06.03.2009

LE GOUT DU COMMENTAIRE...

REGARD SUR L’AVENIR DE BRUXELLES ET DE LA WALLONIE. = = Jean-Sébastien JAMART, 5008 Saint-Servais. Maître de conférences à l’Université de Liège - + + + Ce que je crains : Que les élus wallons et bruxellois courbent l’échine devant les coups de boutoir flamands. Scission de BHV moyennant des garanties en « pouvoir d’achat » pour nos concitoyens, non-élargissement de Bruxelles, « re-flamandisation de Bruxelles et sa périphérie », « flamandisation » de la représentation politique de la Wallonie via la liste LiDé de Rudy Aernoudt aux élections régionales en Wallonie. + + + Ce que je crois : Que nos élus « feront durer le plaisir », tant qu’ils peuvent vivre de la rente offerte par le régime. Les Francophones joueront peut-être aux matamores d’ici juin 2009, puis céderont devant les exigences flamandes dès septembre 2009 après les élections régionales. En échange de quoi ? Ils sauvegarderont certains droits pour les justiciables francophones en périphérie, le droit pour les Francophones de BHV d’aller voter à Bruxelles, ou Wavre ou Nivelles, comme les Fouronnais peuvent voter à Liège. Mais nos élus francophones ne pourront pas s’opposer à la scission de BHV et n’obtiendront pas non plus l’élargissement de Bruxelles. La loi de la majorité au Parlement fédéral belge est en effet implacable. L’honneur sera apparemment sauf, mais en réalité nous aurons accepté la future « frontière d’Etat »sans consultation populaire. + + +Ce que je conseille : comme Maître de conférences à l’Université de Liège en Droit international public, je ne peux que donner quelques conseils de bon sens à nos élus francophones. Il faut se préparer au pire et il faut donc éviter le vide juridique de l’après Belgique sur le plan international. Et le pire, ce serait notamment une sécession flamande avec une « petite Belgique » continuée qui ne serait pas automatiquement membre de l’Union européenne ni de la zone Euro ni des Nations Unies. Ce sera en effet sur le plan international la conséquence d’une sécession flamande. Les principes en matière de succession d’Etat, contenus dans la Convention des Nations Unies de 1978 sur la succession d’Etats en matière de traité internationaux et la Convention des Nations Unies sur la succession d’Etats en matière de biens, d’archives et des dettes de 1973, ne s’appliquent pas à la Belgique. En effet, la Belgique n’a pas ratifié la Convention de 1978 et à voter contre la Convention de 1983. Il en résulte que les garanties de ces deux conventions donneraient à une « petite Belgique » ne seront pas d’application et que l’appartenance de la « petite Belgique » à l’Union européenne, à la zone Euro ou aux Nations Unies ne serait pas automatique, mais serait soumise à l’approbation préalable des organisations concernées… = = IDENTITE FRANCOPHONE = = José FONTAINE par courriel - Je ne partage pas votre idée d’identité francophone. Je suis même sûr que pour les Wallons, cette identité francophone est une tentation de ne pas s'assumer soi-même. La solidarité avec Bruxelles est indispensable mais pas contre les Flamands car l'union contre un Autre, c'est l'indifférenciation. Vous ne sauriez croire à quel point ce discours antiflamand fait du tort à la Wallonie dans la mesure où il peut être facilement retourné contre les Wallons et où il est constamment retourné de fait contre les Wallons. Olivier Maingain cherche tout simplement par exemple à exclure la Wallonie de toute représentation internationale là où il le peut soit à la Conférence des peuples de langue française. Ce n'est pas de cette façon qu'on pourra promouvoir une vraie entente entre Wallons et Bruxellois, par l'effacement de l'un des partenaires. Je ne sais pas ce que vous pensez de cela, mais je vous jure bien que les Wallons les plus conscients, organisés et déterminés considèrent à cet égard certains membres du FDF comme des adversaires bien pires que les Flamands... Je suis allé à Sète en 2005 à une Conférence des peuples de langue française: je vous jure que dans ce contexte, loin de chez nous, il est écoeurant de voir des gens comme Olivier Maingain s'évertuer à ce que les associations wallonnes présentes sur place ne puissent prendre la parole. Cela s'est reproduit en 2008 à Québec. Vous pourriez aller voir sur notre site l'intervention du vieux Jean-Emile Humblet à l'égard des gens qui refusent que la Wallonie gère ses matières culturelles, pas seulement les gens du FDF évidemment. Cette façon de faire dégoûte les militants wallons du FDF et les amène à préférer les régionalistes bruxellois. .. = = … Il faut prendre la Wallonie telle qu'elle est et non pas telle que le FDF (en tout cas Olivier Maingain), voudrait qu'elle soit, c'est-à-dire soumise, inexistante et seulement francophone comme si la culture d'un peuple s'identifiait à la langue qu'il parle, ce qui rendrait le Québec impossible. Je pense que la Wallonie est possible. Qu'elle n'a pas à recevoir de leçon de défense du français de quiconque et qu'elle ne rompt aucune solidarité en voulant être elle-même. Avant même de dialoguer il faut que l'on admette que son interlocuteur existe: tant que des gens comme Maingain ne le feront pas, lui et nous n'aurons rien à nous dire. = = En plus, je suis sûr que cela fait du tort à la défense du français dans le monde car l'une des supériorités du français qu'il partage avec l'anglais sur toutes les autres langues, c'est la diversité des formes de vie de ses locuteurs, en dépit du jacobinisme français qui veut tout rendre homogène.

25.09.2007

POLITIQUE / SECESSION DU NORD

LE CD&V NE VEUT PAS LE SEPARATISME… MAIS !Il le prouve dans un « toutes-boîtes » distribué en Flandre à un million d’exemplaires. L’objectif est de rectifier « les malentendus de la formation du gouvernement ». Pardi, les Francophones sont des intellectuellement incapables de comprendre les « subtilités » de la langue flamande. Le CD&V veut se présenter comme le « bon peuple flamand » qui veut le bien du « benêt peuple francophone » en lui réservant… les miettes. D’abord servir la Flandre.Voyons !• La Flandre ne veut pas le séparatisme. MAIS, elle veut un renforcement de l’autonomie des Régions dans des frontières d’Etat, ignorant l’hinterland naturel de Bruxelles, ville européenne.• La Flandre ne veut pas une Wallonie pauvre. MAIS, elle refuse la solidarité entre les deux Régions dans les secteurs sociaux, ignorant la Région de Bruxelles.• La Flandre ne veut pas une législation sur la nationalité. MAIS, elle veut que les nouveaux venus et migrants en Flandre prouvent une bonne connaissance du flamand ou prennent l’engagement d’apprendre le flamand. MAIS, elle veut que la loi fédérale sur l’acquisition de la nationalité belge soit mise en accord avec la politique d’intégration flamande. Autrement dit, la Flandre veut que la loi flamande soit imposée à l’ensemble de la Belgique.• La Flandre ne veut pas scinder les plaques de voiture. MAIS, elle veut que les compétences en matière de circulation et de transport soient transférées aux Régions. Autrement dit, la Flandre veut renforcer sa frontière d’Etat par une disposition douanière. • La Flandre ne veut pas scinder la Sabam. MAIS, elle veut une collaboration structurelle entre l’Etat fédéral et les Communautés. Autrement dit, elle veut la direction de la vie culturelle et artistique sur l’ensemble du pays, étant majoritaire.• La Flandre ne veut pas scinder la SNCB. MAIS, elle veut que les Régions aient une voix dans les organes de direction de la SNCB. Autrement dit, elle veut être majoritaire dans les organes de direction de la SNCB en s’appuyant sur la clef de répartition 60/40 qui l’avantage outrancièrement.• La Flandre ne veut pas une rupture du pays. MAIS, elle veut unifier l’Espace francophone Wallonie-Bruxelles sous sa pax Flandria par l’imposition d’une administration unique à langue unique : le flamand. Au rancard, les guichets « séparés »… de Schaerbeek de qui vous savez !• « L’indépendance de la Flandre n’est plus un tabou, les Francophones doivent le savoir », dixit Luc Van der Keulen, éditorialiste du Laatste Nieuws, le journal le plus lu en Flandre.

11.09.2007

ECLATEMENT DE LA BELGIQUE

Les mots annonçant la fin de la Belgique fleurissenet dans médias. Définissons quelques-uns. Selon le dictionnaire Larousse :* Distanciation : mise d'une distance entre soi-même et quelque chose* Scission : la division dans une assemblée, un parti politique, un syndicat, une association, une entreprise* Sécession : l'action de se séparer de la collectivité nationale pour former un Etat distinct ou se réunir à un autre* Séparation : le fait de distinguée, de mettre à part. C'est aussi le fait de se séparer, de rompre un lien, de se quitter.Ces quatre mots se rencontrent quasi chaque jour dans les médias. Ils véhiculent une certaine nuance de différenciation dans leur acception selon que nous les recevons dans un état d'esprit de divorce, de lézarde, de répulsion, de rupture.Des questions se posent, entre autres :la Flandre peut-elle se passer de Bruxelles ?la Wallonie peut-elle se passer de BruxellesBruxelles peut-elle se passer de la Flandre et de la Wallonie ?Quelle Belgique voulons-nous : une Belgique fédérale ou une Belgique confédérale ?Quel jugement portez-vous sur l'obstination de la Flandre à vouloir se séparer de la Wallonie ?