26.08.2010

REGIONALISTES (DE TOUT LE PAYS !) UNISSEZ-VOUS !

Régionalistes (de tout le pays !) unissez-vous !

Article de Claude Thayse, maitre de conférences ULB, publié sur son blogue-notes

 

 Comme prévu, le dialogue communautaire a commencé. Sur base communautaire et non régionale. Exactement ce que voulaient les Flamands.

 

A l’heure actuelle, il est impossible de deviner ce qui va sortir des négociations. Mais ce ne seront de toute façon que des solutions insatisfaisantes et temporaires. Les sources de conflits ne pouvant y être traitées à fond. Il faut mettre sur pied de toute urgence une association temporaire de partis – idéalement issus des quatre entités, mais on peut commencer avec moins - qui décident de centrer leurs programme de réformes institutionnelles sur base d’une organisation au départ des régions. Sortant ainsi des blocages récurrents. Les « vrais problèmes » finalement puisqu’ils empêchent de prendre réellement en charge les préoccupations prioritaires des citoyens.

Autour de la table pour nous représenter, si je compte bien : 5 « francophones » sur 7 peu suspects de prendre en compte les spécificités régionales (avec un léger bénéfice du doute pour Picqué et Ludgen). Il ne manque que le MR qui aurait renforcé le camp communautariste. Et ce sont ces gens avec les pouvoirs exorbitants que leur donne le système politique de « présidentocratie » (*) qui vont décider pour tout le monde de la nouvelle architecture institutionnelle d’un pays qui n’en finit pas de mourir.

 

On connaît les revendications sentimentales et historiques des partis flamands sur Bruxelles. Mais ce sont là des gens patients et pragmatiques. Je suis curieux de voir leur évolution au cours de ces négociations. Après tout, ils avaient déjà fait preuve d’ouverture lors des négociations précédentes. Sans oublier que la configuration actuelle sur base des communautés leur convient très bien puisqu’elle leur donne de fait un pouvoir de contrôle sur ce qui est un des principaux enjeux pour eux : Bruxelles.

 

C’est là toute la perversité du système de partage entre communautés rivales de fait. Elles n’arrêtent pas de s’accuser des blocages et dysfonctionnements du fédéralisme. Le mantra du « front francophone » ayant conforté les vœux des nationalistes de Flandre d’imposer un jeu à deux.

 

S’il a été – pour nous Wallons – un incontestable progrès et a permis de stopper le déclin économique imposé par l’Etat unitaire, le fédéralisme est incomplet puisqu’il nous manque, entre autres à cause de l’existence des Communautés, la maîtrise de compétences essentielles et complémentaires en matière d’éducation et de culture. Sans compter ce qui reste au niveau fédéral où les choix sont basés sur des rapports de force qui nous sont défavorables.

 

En l’état, ce fédéralisme qui montre ainsi ses limites a de moins en moins de chance de pouvoir bien fonctionner à l’avenir puisqu’il y est impossible de définir des systèmes de solidarité mutuellement acceptables. Le système est largement ingouvernable et le restera tant qu’il restera des zones de chevauchement de compétences de type linguistico-communautaires.

 

Intéressante à ce sujet, la déclaration du ministre-président du gouvernement de la Communauté germanophone, Karl-Heinz Lambertz au magazine allemand Focus où en cas de scission de la Belgique, il envisage trois hypothèses : le retour à l’Allemagne, le rattachement au Luxembourg ou la création d’un État indépendant.  

Il est hautement significatif de constater que « la minorité la mieux protégée du monde » montre – par la voix de son premier dirigeant - que malgré la situation extrêmement favorable dont elle jouit, elle se prépare et surtout prépare ses 60.000 citoyens aux choix d’avenir possibles.

Certes, rien n’étant innocent, il s’agit peut-être là d’un appel du pied aux négociateurs pour qu’ils n’oublient pas cette entité…  

Il n’empêche. Cette déclaration donne raison aux propos tenus dans les années trente par les responsables du Mouvement wallon qui parlaient déjà d’organisation du pays sur base – à l’époque  – de trois régions. La Wallonie, la Flandre et la Région bilingue de Bruxelles.

 

C’est cette position – aménagée - que j’ai défendue auprès de mes amis du Rassemblement wallon (alors W+) quand j’ai parlé de réorganiser ce pays – dans un premier temps – sur base de quatre régions (en fait des Etats confédérés) libres et égales en Droits. Libres de s’associer deux à deux entre elles ou encore de s’adosser à l’un ou l’autre pays voisin de leur choix. Des associations « à géométrie variable » en quelque sorte. Sur base d’accords négociés et équilibrés où chacun trouverait son compte.

L'interview récente de Jean-Pierre Chevènement dans le  « Paris Match »  montre que l’option de l’adossement négocié est tout à fait envisageable.

 

J’y vois d’énormes avantages. Y compris - et surtout - pour les Bruxellois qui vivent une forme originale d’expérience de cohabitation multiculturelle et multicommunautaire. Ils pourraient ainsi continuer à développer cette nouvelle forme de citoyenneté, respectant les langues en présence tout en édifiant un projet commun porteur d’avenir pour tous les habitants. Il est patent que beaucoup de Bruxellois néerlandophones se sentent d’abord bruxellois avant d’être Flamands. Il en va de même pour les Bruxellois francophones dont peu se sentent Wallons. Les autres communautés – ni flamandes ni d’expression française – fort représentées s’identifiant à la culture bruxelloise en plus de leur culture originale. (Le succès de foule de la « Zineke parade » en est un des signes les plus visibles.)

 

Cette réorganisation sur base de quatre entités laisserait la porte ouverte à différentes possibilités en fonction de la volonté exprimée par les populations. Garder une Belgique sous une forme confédérale ou, à l’inverse, permettre une transition en douceur vers la réunion de l’une ou l’autre des entités avec un pays voisin. Ménageant même pour l’une ou l’autre entité qui serait tentée la possibilité du choix de l’indépendance.

 

Hélas, la structure exclusivement linguistique des partis traditionnels constitue un frein considérable. Tant que ceux-ci ne se détermineront pas sur une base essentiellement régionale, on ne pourra pas mettre sur pied un projet politique cohérent.

Les tensions communautaires sont les « vrais problèmes » - finalement - puisqu’elles empêchent de prendre réellement en charge les préoccupations prioritaires des citoyens.

 

(*) « Les Français ont inventé la démocratie représentative, les Belges ont inventé la démocratie non-représentative». (d’après Huntington)

 

28.04.2010

LETTRE OUVERTE DE L'UNION DES FRANCOPHONES, UF

Monsieur le Ministre d’Etat et Médiateur royal,= = =Depuis de nombreuses années, notre cartel, l’Union des Francophones (UF) a déposé des listes électorales dans les communes de la large Périphérie bruxelloise, à la Province du Brabant flamand et à la Région flamande. = =Un député flamand, six conseillers provinciaux et quelque 130 conseillers communaux et de CPAS relaient donc les attentes et défendent les intérêts des quelque 166.000 francophones de la Périphérie dans les assemblées correspondant à ces 3 niveaux et, dans certaines communes, aussi dans les Collèges des bourgmestre et échevins. = =Le Bureau de l’UF regroupe des membres du MR-LB ; du MR-FDF ; du PS et du CDH, ainsi que quelques indépendants. Nous sommes donc bien représentatifs d’une frange importante et significative de la population qui vit dans l’arrondissement de BHV et c’est à ce titre que nous vous adressons le courrier joint dont copie a été adressée aux présidents régionaux et fédéraux de nos partis respectifs. = =Vous noterez nos deux principales revendications : = = = l’élargissement de la région centrale à une large Périphérie de Bruxelles et la ratification de la Convention-cadre européenne qui organise la protection des minorités nationales = = = revendications qui sont celles des premiers concernés. A ce titre nous sommes donc à votre disposition pour vous rencontrer dans le cadre de votre mission et à votre meilleure convenance.= = =Vous souhaitant bonnes réception et lecture de ce dossier, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Médiateur royal, l’expression de nos salutations distinguées. +++Pour le Bureau UF = = Michel Dandoy ==Pour tout contact : 0475/351 598

11.11.2007

LES FRANCOPHONES PARLENT AUX FRANCOPHONES ...

A travers les médias et les associations… - • Olivier BRICHANT - : … Nous sommes deux peuples incapables de se comprendre. Tout pose problème : BHV, mais aussi la justice, la sécurité sociale… Cette situation était palpable avant le 10 juin. Nous avons eu affaire à une nouvelle classe politique « romantique » ne rêvant que d’autonomie sans cesse croissante, voire d’indépendance. Contre pareille attitude, le pragmatisme et le bon sens ne peuvent rien. - • Guy RASKIN, 5521 Serville - : … Nous savons depuis 1999 ce que veulent les Flamands. Et qu’ont fait nos politiques pour se préparer ? Rien ou à peu près rien ? On a cru qu’en déclarant « on est demandeur de rien », tout était résolu . Erreur les Flamands ont, eux, un objectif commun ; nous : presque rien. On va enfin se réunir : trop tard sans doute. -• Jean-Luc LEFEVRE - : … De qui se moque-t-on ? On se refuse à prendre la mesure de ce qui se passe réellement : un déni de démocratie et d’un « esprit » qui a façonné l’Etat, un coup d’Etat de velours, le refus d’encore vivre ensemble dans le respect de l’autre… - • Antoinette SPAAK, (FDF), ministre d’Etat, ancienne présidente du FDF - : … Nous devons venir avec nos revendications ; la première d’entre elles doit être l’élargissement de Bruxelles. C’est une vieille revendication du FDF… - • Alain BEERENBOOM, romancier, B.Hache.V. … - : … Car le vrai problème des parlementaires, leur profonde frustration, c’est l’ennui. Ces braves gens s’emmerdent et ils sont jaloux de voir Leterme, son hypnotiseur et leurs copains faire bombance. Tout le monde n’a pas la chance de passer ses nuits avec Madame Milquet – si M. Nothomb était encore le patron du PSC, aurait-on voté la scission ? Pas sûr ! …( www.berenboom.com) - • Jean-Claude WILLAME, professeur émérite de l’Ucl - : … Pas d’accord possible, alors on encommissionne BHV et l’institutionnel en faisant monter tous les partis démocratiques dans la barque, ce qui relativisera le poids des extrémistes FDF et N-VA. Bien joué ! Résultat (probable) des courses : d’une part, BHV sera effectivement scindé administrativement et politiquement, le MR étant garanti d’un siège de député dans le nouvel arrondissement ; d’autre part, (sans doute beaucoup de) nouvelles matières seront même « régionalisées » avec l’aval d’un Comité des Sages et après des combats d’usure qui ne nécessiteront même pas des majorités des deux tiers… - • Gérard CONTOR - : … Comment nos élus et nos négociateurs peuvent –ils faire preuve d’une telle couardise, d’une telle lâcheté, nous faisant passer, nous francophones, pour des idiots ?… - • Dominique FRISQUE - : … Le grand happening de mercredi a montré à quel point la société flamande est malade de son nationalisme. Elle nous a infligé l’humiliation suprême… Elle bafoue la démocratie lorsqu’il s’agit de nommer les bourgmestres largement élus de la périphérie… Prenons plutôt notre destin en main et… tous ensemble pour une Belgique démocratique et libre ! - • Pierre BOUILLON, journaliste au quotidien Le Soir, dans son Carnet du samedi 10 novembre 2007 - : … Si la N-VA n’a que cinq élus aujourd’hui à la Chambre, son assise parlementaire va enfler. La plupart des ministrables CD&V ont pour suppléant un N-VA … (Ndlr, nos représentants doivent tenir compte de cet élément dans les négociations)