13.02.2009
LA FLANDRE SE FOUT DES FRANCOPHONES...
Les francophones peuvent gesticuler, aboyer, si cela les amuse ; ils n’ont rien à dire… La loi de la majorité, la loi du nombre est la SEULE loi. « C’est simple, la majorité, c’est 50 % plus une voix » déclarait Raymond Barre, ancien Premier ministre français. La Flandre applique sans nuance cette déclaration. = = La Flandre seule gouverne ! Elle le fait clairement et nettement savoir : Le gouvernement flamand ne participera pas à la reprise du dialogue institutionnel si les francophones n’acceptent pas de repartir de la note de synthèse élaborée par son ministre-président Kris Peeters ». C’est net ! = = Que comporte cette note-synthèse de sept points ? = =1. Finalisation du premier paquet de réformes = =2. Politique des grandes villes = = 3. Contentieux = = 4. Politique de l’emploi = = 5. Article 195 de la Constitution = = 6. Régionalisation des déductions fiscales = = 7. Justice = = Le point des discussions. Normal. Mais qu’est-ce qui tripote les francophones ? La note-synthèse serait-elle tendancieuse ? Plus prosaïquement, les francophones subordonnent-ils la reprise du dialogue institutionnel à la nomination des trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise ? Les Flamands veulent-ils engranger ce qu’ils ont obtenu, avant d’honorer les concessions ? Les francophones, échaudés par le passé, veulent-ils obtenir ce qu’ils ont demandé avant de concéder ? Un nœud de vipères. = = Le danger est de voir les francophones se faire piéger, comme d’habitude, par des déclarations et mesures chocolat de personnalités flamandes. Car la tactique flamande est pernicieuse dans sa simplicité : « Faire peur ! Activer l’hypothèse de la scission du pays ». Aux francophones de ne pas tomber dans les rets. Ne pas être naïfs. = = Olivier Maingain, président du FDF, met en garde ses collègues des autres partis francophones : « Ne nous laissons pas berner par des messages sans lendemain » leur a-t-il lancé comme appel en octobre 2006 au lendemain du scrutin électoral. Il a raison ; on observe un changement d’attitude, un changement de tactique chez les Flamands. Moins d’arrogance !L’Open VLD, les libéraux flamands, se font bien gentils. Son président Bart Somers prône « la solidarité avec Bruxelles en la dotant d’une loi transparente qui lui assure un financement équitable mais - toujours ce fameux « mais » accolé aux « baisers » flamands – à condition que Bruxelles reste la capitale de tous les Flamands et de tous les néerlandophones ». = = Wilfried Martens, CD&V, ex-CVP, ancien Premier ministre, suggère d’énoncer dans l’article 35 de la Constitution les compétences attribuées au fédéral et de laisser les autres aux entités fédérées : « Pour rassurer les francophones, qui n’en finissent pas de s’interroger sur le point d’achèvement de la réforme de l’Etat ». = = Ce changement d’approche de la problématique constitutionnelle se maintient après les élections législatives du 10 juin 2007 ; la Flandre tente d’amadouer les francophones en leur tenant ce langage : « On ne veut plus scinder, on veut seulement responsabiliser ». = = Karel De Gucht, Open VLD, ancien président de l’Open VLD, ministre des Affaires étrangères, se montre zen : « La preuve que la Belgique ne va pas disparaître, c’est qu’on se dispute depuis 50 ans et qu’ont n’est toujours pas séparé. On est finalement un couple très stable : quel couple survivrait à une telle épreuve durant 50 ans ? ». = = Bart Sturtewagen, journaliste au Standaard, constate : « Nous avons peur l’un de l’autre. La peur s’enracine dans la construction de l’image de l’autre ? Les politiques jouent un jeu de poker avec des émotions ». = =Les francophones semblent avoir entendu l’appel du président du FDF Olivier Maingain. Qu’a dit Elio Di Rupo, président du PS, au cours d’un débat de RTL-TVI le 11 février 2007 ? Pour le président du PS : « Il faut rester vigilant, car même quand ils (Ndlr, les flamands) sont modérés, ils disent des choses inacceptables, comme la fin des facilités dans la périphérie. Nous allons vers un dialogue difficile, auquel il faut se préparer ». = =Serge Kubla, M R, chef du groupe M R au Parlement wallon, est sur la même longueur d’onde : « Il y a, du côté flamand, une obsession symbolique et doctrinaire pour une réforme de l’Etat alors que les vrais enjeux ne sont pas dans le symbole ».Nonobstant la méfiance francophone, la Flandre poursuit son voyage amadouant dans la bulle belge. Guy Verhofstadt, Open VLD, revenu aux rênes du gouvernement fédéral pour une période de trois mois, se veut rassurant et présente, début janvier 2008, une note-synthèse portant sur la réforme de l’Etat. Il veut aller au-delà des tabous. « Moi aussi je veux scinder les compétences… Mais il y a d’autres choses qui sont acceptables, comme les convergences dans des limites précises… ». Il contente à la fois le Nord et le Sud. = = Les responsables des partis francophones, PS, FDF, CDH, expriment toutefois leur méfiance et clament la vigilance. Ils marquent leur solidarité avec les habitants francophones de la périphérie bruxelloise. = = Elio Di Rupo, PS, député-bourgmestre, président du PS : « Cette note nous conforte, en tant que francophones, dans la nécessité d’ouvrir les yeux quand on voit que même quelqu’un de modéré comme Guy Verhofstadt émet des idées pour le futur très marquées par les revendications néerlandophones… Très peu de propositions vont réellement améliorer la vie des francophones, d’où qu’ils soient. Le renforcement de l’Etat fédéral, qui s’occupe de tous les Belges, est très faible… Le PS est d’accord pour stabiliser le pays, mais il faut le faire d’une manière raisonnable et dans l’intérêt de tous les Belges ». = = Joëlle Milquet, CDH, vice Première ministre, présidente du CDH : « Cette note, malgré son titre et son intitulé prometteur, n’en demeure pas moins un condensé des revendications flamandes sans oser même aborder les tabous flamands ».= = Olivier Maingain, FDF, député-bourgmestre M R, président du FDF : « C’est un document dense, qui mérite d’être examiné. Il faut un inventaire minutieux des questions à débattre. Mais il est incomplet. Il oublie la priorité numéro un sur laquelle les partis francophones se sont enfin entendus : l’élargissement de la Région bruxelloise. Et à première vue, je ne vois pas d’idée nouvelle susceptible de résoudre la question ». = = Charles Picqué, PS, ministre-président de la Région bruxelloise : « Guy Verhofstadt sert une soupe qui a exclusivement le parfum des exigences flamandes. Elle se retrouvaient çà et là dans la résolution du Parlement flamande de 1999, dans la déclaration du gouvernement flamande de 2004… Elle va pratiquement dans un seul ; sens, celui de la régionalisation. Et les rares fois où il est question de refédéraliser, la Flandre fait son shopping ». = = Pour les habitants de la périphérie, la note Verhofstadt, c’est « une note de Flamand ». Ainsi pour la ratification de la Convention-cadre sur la protection des minorités, Guy Verhofstadt, Open VLD, Premier ministre, veut l’assortir d’une clause de réserve stipulant que « la convention s’applique sans préjudice… des normes législatives qui régissent l’emploi des langues ». En d’autres termes, Guy Verhofstadt veut limiter la portée de la Convention-cadre sur la protection des minorités aux habitants des communes à facilités. = = En ce qui concerne BHV, c’est également l’intérêt flamand qui prévaut. Guy Verhofstadt suggère de scinder l’arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde en trois arrondissements électoraux : Bruxelles, Bruxelles flamand, Bruxelles wallon « pour satisfaire, dit-il, à la demande de la Cour constitutionnelle ». Ce qui est faux, affirme le bourgmestre ff de Crainhem, Arnold d’Oreye de Lantremange, FDF : « Guy Verhofstadt trompe les gens avec ce genre d’affirmation…Avec ce système, les francophones des communes sans facilités se retrouveraient perdus en Flandre. Nous aurions une scission pure et simple de BHV… atténuée par une période de latence au terme de laquelle la Flandre atteindrait son but ». = = Pour ce qui est de l’inspection scolaire, également marquée de la « griffe » flamande, Guy Verhofstadt, Open VLD, libéral flamands, avance l’idée d’accords de coopération pour l’organisation des écoles communales francophones et d’étendre ces accords de coopération au sport, à la jeunesse et aux bibliothèques. Le bourgmestre FDF de Crainhem, Arnold d’Oreye de Lantremange, rejette l’idée et demande de « confirmer plutôt que l’enseignement, la culture et le sport relèvent partout des Communautés. Et répétons que ce n’est pas la Flandre qui finance nos écoles, comme elle l’affirme, mais l’Etat fédéral, via une dotation qu’elle lui verse… ». = = Dans ce florilège de voix de méfiance, des voix favorables à la note de Verhofstadt se font entendre dont celles de Rudy Aernoudt et de Béatrice Delvaux. = = Rudy Aernoudt, ex-chef de Cabinet de la ministre fédérale de l’Economie Fientje Moerman, Open VLD et du ministre wallon Serge Kubla, M R : La note Verhofstadt pour la réforme de l’Etat est basée sur des principes de bon sens … Je souscrits entièrement aux principes directeurs de la note… ». = = Béatrice Delvaux, rédactrice en chef au Soir, salue Guy Verhofstadt pour sa « vision global du futur belge ». = = En conclusion, il est permis de constater que la Flandre poursuit inexorablement ses objectifs d’extension de son empire à la totalité du territoire belge par l’extinction progressive des centres de résistance francophone. La logique flamande incomprise par les francophones. Ce que le journaliste Yves Desmet, traduisait dans le Morgen des 19 et 20 septembre 2006 : « Les Francophones n’ont toujours pas compris l’évolution des mentalités en Flandre ».
14:46 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cdh, sport, culture, solidarite, fdf, bhv, sud, constitution, nord, viperes, article 195, ps m r |
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