12.06.2010
UN FRANCAIS PARLE AUX FRANCOPHONES DE BELGIQUE...
BARBERIS Francis, économiste, par courriel - "L'intérêt géopolitique des Wallons et des Bruxellois est d'adhérer au fait français". + + Ecoutons-le. "Mes sentiments, souligne-t-il, sont très mitigés sur la situation en Wallonie et en Flandre. Je ne vois en fait qu'un seul acteur sur le terrain : la force nationale flamande. En face, rien […] Je pense en fait que les Wallons se sentent protégés par la future frontière d'Etat et que peu leur chaut de subir la domination flamande, pourvu qu'ils aient leur niveau de vie plus ou moins garanti et que cette domination soit "douce". + + […] La question nationale prime tout. Il n'est aucune prospérité économique possible, aucun niveau de vie acceptable dans l'asservissement culturel et politique. + + L'intérêt géostratégique bien compris des Wallons est d'adhérer au projet politique français qui pourrait faire de votre pays le nouvel axe de pénétration économique vers le Nord et l'Est de l'Europe via les deux grands ports en eau profonde qui ont retrouvé leur liberté de manœuvre à la suite de la modification de leur statut. J'ai cité Marseille et Dunkerque au premier chef. Mais encore faut-il que les Wallons en soient conscients et acceptent ce projet de développement territorial qui les bousculera, au lieu de compter sur le pérennité (douteuse) d'un Plan Marshall. + + L'intérêt géostratégique des Bruxellois est d'adhérer clairement au fait français et de se mettre sous la protection culturelle, linguistique (et donc politique) de Paris. Seul Paris peut garantir à Bruxelles le maintien de sa diversité multiculturelle, le développement de son statut de capitale. Mais encore faut-il que les Bruxellois en soient conscients et le demandent. + + Or, cette double crise de conscience, des Wallons d'une part et des Bruxellois d'autre part, je ne la vois guère venir. Si cela était le cas, la presse francophone devrait être porteuse de ce sujet ; or je constate que si ce sujet existe dans les colonnes, il n'est traité que de manière secondaire, alors qu'il conditionne tout le reste. + + Certes, je pense que, à terme, la stratégie flamande est condamnée à l'échec pour au moins deux raisons : leur démographie, désastreuse ; l'enfermement du port d'Anvers qui ne pourra bien longtemps continuer à jouer son rôle de poumon économique pour la Flandre, dans l'impossibilité qu'il sera demain d'accueillir des vaisseaux de plus de 15 mètres de tirant d'eau, alors que dans 10 ans au plus, tout le trafic se fera par porte-conteneurs de 25 mètres. On peut compter sur les Hollandais pour freiner le développement d'Anvers de manière à conserver le leadership sur les navires de moins de 15 mètres qui continueront néanmoins de naviguer… Or étouffer Anvers, c'est étouffer la Flandre. Les Hollandais l'ont bien compris qui pourront ainsi se présenter comme le seul recours politique possible pour une Flandre vieillissante (55 % de plus de 65 ans en 2030) et agonisante (perte d'un million d'habitants par rapport à aujourd'hui). + + […] Que pouvons-nous, nous Français, faire pour vous actuellement ? A vrai dire peu de choses. De Gaulle avait bien résumé la question. Sans un appel clair et dénué de toute ambigüité de la part des instances représentatives wallonnes et bruxelloises, rien ne me paraît possible, du moins pour l'heure. Je pense en fait que mon gouvernement attend une opportunité pour prendre position. C'est pourquoi nous demeurons silencieux, mais vigilants et solidaires.
15:39 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anvers, flandre, appel, strategie flamande, hollandais, plan marshall, prosperite |
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19.08.2009
L'AVENIR DE BRUXELLES : LA STRATEGIE FLAMANDE
Dans une lettre ouverte en juillet 2002, adressée aux présidents des partis francophones, aux membres du gouvernement et du parlement de la Communauté Wallonie-Bruxelles et aux membres de la presse francophone, Roland Gillet, M R/FDF, sénateur honoraire, dénonce l’emprise flamande sur le personnel subalterne des institutions publiques : «... Ceux qui ont à faire à Bruxelles aux institutions bicommunautaires comme le Sénat ou la Chambre des Représentants, les ministères fédéraux, les services publics, sont frappés du nombre de personnes s’exprimant en néerlandais et, dans certains cas, comme le Parlement, il est plutôt difficile de trouver un francophone dans le personnel subalterne...Et demandons aux politiciens du Nord de cesser de vouloir phagocyter Bruxelles qui... ne l’acceptera jamais ».+ + + La stratégie de la Flandre + + + La stratégie flamande est de veiller à ce que Bruxelles ne dispose pas de moyens financiers suffisants pour assurer un fonctionnement normal de ses organes constitutifs ainsi que de marteler l’affirmation selon laquelle « il est difficile pour un Flamand venant à Bruxelles, capitale de la Belgique et de la Flandre, de se heurter à des gens qui refusent de parler sa langue ». L’antienne de Jozef Deleu, figure emblématique de la vie culturelle flamande. + + La stratégie flamande de « Bruxelles en Flandre » est clairement décrite par Matthias Storm : « Le minimum que nous demandons c’est que les Bruxellois qui le veulent soient citoyens à part entière de la Flandre... L’idéal serait de convaincre la grande majorité des Bruxellois d’accepter cette initiative ». + +Les manœuvres des différents gouvernements flamands ont pour but d’absorber et de flamandiser les territoires qu’ils veulent conquérir en y effaçant toute trace de langue française comme cela fut le cas en Flandre au siècle dernier. Ce processus est en train dans tous les domaines : la politique, l’économique et le culturel. + + Les Flamands, de tous bords, demandent voire même exigent l’intégration de Bruxelles à la Nation flamande, sous une forme quelconque. Selon Alain Maskens, médecin, essayiste, président de l’asbl Manifesto, le mot « Bruxelles » est effacé : « Relisez les articles et interview s récents des politiciens et journalistes de Flandre : vous y trouverez « Nord et Sud », « Flamands et Francophones », « Flandre et Wallonie », quasi jamais « Bruxelles ». Cette stratégie est simple : dialoguons de Communauté à Communauté... et oublions Bruxelles ». + + + L’installation de la Flandre + + +La Flandre investit une somme colossale pour installer la télévision régionale bruxelloise flamande TV-Brussel à la place Flagey dans l’ancien bâtiment de l’Institut national de Radiodiffusion, INR. Bert Anciaux, Spirit, ministre flamand des Affaires bruxelloises, ne cache pas son ambition : « faire du bâtiment un centre de communication et une future chaîne de radio flamande à destination des Bruxellois ». + + Le SP, parti socialiste flamand, et Agalev, parti écologiste flamand, coalisés au sein du cartel « SP.Aga » dans la majorité régionale bruxelloise, propose des aides substantielles aux médecins et paramédicaux néerlandophones, aux étudiants flamands en médecine en stage à Bruxelles, aux maîtres de stages flamands dans les hôpitaux, ainsi qu’une subvention pour l’organisation d’un service de garde néerlandophone et une prime de bilinguisme pour les médecins, les travailleurs du secteur paramédical et le personnel administratif dans un hôpital public.+ + La manne financière est là ; il suffit d’y puiser. Et elle servira non seulement au secteur de la santé mais également à l’enseignement flamand, à la problématique de l’endettement des familles, aux infrastructures sportives, aux communes qui accueilleraient un échevin ou un président de CPAS néerlandophone pour des projets en faveur de la population néerlandophone...+ + + La revendication du Vlaams Blok (actuellement Vlaams Belang) + + + Dans sa propagande écrite, le Vlaams Blok revendique « les territoires qui, à la création de l’Etat belge, étaient flamands et qui reviennent par conséquent à la Flandre ». Il affirme que « Bruxelles et sa périphérie appartiennent également à la Flandre. Bruxelles, capitale du futur Etat flamand indépendant, se voit attribuer un statut spécial. On continuera à utiliser les deux langues, uniquement dans un souci de réadaptation à la langue et à la culture flamandes des Flamands dénationalisés des 19 communes de Bruxelles afin de les intégrer totalement à la Communauté flamande ». + + Des personnalités flamandes prennent position. Johan Demol, leader du Vlaams Blok à Bruxelles, déclare en 2003 : « La Flandre indépendante devra retourner à sa patrie d’origine les Pays-Bas... ».Guido Tastenoy, député Vlaams Blok, propose d’organiser un blocus de Bruxelles, « cette petite île située en Flandre ». Philippe Muyters, administrateur-délégué de la Voka, coupole, regroupant la Fédération patronale des Entreprises flamandes et les Chambres de Commerce de Flandre, affirme : « ... Comme beaucoup de Flamands, je la considère (Bruxelles, ndlr) comme étant non seulement Capitale de l’Europe, mais aussi de la Flandre. Il suffit d’ailleurs de lire une carte pour s’apercevoir que Bruxelles est bel et bien située en Flandre... Si la Flandre est empêchée de se déployer à cause de Bruxelles, il faut que celle-ci mesure les conséquences de son blocage. Ce n’est pas du chantage, mais du réalisme économique... ». + + +Dans nos cœurs, une voix nous parle ; elle nous dit courage : Bruxelles humiliée… Bruxelles phagocytée… Mais Bruxelles renaissante… Bruxelles vivante… Bruxelles française.
15:27 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strategie flamande, matthias storm, roland gillet, sp, agalev, integrer, etat flamand, philippe muyters, voka, guido tastenoy, johan demol |
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04.12.2007
UN FORMATEUR "BELGE ET FIER DE L'ETRE"...
Nous revoici au point de départ, petit bilan des (presque) 6 mois de formation d’un gouvernement : Du côté de la majorité putative flamande : - Le CD&V/NV.A reste incontournable. Ils veulent une grande réforme de l’Etat. - Bart Somers (Open VLD) déclare : « L'important maintenant est de mettre sur pied un gouvernement, de réaliser une réforme de l'État ». - Du côté francophone : - Le CDH souhaite qu’une « nouvelle dynamique puisse rapidement voir le jour avec pour objectif un gouvernement qui s’occupe des vraies préoccupations des Belges, de tous les Belges et donc aussi des francophones - Le MR ne veut toujours pas des socialistes, sa tendance bruxello-belgiciste, Maingain, déclare que l'urgence était maintenant de former un gouvernement avec un programme socio-économique. Et pendant ce temps là, du côté de l’opposition… - Elio Di Rupo et Isabelle Durant plaident pour que le prochain formateur soit « un Belge fier de l'être ». A noter l'intéressant lapsus de Di Rupo à propos d'un gouvernement "d'unité" nationale. - Mme Gennez (SP-A) déclare : « Pendant six mois, on a négocié avec un CDH qui croit toujours à une Belgique qui n'existe plus »… Les choses sont claires. Il y a bel et bien deux points de vue tout à fait opposés. Finalement, le refus de toute la classe politique francophone de voir la réalité aura permis à la stratégie flamande d’aller plus loin que prévu : dépasser sa volonté de vassaliser Bruxelles et la Wallonie (*) et aller irrémédiablement vers la scission sans avoir à endosser la responsabilité de la rupture finale… Bon, c’était prévu. Que n’a-t-on écouté les prédictions du Mouvement wallon… L’apparition de tant de drapeaux aux fenêtres bruxelloises n’est elle pas la prise de conscience qu’il est trop tard et que c’est dans la panique que l’on réagit ? (*) Bart De Wever disait dans « Le Soir », il y a plusieurs semaines, ne pas vouloir la disparition de la Belgique et il ajoutait que la Belgique ne disparaîtra pas parce qu'on transfère un nombre important de compétences vers les régions et que l'on scinde BHV... C’est là un message clé qui n’a pas été décodé. Ils veulent Bruxelles parce qu'elle est un centre international important qu'ils pourront contrôler en possédant la sécurité sociale, la politique de l'emploi, les transports, etc. Et quand ils parlent de la scission de la sécurité sociale, il s'agit de la scission de la redistribution de l'assurance maladie, des allocations familiales, des allocations de chômage. Mais ils ne revendiquent pas la scission du financement de la sécurité sociale. Ils savent ce que ça leur coûterait. Ils veulent contrôler ces fameux transferts Nord-Sud, l’inverse restant fédéral C’est sous contrôle. Vassaliser la Wallonie et Bruxelles, c’est l’objectif décrit dans le manifeste de la Warrande. La vision flamande du confédéralisme. Est-ce ça que nous voulons ? Il est temps qu'un parti se déclare ouvertement séparatiste en Wallonie. - Blogue-notes Claude THAYSE - Site : www.claude-thayse.net
15:11 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : confederalisme, formateur, belge, majorite putative, reforme de l etat, socialistes, francophones, strategie flamande, mouvement wallon, drapeaux, unite nationale, scission |
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