11.12.2008

A MONSIEUR LE MINISTRE JEAN-CLAUDE MARCOURT...

Monsieur le Ministre, ++ Vous avez participé au « dialogue de Communauté à Communauté » en tant qu’un des représentants des Francophones, jusqu’ici présentant une position d’unité dans la défense de leur communauté. + + Vos interlocuteurs sont membres du gouvernement flamand, notamment le Ministre Vandenbroeck. Ce gouvernement a pleinement assumé la décision de refuser la nomination de trois bourgmestres très démocratiquement élus, déclenchant ainsi un nouveau conflit communautaire et la suspension du dialogue communautaire ainsi que la mise sous surveillance de la Belgique par le Conseil de l’Europe. + + Avec autant de dignité que de fermeté et d’unité, les Présidents des partis francophones ont réagi en conditionnant la reprise du dialogue de communautés à l’ouverture de négociations entre les Présidents de partis du Nord et du Sud concernant la problématique bruxelloise. + + Vous signez aujourd’hui dans Le Soir conjointement avec le Ministre Vandenbroeck, un des co-auteurs du déclenchement du conflit communautaire actuel, un appel à la reprise du dialogue de communautés qui se conclut « Un nouveau conflit communautaire serait inacceptable et même irresponsable dans le contexte actuel de crise économique . . . ». Vous apposez votre signature à côté de celle d’un des déclencheurs du conflit actuel, en omettant toute référence et en traitant donc comme sans valeur la position unanime des présidents des partis francophones, dont le vôtre, rompant ainsi une unité francophone et ridiculisant la position de ces présidents. Comme si l’inacceptable et l’irresponsable n’étaient pas dans le chef de votre cosignataire. + + Chantage à la crise, à la munichoise, par des Flamands qui auraient trouvé un Francophone acceptant d’être attaqué sans se défendre et de reprendre le collier sous la dictée flamande et sur un itinéraire ponctué de gifles. Insouciant aussi, semble-t-il, de tout ce que comporte d’antisocial le traitement par les autorités flamandes des problèmes sociaux des Francophones de la périphérie. Ignorant aussi, semble-t-il, toutes les leçons du passé et les suites presque toujours déplorables des piteux renoncements francophones. + + Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en mon vif espoir qu’après un moment d’ « inattention » vous reprendrez place dans l’équipe de défense des Francophones, et en l’assurance de ma considération distinguée. Phillippe Duvieusart