08.10.2007

UN GOUVERNEMENT BIENTÖT ? POSSIBLE... MAIS APRES?

COMMUNIQUE -C’est passé inaperçu (*), mais le 20 septembre dernier les directeurs généraux de l’administration flamande se sont réunis pour discuter d’un nouveau rapport à l’attention du gouvernement flamand. Rapport qui complète, précise et corrige les 95 revendications de réforme de l’Etat. Ce rapport est rendu nécessaire dans l'imédiat, parce qu'on le sait, l’article 35 de la Constitution n’a pas été déclaré révisable. Pourtant, celui-ci stipule que les compétences résiduaires sont allouées aux Communautés et Régions alors que le pouvoir fédéral est responsable de tous les sujets qui lui sont spécifiés. Embêtant parce qu’il serait logique qu’il devienne d’application le plus rapidement possible dans l’objectif d’obtenir les compétences plus homogènes, une plus grande autonomie fiscale ou encore une division des compétences fédérales comme la Sécurité sociale, le Droit social ou la Justice… Bref, les Flamands travaillent sur un texte apportant des précisions sur les changements législatifs nécessaires à un approfondissement de la régionalisation. C’est de bonne guerre. Les Flamands préparent l’avenir. Et si on analyse plus en profondeur certains thèmes, on peut se dire que, par exemple, les habitants francophones de Flandre (Communes à facilités, Fourons, et autres…) auront bientôt des raisons supplémentaires de s’inquiéter. On sait, et les partis qui se disent défenseurs des ces habitants francophones en font grand cas, que la pression internationale pousse à la ratification de la « Convention cadre pour la protection des minorités ». Les directeurs généraux de l’administration flamande en sont à formuler une « définition juridique étanche de la minorité nationale qui ne présente aucun danger pour les principes de territorialité et la législation linguistique ». Pas mal, non ? Il en va ainsi pour d’autres domaines, comme la régionalisation complète du Commerce extérieur, les soins de Santé, l’autonomie fiscale, les représentations au sein des conseils des ministres européens, les organismes scientifiques restés fédéraux, etc… Organisés, prévoyants et fidèles à la feuille de route historique du Mouvement flamand, ces exigences bien ficelées vont continuer à donner des cheveux gris à ceux qui en face se contentent de faire comme si c’était le fait d’une « minorité d’extrémiste et que comme nous sommes tous belges, le bon sens prévaudra » et qu’il faut continuer à n’être demandeur de rien. Les Flamands auront ainsi bientôt « tout » ce dont ils ont besoin et, en face, « bêtement belges tous seuls », les partis francophones traditionnels n’auront « rien ». Comme ils l’auront voulu et annoncé… pour notre plus grand malheur. (*) Sauf pour Trends-Tendance du 20/09... - CLAUDE THAYSE, Maître de conférences Ulb, www.claude-thayse.net

05.10.2007

Blogue-notes Claude Thayse - www.claude-thayse.net

Vendredi 5 octobre 2007 Pronostics : Pour quand la fin de la Belgique ? Un correspondant m’écrit qu’un gouvernement belge verra bien le jour pour 4 ans-2011 , les régionales en 2009, PHG parle de 2010 pour le clash à suivre! Et en clin d'œil pour ceux qui ont connu cette époque... Alexandre Adler il y a 29 ans...!!! Voici ma réponse : Je connaissais la carrière d’Alexandre Adler… Amusant aussi de constater que ce billet sur « Rue 89 » confirme ce que j’écrivais dans : « Leterme et le retour des experts. : les conclusions du livre « Expert Political Judgement » du Professeur E. Tetlock de l’Université Berkeley (*). En gros, après avoir évalué les prévisions des experts dans différents domaines et les comparant aux prévisions de spécialistes bien informés, il a noté un rapport inverse entre les meilleurs indicateurs scientifiques de bon jugements (ceux qui se vérifient) et les qualités des personnes que la plupart des médias considèrent comme des experts…» Sinon, je partage tout à fait et les prévisions Gendebien, le « baron rouge » (comme il a du aimer ce rappel !) publié dans « Le Figaro » d’hier. 1999 pourrait l’année la plus intéressante, et en tous cas celle où les choses pourraient évoluer rapidement. Mais deux cas de figure peuvent se présenter : Si le gouvernement fédéral est arrivé à un accord sur le réforme de l’Etat entre-temps. Et que ce résultat satisfait l’opinion politique flamande,les élections seront vraiment régionales. Leur résultat n’aura pas trop d’impact et les débats devraient continuer avec assez de lenteur… parce que c’est extrêmement difficile de défaire un pays. Sans violences. Il n’y a pas d’accord sur la réforme de l’Etat d’ici-là et alors, la radicalisation va se poursuivre. Les partis flamands de gouvernement en seront déstabilisés et devront montrer (au sens : « faire la preuve de »…) leur véritable engagement en faveur de la Flandre en vue des élections fédérales de 2011. Je suis réunioniste, rattachiste - comme on disait depuis bien avant la création du RWF et donc du retour de P.-H.G. en politique – ce deuxième cas de figure, c’était déjà dans mon pronostic pour la mise en place et le programme du gouvernement de 1999 et des années suivantes. Pronostic basé sur la publication du programme du Parlement flamand et que l’on a fait mine de découvrir seulement ces derniers mois. Tout était mûr pour que les deux camps se retrouvent dans la même situation qu’aujourd’hui. Mais un événement extérieur, « l’affaire de la dioxine », a tout perturbé et retardé le mouvement en nous faisant perdre une dizaine d’années. Ceci n’empêche que nous risquons d’avoir notre réaction « thermidorienne mais ultra-belge», la presse modérée et royaliste se déchaînant, après la mise en place (ou plutôt « en cas de mise en place ») du prochain gouvernement… Réaction dont il est difficile de deviner l’ampleur et l’impact sur l’opinion publique et donc les politiques. Malgré ça, optimiste (c'est-à-dire un pessimiste mal informé - ;-) ) je parierais donc, effectivement sur 2010-2011.

15:09 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thayse, alexandre adler, belgique |  Facebook |

22.09.2007

LES PERSONNALITES - ELLES ONT DIT; ELLES ONT FAIT

• Antoinette SPAAK, FDF, ministre d’Etat – Mon père a incarné la Belgique, c’est vrai. Mais sa Belgique était francophone uniquement. On a grandi ainsi. Mon grand-père était allé à Paris pour l’enterrement de Zola. Il militait pour notre rattachement à la France… Aujourd’hui, j’en suis fière. • Claude EERDEKENS, PS, député-bourgmestre – Les Flamands veulent faire de nous des sous-hommes dans notre pays. Ils ont tort, parce que nous ne serons pas éternellement en crise. Mais s’ils persistent à vouloir casser la Belgique, alors il faudra penser sérieusement à la France ! Et j’en viens parfois à souhaiter qu’on y arrive…• Marie ARENA, PS, ministre-présidente du gouvernement de la Communauté française – A ceux qui, au Nord du pays, s’aventurent dans des essais hostiles d’OPA, je leur dis ceci : Vous avez fait de Bruxelles, alors que vous y étiez fort minoritaires, votre Capitale… Mais sachez définitivement que Bruxelles est aussi la Capitale de la Communauté française et en cela, elle est la Capitale de tous les Francophones, Wallons et Bruxellois.• Maurice-André FLAMME – Professeur émérite d’Université ULB. Membre du comité d'organisation initial du Rassemblement pour le Droit et la liberté (1964), il est l’un des signataires du manifeste La Wallonie dans l’Europe (mars 1968) où il observe que le déclin économique wallon mesuré à l’échelle européenne est considérable (ralentissement de l’économie de plus de 30 % en dix ans). Il se prononce en faveur d’une réforme institutionnelle profonde. S’il considère légitime la volonté flamande de constituer un grand ensemble avec le Limbourg hollandais et Rotterdam, il demande que la Wallonie ne soit pas prisonnière de Benelux et qu’elle puisse, librement, se chercher des alliances qui lui conviennent le mieux, ainsi que le prévoient les traités européens. (Combat, n°11, 14 mars 1968).• Benoît CEREXHE, CDH, ministre bruxellois de l’Emploi – Bruxelles doit éviter le piège de relations privilégiées avec la Flandre ou avec la Wallonie, sous peine de se laisser cannibaliser. Bruxelles ne peut représenter un apport alimentaire à l’une ou à l’autre de ces régions, ni se laisser aller à une vision utilitariste… La Flandre doit comprendre qu’elle ne partirait pas avec Bruxelles. Les Régions wallonne et bruxelloise feraient cause commune.• Charles PICQUE, PS, ministre-président de la Région de Bruxelles – Comment vous dire ma consternation et mon écœurement face aux attaques flamandes en ce moment ! … Je ne concéderai rien sur l’existence de la Région. J’irai à la table de négociations avec deux demandes. La première : renforcer les moyens octroyés à Bruxelles pour optimaliser son rôle international, et de plaque tournante pour le pays tout entier…Je veux une dotation correctrice de la loi de financement, et avec préaffectation : l’on définirait à l’avance les domaines qui en bénéficieraient… La deuxième exigence : La taille du bassin économique bruxellois est un problème. Notre stratégie de développement doit englober un territoire plus large que les dix-neuf communes… Bruxelles a besoin de moyens et de s’élargir. J’irai avec mes deux demandes.• Claude THAYSE, RWF, maître de conférences Ulb – Claude Thayse en entête de son blogue-notes présente à notre méditation deux pensées : « Le courage. C’est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès). « Ce qui nous intéresse ce n’est pas la prise de pouvoir mais la prise de conscience » (Armand Gatti). www.claude-thayse.net