21.09.2010
LA RESISTANCE FRANCOPHONE…
1961. Bruxelles s'éveille. Des cris, des huées, des milliers de gens brandissant des calicots aux slogans agressifs sur le boulevard central. Bruxelles ne comprend pas, stupéfaite devant la brutalité du ton s'élevant sur le boulevard. La rumeur se répand : les Flamands marchent sur Bruxelles ! Bruxelles se mobilise, réagit immédiatement. La population bruxelloise a le pressentiment du vouloir flamand de l'enfermer, sous l'autorité de la Flandre, dans un carcan de 19 communes soumises à un bilinguisme flamand-français rigide.
La Résistance francophone à Bruxelles se forge. La Ligue wallonne d'Etterbeek-Ixelles dénonce l'agression de la Flandre dans son périodique L'Alliance Wallonne ; Lucien Outers, secrétaire général de Rénovation wallonne, fait entendre sa voix et avertit les Francophones ; il leur dit : " … Par le biais d'un bilinguisme qui, semble-t-il, est à la portée des seuls Flamands, les derniers postes de commande aux mains des Francophones changeront de main… En outre, la plupart des fonctionnaires francophones reconnus bilingues seront des Francophones de Flandre dont la sollicitude à l'égard de la Wallonie reste à démontrer".
Début 1963. Une première tentative de créer un parti politique de défense des libertés bruxelloises avorte. La Résistance ne faiblit pas, cependant ; elle continue à s'organiser.
Fin 1963. Trois cents professeurs des universités de Bruxelles, de Louvain et de Liège se coalisent et fondent le Rassemblement pour le Droit et la Liberté, le RDL. Son credo : "Défendre les libertés fondamentales contre l'intolérance et le fanatisme en matière culturelle et linguistique".
Début 1964. La Résistance bruxelloise s'affermit. Des professeurs d'université du RDL se joignent aux diverses associations wallonnes, les militants du Mouvement populaire wallon, MPW, avec Léon Defosset, de Rénovation wallonne avec Lucien Outers, du Mouvement libéral wallon avec René Bourgeois, de l'Association wallonne du Personnel des Services publics avec Eugène Pauly, de la Ligue wallonne d'Etterbeek-Ixelles (actuellement Ligue wallonne de la Région de Bruxelles), ses 4 000 adhérents et son périodique mensuel, avec Marcel Lengrand, du Bloc de la Liberté linguistique avec Victor Laloux, auxquels viennent se joindre des professeurs d'université, Paul Brien, Jean Hoffmann et Léopold Bolle de l'ULB, André Lagasse de l'UCL, Marcel Thiry, Secrétaire perpétuel de l'Académie de Langue et de Littérature françaises…
Ces personnalités portent le problème bruxellois sur le terrain politique. Elles fondent un parti : le Front démocratique des Bruxellois de Langue française "pour frapper du poing sur la table" s'exclamera René Bourgeois au cours d'un rassemblement des militants au siège de la Ligue wallonne d'Etterbeek-Ixelles, au café Lion Belge, rue de l'Etang à Etterbeek.
Les meetings en la salle de La Madeleine à Bruxelles se succèdent. Les élections législatives annoncées pour mai 1965 accélèrent la structure politique du Mouvement bruxellois, qui mute la dénomination de son aile politique en "Front démocratique des Francophones - FDF". D'emblée, le FDF décroche trois sièges de député et un siège de sénateur, André Lagasse. Aux élections communales d'octobre 1970, c'est la grande percée. Bruxelles-Est bascule dans le camp FDF ; Auderghem, Etterbeek, Schaerbeek, Watermael-Boitsfort, Woluwe-St-Lambert, Woluwe-St-Pierre. Le FDF entre en nombre dans les conseils communaux.
1971. Paul-Henri Spaak apporte son soutien au RDL et au FDF ; il appelle à ne pas voter pour les partis traditionnels dans Le Soir du 16 octobre 1971 : "Quand je songe, dit-il, à ce qui est arrivé aux minorités francophones de Flandre, à celles des communes de la périphérie, quand je songe au "Walen buiten" de Louvain, j'en viens à me demander ce qui arrivera aux Francophones de Bruxelles…". Il invite les Bruxellois à ne pas se résigner.
Le FDF devient le premier parti bruxellois. Son passage dans les gouvernements Tindemans et Wilfried Martens de 1977 au début 1980 passe mal. Le FDF interpelle les partis unitaires francophones. A la Chambre des Représentants, Léon Defosset, député FDF, exige une consultation populaire dans l'arrondissement électoral de BHV. Au Sénat, André Lagasse, sénateur FDF, propose de transformer l'Agglomération bruxelloise en un district bruxellois et européen pour sortir l'Agglomération bruxelloise de son carcan. Ces propositions législatives et bien d'autres sont rejetées. Le FDF dérange le lanterneau politique. Le Mouvement francophone se tient fermement à son credo : "Bruxelles, Région à part entière". En réaction à l'agressivité du Mouvement flamand cherchant à contrôler Bruxelles, il répond par "l'élargissement de la Région de Bruxelles" ; il se fait éjecter du gouvernement à la suite d'un désaccord sur la réforme de l'Etat
Le 16 janvier 1980, Wilfried Martens, CVP, Premier ministre, le boute du gouvernement avec, selon Wilfried Martens, l'assentiment du Roi Baudouin !
La belle activité du FDF, transcendant les vieux clivages, craque. Des mésententes minent le FDF en interne. Il conserve toutefois un bon encrage communal, surtout dans les communes de Bruxelles-Est. Il continue fermement, sous la direction actuelle de Olivier Maingain, à opposer aux exigences de la Flandre une défense sans faille de la francité. Dans la communauté francophone de Bruxelles, nonobstant son intégration dans une fédération avec le PRL, il reste le flambeau de la défense et de la promotion du français sous leurs aspects politiques ou culturels ainsi que le flambeau de la résistance à la flamandisation généralisée de la Belgique.
Raymond WATRICE
15:38 Écrit par Raymond Watrice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fdf, flambeau, résistance, wilfried martens, rdl |
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25.11.2009
LA FLANDRE IMPOSE SA LOI, LA LOI DU NOMBRE...
... Le PS bruxellois par son chef de file Philippe Moureaux suit, ainsi que le PS liégeois avec Jean-Claude Marcourt ! De même Ecolo suit, en harmonie avec son cousin flamand Groen.<><>BHV sera scindé contre du vent. Le PS, de nouveau, poignarde les francophones, après la périphérie et le renforcement de la présence flamande à Bruxelles, et le lâchage des Fourons. Le PS toujours dans les mauvais coups contre la Communauté française de Belgique. <><>La Flandre, CD&Vlaams, met le turbo et lance ses grosses « cylindrées », Wilfried Martens et Jean-Luc Dehaene, ainsi que Yves Leterme, celui « qui va là où la Flandre lui demande », pour forcer les Francophones à la résignation, à la soumission..<><>Le coach de l’opération « Vlaanderen eerst » : Jean-Luc Dehaene, chef de file des “ Bourgmestres rebelles” qui ont refusé d’organiser les élections parce que BHV n’était toujours pas scindé , et aussi soutien des ministres flamands de l’Intérieur dans leur volonté de ne pas nommer les bourgmestres francophones de la périphérie bruxelloise, élus le 10 octobre 2006, parce qu’ils ont envoyé les convocations dans la langue des électeurs, en français pour les francophones, en néerlandais pour les néerlandophones. <><>BHV sera scindé… La Flandre agrandira son territoire… Une plateforme de lancement de ses exigences territoriales vers la Wallonie.
16:08 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, bhv, philippe moueaux, jean-claude marcourt, wilfried martens, jean-luc dehaene, peripherie |
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20.03.2009
CES POLITIQUES QUI NOUS GOUVERNENT...
Wilfried MARTENS ,CVP, « LE SAGE »… = = =La crise gouvernementale a replacé, pendant un instant, Wilfried Martens sur la scène politique intérieure belge = =L’avons-nous trouvé assagi par rapport à ses années estudiantines, à la présidence du CVP et à la fonction de Premier ministre pendant 12 ans ?Les médias nous apprennent qu’il est actuellement âgé de 72 ans et qu’il a fêté ses 72 ans par un remariage avec Miet Smet, ancienne ministre des Affaires sociales, une collègue de parti. = = Plus posé, certes, naturellement. Mais il ne faut pas passer sous silence qu’il fut dans sa jeunesse un militant flamingant radical, comme on disait à l’époque – on ne parlait pas de Flamand ultranationaliste. Président du mouvement estudiantin flamand, il dénonce avec véhémence la mainmise francophone sur « l’Expo 58 » ; il participe à l’organisation des marches houleuses, brutales sur Bruxelles en 1961 et 1962. = = Il s’identifie à l’Etat-CVP, l’œil de la Flandre. En 1961, il entre dans le Cabinet de Pierre Harmel, PSC, Premier ministre et en 1965, dans celui ce Paul Van den Boeynants, PSC, Premier ministre. Son ascension se poursuit, fulgurante. Successivement, président du puissant CVP de 1971 à 1979, Premier ministre en avril 1979 sans jamais avoir occupé une fonction ministérielle, il mène à bien –pour la Flandre seule – les réformes de l’Etat de 1980 et 1988 ouvrant le concept de « fédéralisme d’union » : structuration des Régions flamande et wallonne, couchées sur papier en 1970, et élargissement des compétences des Communautés. A la suite de l’échec aux élections législatives de 1991, il quitte la scène politique intérieure belge et s’en va à l’Europe. Il y assume, entre autres, la présidence des parlementaires européens d’obédience chrétienne, le PPE.Il reste « à l’écart » de la politique belge pendant 16 ans ; il réapparaît en décembre 2008 lorsque le Roi Albert II lui confie une mission d’exploration, préparatoire à la constitution d’un gouvernement à la suite des tribulations de l’ère Leterme consécutive aux élections législatives de juin 2007. = = Wilfried Martens « bétonnera » une pentapartite (CD&V, Open VLD, M R, PS et CDH) sous la présidence de Herman Van Rompuy, CD&V, pour une période allant jusqu’à la fin de la législature, en 2011. Mission accomplie le 30 décembre 2008…La Flandre se maintient aux commandes de l’Etat avec un CD&V (ex-CVP)… Il repart à l’Europe…
16:25 Écrit par Raymond Watrice dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, marches, cvp, wilfried martens, legislature, pierre harmel, paul van den boeynants |
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