventer une belgitude qui n’a jamais existé, à nier l’échec irréversible du fédéralisme. Que de temps et surtout que d’énergies et d’argent dilapidés au détriment des intérêts de la Wallonie et de Bruxelles !

Nous avions pensé que le chaos durable était l’ultime invention belge. En vérité le régime finissant vient de mettre au point une autre innovation : la roulette belge. Celle-ci a quelque chose de remarquable : cinq balles dans le barillet. Le Royaume est en perdition, il est fasciné par son propre vide et s’avance imperturbablement vers son autodestruction. Les partis officiels se sont toujours vantés de se préoccuper des « vrais problèmes ». On sait bien que ceux-ci sont les cadets de leurs soucis. Ce sont les allocataires sociaux, les sans-emploi, les usagers des services publics qui paieront les pots cassés de l’incurie de la classe politique institutionnelle.

L’Etat belge, de plus en plus grotesque, chétif et impuissant,  a été transformé en atelier de découpe par la « Bande des Sept ». A l’heure où ces lignes sont écrites (10 février), les négociateurs sont toujours au point mort et s’ils ont avancé ce n’est sue d’un demi-pas de nain de jardin. Alors que la méfiance des marchés internationaux et la crise rampante de l’euro sont plus que jamais présentes, le « cul-de-sac belge » se con firme et se précise. De toute manière, un éventuel compromis entre Flamands et Francophones ne sera - demain comme hier - qu’une misérable somme de mécontentements et de frustration.       

Une réforme de l’Etat, la sixième en quarante ans, n’aura pour effet que d’appeler la suivante et de préparer un nouveau tour de carrousel ; pour d’autres capitulations francophones. Et si un gouvernement de plein exercice se formait, il ne vaudrait pas mieux que les précédents et ne réunirait que des chiens de faïences attendant une chut prématurée avant la fin de la législature. Un Leterme III n’offrirait à la Belgique qu’un sursis provisoire . Pour la Belgique, il n’aurait que le goût de la cigarette du condamné.

Pendant ce temps, les Di Rupo, Milquet et Javaux ont mauvaise mine. Ils sont anxieux. Ils scient la branche vermoulue sur laquelle ils sont encore assis, alors qu’ils ont tout fait pour déguiser leurs reculs et leurs abandons en œuvre de salut public. Ils ont mis beaucoup d’eux-mêmes pour plaire à la Flandre. Ils ont mis le genou dans la neige deux fois plutôt qu’une devant ses exigences. Pour sauver leur « chère Belgique », ils ont été très loin et très bas pour amadouer et assouplis le N-VA et le CD&V. En vain. C’était toujours trop peu et trop tard aux yeux des séparatistes avoués ou masqués.

A vrai dire, les négociateurs wallo-Bruxellois se sont placés sur le terrain même de ma Flandre en acceptant de traiter de la communautarisation et/ou régionalisation de pans entiers de la sécurité sociale et de la fiscalité en échange d’un « refinancement » de Bruxelles (les euros de Judas), ils ont laissé entendre qu’ils étaient prêts à lâcher la périphérie et à scinder BHV sans contrepartie. Pour le dire en un seul mot, les trois présidents francophones se sont comportés en mollusques.

Personne aujourd’hui n’est capable de citer une seule concession flamande un tant soit peu significative que les francophones auraient arrachée. La faible, la naïveté, la pusillanimité du PS, du CDH et d’Ecolo sont, paradoxalement, une des causes de l’échec des négociations : e cédant ils n’ont pas apaisé l’appétit des nationalistes flamands, ils l’ont aiguisé et augmenté ! La Flandre en veut toujours plus, d’où l’emballement de la machine à perdre.

La Pax Belgica (la paix belge) n’est qu’une illusion. Les Wallons et les Bruxellois s’humilient dans une posture de mendicité permanente. Et la Flandre se moque des « plans B » pseudo-séparatistes inventés par le Parti socialiste. Ce ne sont que des rodomontades. Chacun voit bien que l’Etat indépendant « Wallo-Brux » de M. Di Rupo n’aura pas de consistance nationale ni de crédibilité financière et qu’il sera encore plus ridicule que la Belgique. Quant au rattachement à l’Allemagne évoqué par le Ministre Magnette, il faut y voir un pied de nez au bon sens et une insulte à notre mémoire collective.

Les partis officiels, libéraux compris, n’ont pas de stratégie. Ils se dirigent les yeux bandés vers l’inconnu. Cela promet pour le jour où le désordre et l’anarchie présideront à la fin du Royaume.

Nous persistons et nous signons : plus que jamais, c’est le « plan F », la solution française qui s’impose avec une évidence de plus en plus lumineuse.

J’en appelle une fois de plus au soutien de ceux qui pensent comme nous. Qu’ils le fassent savoir. Il est temps que chacun répande autour de lui la bonne parole pour la bonne cause. Le R.W.F., pour l’instant, ne doit compter que sur ses propres forces. Ses analyses sont justes et son projet est salutaire. A l’heure où le régime belge est devenu une nuisance pour les Wallons et les Bruxellois, il n’est plus permis de tergiverser.

Il est urgent de nous soustraire à  la domination de la majorité flamande si nous voulons préserver nos intérêts et notre honneur.

Texte publié dans Trait d’Union, bulletin du Rassemblement Wallonie-France, mars 2011, présenté par Raymond Watrice.

 

 

04.09.2009

COMMUNIUE DE WALLONIE2015

Pour un débat franc et ouvert sur la "proposition Lenain" <><>Trois mois après les élections du 7 juin 2009 et l’absence de percée électorale du Rassemblement Wallonie France, dix ans après sa création, je pense que le moment est venu pour notre parti rattachiste de faire un travail approfondi de réflexion sur sa stratégie électorale, tant sur sa politique de communication que sur sa doctrine de l’intégration pleine et entière de la Wallonie et de Bruxelles à la France comme les autres régions françaises. <><> Nous avons deux ans avant les prochaines élections de 2011. Pour moi, ces deux années doivent être mises à profit pour participer au travail de réflexion qui a été initié par Jules Gheude avec les Etats généraux de Wallonie du 9 mai 2009 à Liège (Etats généraux de Wallonie ). Je dois l’avouer, le « boycott » plus ou moins organisé par mes amis et colistiers du Rassemblement Wallonie France des Etats généraux de Wallonie du 9 mai m’a peiné. Beaucoup n’ont pas compris que les Etats généraux de Wallonie étaient l’occasion rêvée d’élargir le clan des « francolâtres » (disent nos détracteurs) aux régionalistes wallons et aux Belges désappointés et inquiets de leur avenir. Cette occasion de discuter entre Wallons de notre avenir belge ou français n’a malheureusement pas été saisie par les responsables du parti. Dommage, car ce 9 mai 2009 fut l’occasion de débattre non seulement entre Wallons de toutes sensibilités politiques, mais aussi avec des Français, dont un fit une forte impression sur l’assemblée, Jacques Lenain, qui a beaucoup réfléchi sur la question depuis deux ans. <><>Jacques Lenain est haut fonctionnaire français. Il est l'auteur d’une étude extrêmement bien structurée sur les différentes modalités que pourrait prendre la réunion de la Wallonie et de Bruxelles à la France, une fois l'Etat belge disparu (étude disponible sur simple demande en versant 3 euros sur le compte de la Revue Wallonie France, compte 068-2271983-76 pour la Belgique, 4,50 € pour la France IBAN BE 91-0682-2719-8376, frais de port inclus bien entendu). <><>Jacques Lenain est partisan d’une association entre la Wallonie, Bruxelles et la France, qu’il appelle « union-intégration ». Dans ce type d’association sui generis, la Wallonie et Bruxelles deviendraient des régions françaises, en conservant (voire augmentant) l’autonomie qui leur est accordée actuellement dans l’Etat belge. Les institutions régionales actuelles ne changeraient pas, ni les provinces, ni les communes. Moi, j’appellerai cette proposition Lenain, « l’union de velours » entre la Wallonie, Bruxelles et la France. Cette « union de velours » permettrait aux « anciens Belges francophones » de garder les institutions wallonnes et bruxelloises existantes, ainsi que l’essentiel du droit belge applicable. Je renvoie à mon billet à ce sujet sur mon blog : 74 % pour la réunion de la Wallonie à la France <><>La proposition exprimée par Jacques Lenain a été analysée par les « puristes » du rattachisme, dont je suis au fond, à l'opposé du programme du RWF, qui prône une « union-assimilation » pleine et entière dans la République française de la Wallonie et de Bruxelles comme régions françaises, avec éventuellement quelques dispositions transitoires ou dérogatoires, comme celles prévues pour l’Alsace-Lorraine. Moi aussi, je suis assez « carré » sur la question. Je suis un doctrinaire. Certains y voient un défaut, d’autres y voient une qualité. J’avoue que l’assimilation pleine et entière de la Wallonie dans la République française me séduit plus, étant un républicain convaincu et, même plutôt jacobin. Je supporterais mal par exemple de voir le double réseau d’enseignement francophone subsister avec ses subventions une fois devenus Français. D’autant plus que l’on ne peut pas dire que ce compromis de la « paix scolaire » ait vraiment eu des résultats magnifiques quant au niveau d’éducation des Wallons et des Bruxellois. Un enfant de 10 ans éduqué en France paraîtra toujours plus instruit et plus éloquent qu’un enfant de 10 ans éduqué en Wallonie… Je ne supporte pas non plus la « pilarisation » de la société francophone (syndicat et mutualité chrétiens d’une part, syndicat et mutualité socialistes d’autre part). Cette pilarisation multiplie pour moi les coûts et aussi les coups tordus entre différentes « chapelles ». Dès la petite enfance, on l’a vu, les crèches ont leur couleur politique. Cela est détestable. <><> Mais bon, va-t-on nous les 2% de « républicains jacobins laïques », rattachistes depuis 15 ans comme moi, convaincre les 98% de Wallons qui n’ont pas voté pour nous, de le faire en 2011 sans rien changer de notre stratégie, sans adapter notre programme au terrain qui ne nous est pas favorable ? <><>Ainsi, début août 2009, Jacques Lenain a écrit une lettre à notre président Paul-Henry Gendebien pour débattre de son option. Cette lettre, que les membres des Etats généraux de Wallonie ont également reçue en copie, se veut une lettre ouverte aux rattachistes. Cette lettre est reproduite in extenso sur le site d'un des responsables des Etats généraux de Wallonie, Didier Mélin : http://didiermelin.over-blog.com/article-35589582.html. <><>J’espère que notre parti acceptera de relever le défi, qui est seulement celui de réfléchir aux diverses modalités de notre avenir français que nous souhaitons tous. Personnellement, je le redis, je crois que l’espace de réflexion le plus serein pour ce débat est celui des Etats généraux de Wallonie de Jules Gheude. J’espère que Paul-Henry Gendebien, Jacques Lenain et Jules Gheude organiseront bientôt un débat franc et ouvert entre eux, ouvert aux participants des Etats généraux de Wallonie. Ouvrir le débat sur le projet Lenain ne préjuge en rien de notre choix final. Mais refuser un tel débat serait pour moi condamner les rattachistes à « tourner en vase clos » et, à terme, se condamner à disparaître comme force de proposition crédible <><>Contact : wallonieenfrance.over-blog.com