03.03.2009

LA PERIPHERIE BRUXELLOISE : LA MARTYRE...

LA PERIPHERIE BRUXELLOISE : LA MARTYRE…La périphérie sortira-t-elle de l’enfer ? Douteux si l’on retient les propos de Herman Van Rompuy, CD&V, Premier ministre : « On verra après les élections de juin ».On ne peut être plus sibyllin ! + + Le 7 juin, au moment d’entrer dans l’isoloir, l’électeur bruxellois devra se poser la question : Quel sera, demain, le nouveau visage de la Région bruxelloise ? Il devra, au moment du pointage, savoir choisir son avenir avec conscience, lucidité : soit un avenir enclavé en Flandre, soit un avenir ouvert à l’Espace Wallonie-Bruxelles. + + Les limites de la Région bruxelloise ont été fixées arbitrairement en 1962 contre le vote d’une large majorité de parlementaires francophones. Un coup de force de la Flandre appuyé par quelques parlementaires francophones : la région de Bruxelles était limitée aux 19 communes issues du recensement linguistique de 1947 ; les communes jouxtant la Bruxelles des 19, à forte population de langue française, restaient en territoire flamand. + + Ces communes allaient subir les affres du dogme flamand de l’homogénéité linguistique néerlandaise de la Flandre. Une pression constante par l’imposition de mesures tendant à expurger le français de la vie communautaire quotidienne, déterminant l’usage exclusif du néerlandais dans les entreprises, interdisant à la Communauté française de subventionner une activité culturelle en Flandre, supprimant l’affichage des produits en français sur les marchés publics…, poussant le cynisme à ne pas nommer les bourgmestres francophones élus démocratiquement le 10 octobre 2006... + + Le grignotage des droits linguistiques et culturels jusqu’à leur extinction… tacitement accepté par les parlementaires francophones ! Le récent épisode de la saga Rudy Aernoudt, le cheval de Troie de la Flandre, dont le M R lui ouvrait ses listes s’il n’y avait eu le sursaut du FDF, marque le peu d’intérêt que les grands partis politiques portent aux droits des personnes, obnubilés par la possession du pouvoir. + + L’après 7 juin 2009 sera de tous les dangers pour la périphérie bruxelloise - et aussi pour toutes les communes à facilités longeant la frontière linguistique séparant la Wallonie et la Flandre - qui risque de subir le même sort que les Fourons, envahis par les Néerlandais : une arrivée massive de personnes d’expression néerlandaise venant travailler dans la ville d’affaires bâtie en bordure de l’aéroport de Zaventem, désireuses de vivre près de leur lieu de travail. + + Le long des frontières linguistiques, deux thèses s’affrontent : = = 1) La thèse francophone qui veut le (re,re,re)bétonnage, cette fois-ci définitif, des facilités en faveur des francophones. La thèse francophone se base sur les révisions de la Constitution en 1970 et 1988 qui excluent, dans les 27 communes à statut spécial, l’application des décrets en matières administrative et d’enseignement pris par les Régions à moins que les modifications aux règles sur l’emploi des langues en ces matières soient adoptées par une loi à la majorité spéciale, soit aux 2/3 des voix. = = 2) La thèse flamande se base notamment sur la réforme institutionnelle de juin 2001 consécutivement aux accords de la Saint-Polycarpe : la régionalisation de la loi communale. Pour les Flamands, les communes relèvent, dès lors, non plus du Fédéral mais de la Région. Autrement dit, pour les Flamands, seuls les décrets pris par le gouvernement flamand ont force légale dans les communes à statut spécial situées en territoire flamand ! + + Aux francophones de ne pas voter le 7 juin « en aveugle », d’exprimer un vote réfléchi, conscient de sa portée, en ayant à l’esprit la pression extrême que la Flandre exerce sur ces communes : scission de BHV, appropriation de l’inspection pédagogique des écoles francophones, usage exclusif du néerlandais dans les administrations publiques et sur les marchés publics, musellement d’une vie culturelle française, non-nomination des trois bourgmestres francophones de Crainhem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem…