16.08.2008

OUI, J'AI PEUR. APPEL DE MARCEL BOLLE DE BAL, SOCIOLOGUE...

Dans un émouvant courrier, adressé il y a déjà un certain temps au quotidien Le Soir, Marcel Bolle de Bal, professeur émérite de sociologie de l’ULB, lançait un cri d’alarme « Oui, j’ai peur ». Voici des extraits.… J’ai peur. Notre pays traverse une très grave crise. La N-VA – séparatiste et indépendantiste à moyen et long terme – tire les ficelles de l’actuelle politique belge, a pris le CD&V en otage, à travers lui toute la Flandre, puis tout le pays.Oui, j’ai peur. N’est-il pas absurde, vain de vouloir négocier une réforme de l’Etat fédéral avec un groupe qui a pour vocation de supprimer cet Etat, faute de pouvoir le flamandiser totalement ? …Oui, j’ai peur : pour la première fois de ma vie (déjà longue), je doute du bon sens belge, je me sens devenir anti-flamand, je commence à ne plus croire en l’avenir de notre chère Belgique, terre de compromis et du célèbre « Pacte des Belges », à m’éprouver enclin à envisager favorablement (mais avec résignation) l’idée du séparatisme : laissons la Flandre à ses démons nationalistes et oeuvrons à la construction d’une nouvelle Belgique, fondée sur une association étroite entre Bruxelles et la Wallonie.Oui, j’ai peur, je suis en colère… et profondément triste, Francophones, rappelons-nous la célèbre adjuration de Paul-Henri Spaak : « Il n’est pas trop tard, mais il est temps », de réagir… et d’agir ! Unis ! (Marcel Bolle de Bal, Linkebeek)Des raisons d’avoir peur. La N-VA n’entraîne-t-elle pas dans son délire la LDD, Lijst Dedecker, qui monte en puissance ? Yves Leterme, CD&V, Premier ministre, adoube la N-VA : « Je suis le père du cartel CD&V/N-VA. Un père n’abandonne pas son enfant ». Les Flamands sont bloqués sur la symbolique du terrain. Ils sont imperméables à toute discussion.