28.05.2010

QUEL AVENIR DES INSTITUTIONS ET DE L'ETAT BELGE ?

Dans un message précédent, nous soulevions la nécessité pour la Région Wallonne de prendre conscience du projet politique et culturel qu'elle porte. Ecolo poursuit le dialogue en nous exposant sa position : une nouvelle dynamique politique en Wallonie. + + Laurent Collet, attaché au Secrétariat fédéral d'Ecolo nous écrit : " … Ecolo a toujours pensé que des collectivités se légitiment à partir de la vitalité du débat démocratique qu'elles entretiennent en leur sein, davantage que par des critères de langue et de culture. Dans ce cadre, Ecolo est conscient de la nécessité de mettre en place une nouvelle dynamique politique en Wallonie, qu'il s'agisse de lutter contre les dynamiques des sous-localistes qui ont jusqu'ici miné la prise de conscience de ses potentialités, ou de proposer de nouvelles règles de bonne gouvernance et de débat public - via par exemple l'instauration d'une circonscription électorale commune à l'ensemble de la Région wallonne -. De manière plus large, Ecolo est conscient de la nécessité de laisser les Régions du pays vivre leur vie, et s'approprier dans leur pleine mesure les outils et compétences qui leur ont été conférées par la Constitution. +Néanmoins, Ecolo veut rester attentif à la communauté politique reliant la Région wallonne et Bruxelles, et défend l'idée d'un Etat fédéral reposant sur un principe de solidarité interpersonnelle et interrégionale. Nous pensons en outre que cet Etat fédéral peut et doit encore vivre d'un dialogue à construire entre le Nord et le Sud du pays. Certes, nous sommes conscients de la difficulté de nourrir ce dialogue et de construire un système institutionnel équitable pour chacune de ses Communautés, votre texte le rappelle. Mais nous pensons que le propre de la démocratie consiste précisément à prendre en charge le défi du pluralisme social et culturel".+Dans le cadre de la poursuite du dialogue, nous pensons qu'en théorie la position d'Ecolo est bonne et pourrait être négociée avec les Flamands. Mais, dans la pratique, elle nous paraît illusoire. En effet, trois problèmes essentiels nous paraissent peu rencontrés par l'angélisme d'Ecolo : + +1. Les problèmes actuels de Bruxelles : paupérisation, dualisme sociologique de la Région, ghettoïsation des immigrés et sous-financement récurrent des tâches fédérales. +2. La mentalité anti-entrepreneuriale professée par les milieux intellectuels, professoraux et syndicaux wallons. Il y a un déficit considérable de PME performantes en Wallonie ! + 3. La volonté des Flamands - dans un plan démarré au début du XXème siècle - d'annexer Bruxelles à la Flandre en l'enclavant territorialement. + Le plan d'Ecolo tiendrait la route à condition d'élargir Bruxelles et de lui conférer l'autonomie constitutive. Ce que les Flamands n'accepteront jamais en fonction de la théorie du droit du sol. +Dès lors, la viabilité de la Belgique se positionne sur la base de trois Régions autonomes et responsables. Mais la Région Bruxelles-Capitale doit d'abord être élargie, refinancée en matière de missions fédérales et enfin acceptée comme Région à part entière par les Flamands. Et deux Communautés qui cogèrent Bruxelles - le plan de Bart De Wever - est inacceptable pour les Bruxellois et suicidaire pour les Wallons dans l'état actuel de leur économie. +Nous craignons donc que toutes les hypothèses ne nous mènent au clash. +Posons l'hypothèse de la soumission et celle de l'indépendance ! +Une minorité, numériquement et économiquement faible, ne peut que se soumettre ou "dangereusement" prendre son destin en mains. La Slovaquie l'a fait. Pourquoi pas nous ? +Quels sont les hommes et les femmes politiques francophones qui oseront dire aux Wallons que les allocations et soutiens de tous types seront demain diminués d'un tiers ? +Quelles sont les populations émigrées bruxelloises qui refuseront le chèque flamand pour aller vers les faibles chances actuelles du "destin wallon" ?

05.04.2010

FEDERALISME DE COOPERATION...

…Un nouveau fédéralisme est né : le fédéralisme de coopération enfanté par Yves Leterme, CD&Vlaams, Premier ministre. <><>Si nous ouvrons notre petit dictionnaire Larousse, celui-ci nous enseigne que 1) le mot « fédéralisme » signifie un « mode de regroupement de collectivités tendant à accroitre leur solidarité tout en préservant leur particularisme ; 2) le mot « coopération » signifie, dans son acception économique, une « méthode d’action par laquelle des personnes ayant des intérêts communs constituent une entreprise où les droits de chacun à la gestion sont égaux et où le profit est réparti entre les seuls associés au prorata de leur activité ». <><>Deux mots se détachent : solidarité, égalité. Retournons dans notre dictionnaire de notre enfance ; il nous précise que le mot « solidarité » suscite un « sentiment qui pousse les hommes à s’accorder une aide mutuelle », et que le mot « égalité » établit ce « rapport entre individus, citoyens égaux en droits et soumis aux mêmes obligations ».<><>Une symbiose, une « union étroite entre des personnes et des choses ». <><>Une symbiose entre les présidents des éléments constitutifs institutionnels : Yves Leterme, CD&Vlaams (Fédéral), Ingrid Lieten, SP.A, (Flandre), Kart-Heinz Lambertz, socialiste (Communauté germanophone), Rudy Demotte, PS, (Wallonie), Charles Picqué, PS (Bruxelles).<><>Première rencontre euphorisante. Premier sourire béat. Première résolution inébranlable. La naissance d’un grand projet « BE2020 », le nom de baptême du fédéralisme de coopération. <><>Devant les fonts baptismaux, un engagement formel, un engagement divin. « Je n’avais jamais espéré une réaction aussi positive de mes collègues. Je suis content, jubile Yves Leterme… 50 à 60 dossiers socio-économiques ont été identifiés ; une dizaine pourra être sur la table dès avril, mai… On travaille dans le cadre actuel de répartition de compétences et dans le cadre budgétaire aussi… Le fédéralisme de coopération est essentiel et le sera encore après la réforme de l’Etat. Nous essayons de trouver des solutions par une meilleure coopération … ». « Des dossiers sur lesquels nous sommes d’accord de travailler ensemble, surenchérit Rudy Demotte… C’est une modification dans l’approche institutionnelle ; tant qu’on n’a pas de réforme de l’Etat, c’est la meilleure manière de progresser… ». Benoitement, Charles Picqué observe : « Le Premier ministre utilise la présidence belge de l’Union pour pousser la coopération. Il n’a pas tort, car si la présidence belge prouve que le pays ne fonctionne plus, tant il y a une cacophonie sur les points de vue à exprimer, ce sera nuisible à tous… ». Ingrid Lieten, pragmatique, voit les convergences : « Sur certains thèmes comme la lutte contre la pauvreté, les politiques d’innovation ou les leviers de relance de la croissance, les entités fédérales sont souvent sur la même longueur d’ondes. On peut parfaitement, dans le respect des compétences de chacun, collaborer dans le cadre de la Stratégie UE2020 ». <><>Un rêve. Tout est beau ; tout le monde est gentil. Le monde des Bisounours ! Pendant combien de temps ? <><>La Flandre arrogante, la Flandre impérialiste, la Flandre autoritaire balise. Son ministre-président Kris Peeters, CD&Vlaams, accepte de « s’engager dans cette voie à condition qu’elle génère des améliorations concrètes ». Bart De Wever, président de la N-VA, plombe les bonnes résolutions : « Le gouvernement tente, par cette grand-messe inutile, de masquer son impuissance à réaliser la moindre avancée institutionnelle ». Philippe Muytens lui donne la main : « Nous nous voyons déjà au comité de concertation. Et le fédéral connaît nos revendications. Ce n’est pas dans ce grand pow wow que l’on avancera ». <><>Tout est déjà dit. La Flandre des partis, la Flandre institutionnelle veut peser sur la politique belge. La Flandre veut une reconnaissance pleine et entière. Un approfondissement de la réforme institutionnelle de 1993. Une Flandre dominante dans une Belgique aux compétences fédérales minimales. <><>Jean-Luc Dehaene, CD&Vlaams, démineur désigné par le Roi, donnera sa réponse dans quelques semaines : BHV sera-t-il ou ne sera-t-il pas scindé ? La Belgique de 1830 aura-t-elle vécu ? Bruxelles aura-t-elle des compétences institutionnelles ou sera-t-elle dotée d’un statut sui generis ? Les Régions seront-elles égales en droits ? Autrement dit : le concept « coopération » s’imposera-t-il ? <><>Au bout du chemin : Fédéralisme ? Confédéralisme ? Séparatisme ? Indépendantisme ? Résignation ? Soumission ? <><>Ne nous illusionnons pas… Les Flamands dorment avec les lois linguistiques ; elles façonnent leurs rêves d’hégémonie conçus dans la Flamenpolitik d’une autre époque.

02.01.2008

L'INSTITUTIONNEL ... LA RECETTE "WIN-WIN3 / DU WIND (vent)...

Le « win-win » (gagnant-gagnant), c’est du pipeau. Dans un accord, il y a toujours un gagnant et un perdant, un dominant et un acceptant… Les politiciens francophones se nourrissent d’une culture de soumission pour satisfaire un ego de dominance curiale. - -Dans une carte blanche, intitulée « Offensive aérienne contre Bruxelles », publiée dans le quotidien Le Soi des 08 et 09 octobre 2005, Gauthier van Outryve, rédacteur en chef de la revue électronique « Mille Décibels », a clairement démontré l’aptitude à la soumission de la classe politicienne francophone. - -Cette aptitude des politiciens francophones à la soumission s’est étalée sans la répartition des tâches ministérielles du gouvernement de sauvetage Verhofstadt III. La visibilité internationale, diplomatique et économique de la Belgique est confiée aux Flamands, le contrôle sécuritaire de la Belgique est confié aux Flamands, l’organisation institutionnelle de la Nouvelle Belgique est confiée à un Flamand. Seul une et une seule fonction régalienne, les finances, a été accordée à un francophone ; tout l’autre poste de direction est entre les mains des Flamands. Ne parlez pas « win-win ». La déclaration de Servais Verherstraeten, nouveau chef de groupe CD&V/N-VA à la Chambre des Représentants, résonne comme une annonce funèbre : « Toutes les réformes de l’Etat ont été des compromis. Celle-ci le sera aussi. Il faudra un « win-win ». Ceux qui s’opposent à une réforme risquent de rendre ce pays ingouvernable ». Bart De Wever, président de la N-VA, alliée du CD&V, confirme : « Je suis prêt à des compromis honorables. Mais pas question de s’aplatir. On ne l’a jamais fait. On ne le fera jamais ». En clair, à l’adresse des francophones : « Acceptez moutonnièrement notre plan de réforme sinon nous vous coupons les vivres ». Caramba, la Flandre d’abord ! - -La main sur le cœur, faisant amende honorable du vassal à son suzerain La Flandre, Elio Di Rupo, président du PS, susurre : » J’ai estimé qu’il était de mon devoir et celui de mon parti de prendre nos responsabilités. L’opposition est utile. Elle est souvent stérile pour résoudre les problèmes des gens… Apporter une empreinte sociale forte ». Même soumission exprimée avec des mots creux au sein des organes du MR : « Pas question de toucher aux droits et libertés des gens… Si on fédéralise des compétences, il faut pouvoir aussi refédéraliser… ». Le président du MR, Didier Reynders, reste dans le domaine de l’hypothétique : … Le problème, c’est que, jusqu’à présent, dès qu’on dit, au Nord, qu’on veut toucher à la Sécu, au Sud on rétorque qu’on veut élargir Bruxelles… Sortons de ce schéma. Et parlons de tout. Il faut de toute façon ouvrir le débat sur la pacification belge ». Du côté du CDH, Joëlle Milquet, présidente, est plus ferme : »… Nous ne serons pas le paillasson des exigences flamandes… Nous continuerons à consacrer toute notre énergie à la recherche de solutions institutionnelles équilibrées, respectueuses des droits et intérêts des francophones… ». Puisse sa fermeté déteindre sur l’ensemble de la classe politique francophone ! - -Sonnez le cor ! Trompetez hallali !